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Le conformisme émotionnel, ce nouveau fascisme

Apparemment, à l'heure actuelle, tout le monde a entendu l'expression : "politiquement correct". Ces mots désignent une influence qui s'est propagée à toute allure en occident, une mentalité staliniste et subversive qui a sournoisement mis son empreinte sur tous les aspects du développement social. Le "politiquement correct" dénote une tentative concertée pour étouffer la vérité à l'échelle de la société. Il veut ôter à l'esprit humain la capacité de distinguer librement entre l'erreur et la vérité. La dictature du "politiquement correct" fait croire que sur un sujet quelconque, une seule opinion est recevable. Au nom du "politiquement correct", on veut nous persuader que tout ce qui s'écarte de cette opinion-là est un crime contre l'humanité et une atteinte aux droits de l'homme. Le "politiquement correct" prépare la conscience collective de l'humanité à se laisser docilement modeler par des forces mensongères portant le masque de la "démocratie", de la "liberté de pensée", de la "sensibilité aux droits de l'homme". Le "politiquement correct" permet à une poignée d'individus d'imposer leur dictature à la grande majorité. En vérité, le "politiquement correct" est une insulte à l'individu, une insulte à l'intelligence.

Je pourrais disserter pendant des heures sur ce que veut dire : "politiquement correct". Cette influence relève d'une conspiration fasciste qu'il convient de dénoncer comme telle, pour que les gens cessent d'en être dupes et de la prendre pour une manifestation de "tolérance" ou "d'égalité". Ce n'est d'ailleurs pas le seul moyen dont on use pour imposer de l'extérieur un modèle préétabli. Les politiciens et les manipulateurs de la société emploient un procédé staliniste bien plus insidieux encore : je veux parler de ce qu'on pourrait appeler "le conformisme émotionnel", ou "l'émotionnellement correct" . Il y a longtemps que ce conformisme émotionnel joue un rôle à l'échelle microcosmique, c'est à dire au sein des familles ou des organisations. L'exemple le plus classique est l'obligation qui s'impose d'arborer une mine sombre et compassée lors d'un enterrement : il serait alors tout à fait "incorrect" de plaisanter ou d'avoir une mine réjouie. Même une femme qui avait un mari cruel et arrogant doit se montrer convenablement affligée au cours des semaines qui suivent le trépas bienvenu de son époux. On pourrait aussi citer telle ou telle entreprise où tous les membres du personnel sont censés jubiler, le jour où le plus nul d'entre eux obtient une promotion. La moindre moue mal venue pourrait alors vous coûter votre emploi ! Un autre exemple encore serait celui de la réception au cours de laquelle vous restez affalé dans votre coin, le visage empreint d'une indicible angoisse existentielle, alors que tous les autres "s'éclatent" et se donnent du bon temps (expression qui peut signifier bien des choses !). On vous traiterait de "lâcheur", et beaucoup viendraient vous débiter des âneries du genre: "Ne t'en fais pas, ça n'arrivera peut-être jamais !" Ensuite ils feraient tout leur possible pour vous dérider : ils raconteraient des blagues idiotes ou essaieraient de vous faire boire un bon coup. Et pour ceux qui me soupçonneraient d'avoir apostasié si jamais j'écrivais un article sans citer la Bible, rappelons qu'on trouve un bel exemple biblique de "conformisme émotionnel" dans le livre de Néhémie, le jour où le roi vit que loin d'avoir la mine réjouie qui sied aux serviteurs de la cour royale, Néhémie avait l'air bien triste, ce qui était un crime passible de mort (Néhémie 2:1-2).

