A058 L'art d'enregistrer la lumière et les sons
Toute personne bien instruite devrait être interpellée par ce passage de la Bible dans Luc 10:21 : « Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les a révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. » Cette citation tirée de l'Evangile de Luc ne nous rend pas très fiers, nous qui avons reçu quelques rudiments d'instruction. Comment se peut-il que le moins instruit devance le plus intelligent ? Et ce qui nous déconcerte encore plus, c'est que Jésus s'en est réjoui. Comment l'expliquer ? La réponse se trouve en nous-mêmes.
Pour commencer notre réflexion, il serait sans doute bon d'admirer les zones de verdure de notre planète. Si les solitudes de béton dans lesquelles de nombreux hommes et femmes passent leur vie conviennent sûrement aux voitures, à l'argent roi et à un mode de vie stressant, ils sont peu nutritifs pour l'âme. Notre quotidien a besoin de verdure pour nous procurer de l'air frais. Nous devons toute verdure à la chlorophylle, associée à certains caroténoïdes. Ce sont des molécules de pigmentation déjà complexes à la base, mais elles nous étonnent encore bien plus quand on les replace dans leur environnement "social".
Un article de Liu et al.(1) paru dans la revue « Nature » dévoile le fonctionnement de capture de la lumière par les plantes dans toute sa splendeur atomique. L'ordonnancement de la plupart des atomes impliqués est désormais connu et la radiographie de sa structure atomique fait l'objet de l'un de ces extraordinaires modèles à trois dimensions qui ravissent nos yeux. Il révèle le génie d'une construction époustouflante.
Les plantes ont pour mission de capter et de transformer l'énergie solaire incidente. La façon dont elles s'y prennent est réellement prodigieuse. Dix-neuf pigments sont disposés en sorte de n'utiliser qu'une protéine pour capturer les photons et « jouer à la balle » avec eux. Pour que tout fonctionne, ces complexes de molécules forment des trios interdépendants. Les molécules pigmentaires doivent avoir une disposition spatiale très précise. L'énergie tirée de la lumière solaire est échangée entre molécules voisines. Pour cela, leur orientation spatiale et la distance entre elles doivent satisfaire des conditions très précises.
L'alignement déterminant est assuré par une structure protéinique de 232 acides aminés qui ordonne et lie soigneusement 8 molécules de chlorophylle A, 7 molécules de chlorophylle B et 4 molécules différentes de caroténoïdes. C'est déjà un chef-d'œuvre en soi. Même en dimension macroscopique, ce serait déjà une prouesse, mais à l'échelle moléculaire et dans un processus automatique, c'est vraiment fabuleux. Tout est si bien pensé : les trois complexes monomères résultants s'unissent par glissement pour former un ensemble trinitaire fonctionnel.
C'est impressionnant de toute façon. Mais ce n'est pas tout. Le maniement de l'énergie peut inclure de gros risques et la photosynthèse ne constitue pas une exception. Les molécules de chlorophylle stimulées peuvent très bien générer des formes d'oxygène actif, redoutées dans le processus de vieillissement. Et c'est là qu'interviennent les propriétés spécifiques des caroténoïdes. Ils sont disposés de sorte à protéger les molécules de chlorophylle en absorbant les excédents d'énergie pour éviter toute photo-combustion. L'erreur n'est pas permise ici car les radicaux libres de l'oxygène sont mortels pour toute forme de vie. Tout doit fonctionner au mieux dès le départ, sinon ça ne marche jamais.
Il y aurait encore beaucoup à dire à propos de ce complexe particulier, par exemple comment les molécules de chlorophylle sont orientées à l'aide de magnésium, ou comment le trimère interagit avec toute une armée d'autres trimères pour transmettre l'énergie photonique vers la partie suivante des actions en chaîne de la photosynthèse.
Sans le moindre doute, le design intelligent est flagrant pour tous dans ce complexe. La séquence des acides aminés se retrouve partout dans le règne végétal. On est parvenu ici à une organisation optimale des molécules pigmentaires. Même de simples algues ont la même structure. Ce n'est pas le résultat d'une mutation ou de la sélection naturelle, ni un effet fortuit du hasard et de la nécessité. Au contraire, nous foulons là une terre sainte. Nous devrions donc ôter nos chaussures, comme lorsque Dieu a dit à Moïse : « N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Exode 3:5). C'est l'oeuvre magistrale de notre Créateur. Les partisans de Darwin ont préféré considérer ce travail d'ingénieur prodigieux comme survenu de lui-même. « ...tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et tu les a révélées aux enfants. »
De nombreux points de la foi et de la doctrine sont controversés même parmi les chrétiens, mais la sagesse de Dieu se voit de manière indiscutable dans sa Création. C'est ce que précise Paul dans son épître aux romains (chapitre 1 verset 20) « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'oeil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages ». C'est un bon motif pour étudier la biologie !
« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » déclare la Bible à de multiples reprises. Et que peut-on dire au sujet de la faculté d'entendre ? Notre société a développé beaucoup de pollutions sonores. Dans nos solitudes de béton, avec notre style de vie agité, c'est inévitable, mais ce n'est pas bon pour notre ouïe et notre âme. Mieux vaudrait tendre l'oreille pour capter le chant des oiseaux au crépuscule. Quiconque s'est réjoui un jour du chant de l'alouette ou du rossignol comprend sans doute mon argument.
Mais d'où nous vient la capacité d'entendre ? Comment l'effet des ondes sonores émises par la voix de mon ami ou les haut-parleurs de mon voisin me permet-il d'entendre ? Pour y parvenir, nous devons ouvrir les portes les plus minuscules du monde. Les ondes sonores arrivent à nos oreilles par les airs. Elles parviennent jusqu'au limaçon de l'oreille interne par le conduit auditif, en passant par trois osselets. Puis les ondes traversent la lymphe du limaçon en faisant vibrer la membrane basilaire située au centre. Cette membrane est elle-même de construction fabuleuse. Entre le premier et le dernier anneau de la spirale, elle devient de plus en plus large et plus tendre. Elle porte aussi les terminaisons sensorielles du nerf auditif.
La vibration de la membrane est topographiquement répartie selon la tonalité, procurant de la sorte une analyse spectrale des bruits perçus. En d'autres termes, elle sépare les divers tons qui les constituent. Puis les vibrations doivent être transformées en signaux neuroniques pour être transmises au cerveau.
A l'intérieur du limaçon, des cils sensoriels sont disposés en rangs le long de la membrane basilaire. A son extrémité supérieure, chacune de ces cellules sensorielles se termine par un faisceau microscopique de stéréocils, coiffé d'une couverture d'aspect gélatineux. Les petites portes évoquées plus haut sont à la pointe de ces stéréocils. Un fil protéinique extracellulaire, tendu entre les pointes, relie les orifices des stéréocils contigus. Des travaux tout récents de Siemens et al. (2) et de Soellner et al. (3) donnent une description de la protéine composant ce fil, appelée Cadherin 23. Quand la membrane basilaire se met à vibrer, les stéréocils avancent et reculent, ce qui décale les pointes entre elles et ouvre les portes où s'engouffrent des ions positifs, ce qui dépolarise les cellules sensorielles et envoie un signal neuronique au cerveau.
Des moteurs moléculaires sont programmés pour optimiser la tension dans les fils. Ainsi, le système devient extrêmement sensible à des mouvements ne dépassant guère l'équivalent du diamètre de quelques atomes. Tout ce dispositif nanoscopique est relié à un appareil élégant capable de dissocier des bruits complexes de manière simple et efficace en leurs constituants acoustiques.
Tout ceci plaide en faveur d'une création intelligente. Ce n'est en aucun cas le fruit d'une mutation, d'une sélection naturelle ou un sous-produit du hasard. Nous foulons une fois de plus une terre sainte et nous devrions « ôter nos chaussures ». Ce n'est pas fortuit si dans la présence de Dieu, les séraphins se couvrent la face et proclament : « Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » (Esaïe 6:3).
Pour les adeptes de Darwin, la conception de cette construction miniature n'est pas en soi un prodige. Non, tout a surgi du néant. Une fois encore se vérifie la citation : « ...tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et tu les as révélées aux enfants. »
Comment les darwinistes sont-ils arrivés à leur conception ? Quelques scientifiques réputés ont présenté cet argument : si Dieu ne s'était pas retiré de ce monde, il devrait s'agir d'un triste sire quand on pense à tout le mal qu'il tolère.
Ils évoquent les souffrances d'enfants innocents dans les pays pauvres. Dieu serait donc le vrai responsable - et non le genre humain - de toutes les conséquences des errements de ce monde. Darwin lui-même s'est rallié à cet argument après la mort tragique de sa fille. Ce n'est pas si différent de l'autodéfense d'Adam quand il dit à Dieu : La femme que tu as mise près de moi m'a séduite (et c'est donc de ta faute !).
Or Dieu a conçu l'homme comme créature capable de décisions responsables. Il doit donc assumer la responsabilité de ses actes. Les mauvais choix d'un homme entraînent des dégâts pour lui-même et pour les autres, et font souffrir Dieu aussi. Car il a créé l'homme pour le bien. Combien de fois les humains ne l'ont-ils pas peiné ? Dans les circonstances navrantes de la vie humaine aujourd'hui, il ne suffit pas d'enfoncer la tête dans le sable pour éliminer Dieu. Par bonheur, il n'a pas renoncé et il continue de prendre soin de nous - en dépit de toutes les conséquences de nos actes. Il a envoyé son Fils, un enfant dans une crèche, pour nous ouvrir définitivement un chemin de retour aisé.
Les progrès technologiques nous font vivre dans une époque sans précédent. « Car la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l'Éternel » (Habakuk 2:14). Il est inutile de nier Dieu contre toute raison. « L'homme qui est en honneur, et qui n'a pas d'intelligence, est semblable aux bêtes que l'on égorge » (Psaume 49:21).
J'invite chacun à contempler dans la nature le travail d'orfèvre de Dieu, à s'en réjouir et à lui rendre l'hommage qui lui est dû. « Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Éternel! Tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est remplie de tes biens » (Psaume 104:25). Faites-le savoir autour de vous pour que nous ayons tous l'occasion de connaître Dieu, pas seulement dans son omniscience, sa toute-puissance et sa sainteté, mais aussi dans son amour, sa fidélité et son pardon.
Notes
(l) Liu, Z. et al., Nature 428, 287-292 (2004)
(2) Siemens, J. et al., Nature 428, 950-955 (2004)
(3) soellner, C. et al., Nature 428, 955-959 (2004)