Dans les cours royales, les palais impériaux, et les antres des despotes, le conformisme émotionnel a toujours été de règle, car les apparatchiks fauteurs de troubles doivent être fermement tenus en bride. Dans l'ouvrage perspicace de Solomon Volkov sur les souvenirs de Dimitri Chostakovich , "Testimony" (Témoignage), le compositeur russe rappelle l'ordre édicté par Staline au sujet des dernières mesures des symphonies : elles devaient invariablement se terminer avec éclat, et en majeur, afin de bannir de l'esprit des auditeurs tout penchant bourgeois à l'introspection. Il fallait inoculer aux travailleurs une bonne dose de joie, même s'ils avaient perdu la moitié de leur famille dans un Goulag ! Signalons-le au passage : peut-être serez-vous surpris d'apprendre que Staline a été un assassin bien plus inventif et bien plus efficace qu'Hitler. Au moins 62 millions d'hommes, de femmes, et d'enfants ont péri au nom de la Révolution russe, entre 1917 et 1991. Le livre de Rudolph Rummell, "Death by Government" (Mis à mort par le gouvernement), Transaction Publications, 1997, fournit d'abondantes statistiques sur cette question. Voilà pourquoi l'étonnante Quatrième Symphonie de Chostakovitch, celle qu'il appelait son "enfant à problèmes", et qui a une conclusion plus introspective que toute autre œuvre musicale, n'a été jouée qu'en 1962, au Festival de Musique d'Edimbourg, près de trente ans après sa composition, et postérieurement à la mort de Staline (1). Le conformisme émotionnel, c'est le "fin du fin" en matière de manipulation des populations.

Depuis peu, cependant, ce chantage séducteur qu'est le conformisme émotionnel a cessé de se limiter aux cours royales, aux lieux de travail et aux familles, pour s'imposer péremptoirement à l'échelle planétaire. On en a eu un exemple particulièrement significatif avec la mise à mort de Diana Spencer. Dans les jours qui ont suivi cette mise à mort, tout ce qui relevait de l'émotion, dans notre culture, se devait d'être au diapason de cette ambiance de deuil. Partout, les visages étaient graves. Il semblait inconvenant de sourire ou de rire. Même la station populaire de musique classique, "Classic FM", a diffusé en continu des morceaux funèbres le lendemain de la mort de Diana. Seuls les hérétiques refusaient de se laisser emporter par ce raz de marée irrationnel de douleur et de désespoir publics. Il était "émotionnellement incorrect" d'avoir envie de se remettre à vivre et de rejeter le contrôle mental mensonger que véhiculaient les médias. Le comble du déviationnisme, c'était de ne pas pleurer à chaudes larmes devant le Palais de Buckingham, avec, à la main, un petit lumignon vacillant (allusion à la chanson d'Elton John sur Diana : "Candle in the Wind"), et en répétant : "je ne sais pas pourquoi je suis venu(e), mais je n'ai pas pu faire autrement". Telle est la puissance du conformisme émotionnel.

Il en allait de même pour la mise en scène soigneusement orchestrée qui a suivi la destruction du World Trade Center et du Pentagone aux Etats-Unis. Il était "émotionnellement incorrect" de ne pas se montrer affligé ; on s'attirait de sévères critiques de toutes parts. De même, refuser de participer, tout bouleversé, à la vague de chauvinisme qui a suivi, ne pas se gargariser de "liberté" en agitant son petit drapeau, c'était pécher contre l'unité, introduire une fausse note. On a eu un bon exemple de conformisme émotionnel avec les "Promenade Concerts" de la BBC : le dernier soir, au lieu d'administrer la dose coutumière des œuvres d'Elgar : "Land of Hope and Glory", et "Rule Britannia"(2), on a modifié le programme pour y inclure de la musique funèbre, notamment le déchirant "Adagio pour Cordes" de Samuel Barber. On manifestait ainsi sa "solidarité" tout en couvrant d'un voile de tristesse les téléspectateurs du monde entier.

Le bras vengeur du conformisme émotionnel n'épargne personne. Même le Prince Edward, l'un des fils de la Reine d'Angleterre, s'est fait brocarder par le quotidien britannique "The Sun", "pour avoir manqué de respect envers les victimes des attaques terroristes aux Etats-Unis". A la page 11 de l'édition du 1er octobre 2001, un des titres annonçait : "Edward va à la chasse tandis que le monde pleure". Ce quotidien de bas étage ne savait strictement rien de ce qui se passait dans le cœur d'Edward, ni de ce qu'il ressentait réellement. C'est que, voyez-vous, le "conformisme émotionnel", n'a rien à voir avec les sentiments authentiques. Il ne concerne que les sentiments artificiels. Il s'agit seulement d'afficher les sentiments qu'on est censé éprouver ; ce qu'on éprouve véritablement est complètement à côté de la question. Il s'agit d'aligner ses manifestations affectives sur la norme de la majorité, celle qu'on vous impose péremptoirement du dehors. Peu importe si cette norme est fondée ou non sur des critères raisonnables ou désirables.

Signalons au passage qu'il est beaucoup plus facile de feindre le "politiquement correct" que de pratiquer le "conformisme émotionnel". Le politicien ou l'écrivain qui veut se faire passer pour "politiquement correct" peut arriver à ses fins en débitant du bout des lèvres les formules adéquates. Cela ne lui demande aucun effort particulier : quelques mots suffisent. Avec le conformisme émotionnel, c'est une toute autre affaire : là, il faut se faire acteur à plein temps, et mobiliser chaque fibre de sa personne pour faire semblant d'être ce qu'on n'est pas ! Dans le "politiquement correct", il suffit d'aligner son idéologie, sa philosophie, ou son opinion sur la norme préalablement définie. Le conformisme émotionnel, lui, demande une mise au point méticuleuse du vêtement, de l'expression du visage, des intonations vocales, et du langage non verbal, (3) selon les exigences d'une puissance dictatoriale. Le "politiquement correct" ne demande que la conformité idéologique, mais le conformisme émotionnel requiert la conformité ontologique (4). Tous les aspects de la personne doivent s'aligner sur la norme requise, cette norme sous-jacente au Nouvel Ordre Mondial qui exige l'unité et l'harmonie planétaires, ainsi que le renoncement à toute souveraineté nationale. Le conformisme émotionnel exclut toute individualité personnelle. Le Nouvel Ordre Mondial exclut toute individualité nationale : il faut que le monde entier ne fasse qu'un.

L'unité produite par ces conformismes-là est un pur mensonge. Personne n'a le droit de manifester un comportement ou une pensée en-dehors de ce qui a été jugé "correct". Tous ceux qui s'en écartent sont coupables d'avoir détruit l'unité, d'avoir introduit la discorde. Voilà de quoi est faite cette fausse "unité" qu'on instaure actuellement dans le monde entier pour le préparer à accepter la dictature planétaire à venir. Au bout du compte, ce gouvernement sera aux mains d'un despote dont la plupart des habitants de la planète ignoreront l'identité véritable.

Quelle ironie ! Les libéraux pusillanimes d'aujourd'hui acceptent de bon gré le conformisme politique que nous ont légué les idéologues marxistes, léninistes, et stalinistes ! "Votre pensée n'a rien de korrekt, Dimitri Dimitriev. Vous avez besoin de faire un séjour dans notre Goulag ou dans notre hôpital psychiatrique." S'agit-il simplement d'un cauchemar soviétique révolu ? Pendant combien de temps encore, en occident, les attitudes "politiquement correctes" seront-elles seulement souhaitables ? Ne deviendront-elles pas bientôt obligatoires ? Quand on associe le "politiquement correct" au mysticisme irrationnel de la "Nouvelle Spiritualité" et à l'illuminisme de la conspiration du Nouvel Ordre Mondial, on aboutit tout naturellement au "conformisme émotionnel". "Ce n'est pas seulement votre pensée qui est inkorrekte, Jo Publik, ce sont vos sentiments qui ne sont pas conformes. Il vous faut faire un séjour dans notre Centre de Reprogrammation."

Un Centre de Reprogrammation ? "Vous n'y pensez pas, Monsieur Morrison ! Vous avez sombré dans la paranoïa !" Pas du tout, il ne s'agit nullement d'une perception paranoïaque de l'avenir. A cause des événements de plus en plus déconcertants et déterminants qu'on y suscite, ce monde est déjà un immense centre de reprogrammation où l'on contrôle les gens en manipulant des forces dont ils n'ont pas la moindre idée. On amène les gens à penser et à ressentir tout ce que les puissances des ténèbres cachées derrière ce monde veulent qu'ils pensent et ressentent. Nombreux sont ceux qui se déchaînent, dans le monde, contre les réfractaires à la "reprogrammation" ; voilà qui témoigne de l'efficacité du centre en question. Tous ceux qui vivent dans l'authenticité, qui aiment la vérité, et qui ont la passion de penser librement, doivent se dresser contre ces puissances et résister à leur progression insidieuse. Le Christ Jésus nous a avertis au sujet de toutes ces choses, et nous a enjoint de résister, non avec des armes humaines, mais avec notre esprit. Il a dit : "On vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom." (Matthieu 24:9). Ces graves tourments mettront à l'épreuve la fidélité des familles bien plus que ne le firent les mouvements de jeunesse nazis. "Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom…" (Marc 13:12-13). Ne vous laissez pas décourager par ces paroles, car la suite est réconfortante : "Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé."

J'ai déjà eu l'occasion de parler de la nécessité d'une Résistance courageuse face aux Illuminati (5) et à leur Nouvel Ordre Mondial. L'enjeu dépasse de beaucoup ce que la plupart des églises actuelles consentent à envisager. Ce mouvement de résistance prendra de l'ampleur à mesure que nous nous mettrons à enseigner pour lutter contre l'ignorance, que nous encouragerons les chrétiens pour dissiper l'abattement, que nous répandrons la Vérité face au flot de mensonges et de désinformation qui déferle sur le monde. La parole est tellement plus efficace que l'épée ! Notre Résistance ne sera pas victorieuse au sens terrestre, au sens politique : les immenses bienfaits spirituels qui en découleront échappent, pour l'instant, à notre compréhension. Mais après l'ultime Cataclysme du siècle présent, le jour viendra où la Vérité triomphera au vu et au su de tous.

Opposons donc une résistance pleine de fermeté à tout ce qui est "correct" selon ce monde ; manifestons au contraire la droiture, la bonté, la paix authentique, la Vérité au plus profond de l'être.

Note de La Trompette : La Bible dit, dans l'épître aux Romains Chapitre 12, verset 2 :

"Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait."

Notes :

1. Dimitri Chostakovitch : compositeur soviétique qui fut un musicien d'avant-garde, et qui vécut de 1906 à 1975.

2. Sir Edward Elgar (1857-1934) était un compositeur anglais. Les deux œuvres mentionnées ici, "Land of Hope and Glory" (Terre d'éspérance et de gloire), et "Rule, Britannia" (Règne, Britannia) ont de fortes connotations patriotiques.

3. On entend par "langage non verbal" toutes les manières dont une personne s'exprime, souvent inconsciemment, au travers des attitudes corporelles, des mimiques et des gestes.

4. "Conformité ontologique" signifie "conformité de l'être", par opposition aux conformités de façade.

5. Pour de plus amples renseignements au sujet des Illuminati, ces "troupes d'élite du satanisme", lire les articles A73 et A92 sur le site de l'Association Parole de Vie.

Alan Morrison est un serviteur de Dieu d'origine britannique qui vit avec sa famille en France, dans les Pyrénées Orientales. Il est musicien et écrivain. Il est l'auteur du livre intitulé "The Serpent and the Cross". Il est responsable du site Internet diakrisis (  http://www.diakrisis.org  )