Envoyer à un ami

A261 Le port du voile des femmes selon 1 Corinthiens 11

Une femme qui prie ou qui prophétise doit-elle avoir sa tête couverte ?

Voici 2 articles sur ce sujet.

1er article

Tête couverte, femme voilée ?

Auteur de ce texte Léopold Guyot
Remarque des responsables du site La Trompette : Nous publions cet article parce que nous le trouvons digne de figurer sur ce site. Comme pour tous les autres articles de ce site, cela ne signifie pas que nous approuvons à 100% tous les autres écrits des auteurs.

Nous sommes au cœur d'un débat de société concernant le voile de l'Islam. Cependant le texte que je vous propose aujourd'hui à partir d'une instruction de l'apôtre Paul aux Corinthiens n'a rien à voir ni de près, ni de loin, ni dans la forme, ni sur le fond, avec les femmes voilées de l'Islam.

Je veux seulement répondre au mieux à la question que plusieurs m'ont posée, au sujet de ce que l'apôtre Paul écrit concernant les hommes et les femmes qui prient et prophétisent dans l'église.

Voici le texte qui pose question. 1 Corinthiens 11.4/5

Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.

Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c’est comme si elle était rasée.

Si nous lisons bien, nous remarquons qu'il est question d'homme et de femme, pas seulement de femme, priant et prophétisant. Ce qui change peut-être la façon dont nous aborderons ce sujet.

Pour une meilleure compréhension, relisons tout le passage : 1 Corinthiens 11.1 à 16

Ici l'apôtre donne un enseignement que nous ne trouvons dans un aucun autre endroit du Nouveau Testament.

Ce texte a donné lieu à diverses interprétations et soulève bien des polémiques et des contestations, ce que Paul semble d'ailleurs prévoir :

Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. 1 Corinthiens 11:16

Cependant il faut noter que l'apôtre parle de ce qui est convenable et fait appel au jugement de chacun.

Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ? 1 Corinthiens 11:13

Lorsque nous lisons et essayons de comprendre ce que veut dire Paul, nous devons tenir compte du contexte :

Il souligne l'importance qu'il accorde à ce que ses instructions soient observées. 11.2

Il signale la nécessité d'une certaine connaissance. 11.3

Il met en évidence la place de chacun dans un ordre établi par Dieu lui-même. 11.3

Il invoque l'enseignement de ce qui est naturel et convenable. 11.13/14

Il attire l'attention sur le fait que les anges sont spectateurs de ce qui se passe dans l'Église sur la terre. 11.10

Enfin, il met en garde contre l'esprit de contestation de certains. 11.16

Il est intéressant de souligner la fin du verset 5 dans la version du Semeur :

Mais si une femme prie ou prophétise la tête non couverte, elle outrage son chef à elle, "car elle se place ainsi sur le même plan qu’une "femme tondue".

Qu'est-ce que Paul entendait par là ?

Il veut faire comprendre aux femmes chrétiennes qu'elles doivent avoir une comportement de décence et de dépendance à l'ordre divin, en ne se comportant pas comme les prostituées qui se promenaient ostensiblement tête nue ou se rasaient les cheveux, pour signifier qu’elles n’étaient sous l’autorité de personne, donc disponibles pour quiconque.

Un principe spirituel

Pour revenir à notre texte, le fait qu'une femme doit se couvrir la tête lorsqu'elle prie ou prophétise est une instruction donnée par l'apôtre Paul dans les églises qu'il enseignait.

Le principe sur lequel il fonde son enseignement n'est pas culturel, comme quelques uns voudraient le faire croire, mais spirituel.

D'ailleurs, cette instruction concerne l'homme et la femme lorsqu'ils prient ou qu'ils prophétisent.

Dans son argumentation, il fait appel à l’ordre de la création tel qu’il est défini dans la Genèse, conformément à la place que Dieu a assignée à l'homme et à la femme dans leur rapport commun. 1 Cor.11.8/9

Paul est-il inspiré ?

Si nous considérons que toute l'Écriture est inspirée de Dieu, que tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, je me pose deux questions :

- Pourquoi ce passage se trouve-t-il dans le Nouveau Testament ?

- En quoi nous concerne-t-il ?

Si nous croyons que pour Dieu il n'a pas d'importance, alors nous pouvons l'ignorer, nous pouvons même l'enlever de nos Bibles.

Il est étonnant de remarquer qu'aucun théologien, même le plus réservé à l'égard de certains textes de la Bible, n'a osé amputer les Écritures des passages contestés.

Serait-ce que tous reconnaissent implicitement l'autorité divine qui a présidé à l'élaboration de la Parole écrite de Dieu ?

D'un autre côté, l'apôtre Pierre accrédite l'inspiration divine des écrits de l'apôtre Paul, lorsqu'il écrit :

2 Pierre 3.15/16

Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.
C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.

Si nous nous référons uniquement aux Écritures, les choses sont claires et simples. Si nous cherchons dans les interprétations des différents commentateurs ou exprimons nos idées personnelles, fondées sur nos sentiments ou nos raisonnements, nous arrivons à des conclusions tout à fait contradictoires. Si nous suivons les conceptions du monde, nous nageons en pleine confusion.

Paul commence son instruction par :

Je vous loue de ce que vous vous souvenez de moi à tous égards, et de ce que vous retenez mes instructions telles que je vous les ai données. 1 Corinthiens 11:2

Et il termine en écrivant :

Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. 1 Corinthiens 11:16

Paul en appelle à ce qui est convenable devant Dieu

1 Corinthiens 11:13 Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu’une femme soit tête nue lorsqu’elle prie Dieu pendant le culte ? (Version Bible en français courant)

Et il fait appel au jugement de chacun, ajoutant une remarque qui pourrait paraître évidente : la nature ne vous enseigne-t-elle pas ? (11.14)

Il est vrai que nous sommes très loin de nous laisser enseigner par la nature, à une époque (mais cela existait aussi du temps de Paul) dans laquelle les humains ont plutôt tendance à s'adonner aux choses contre nature ! Ceci est une simple réflexion de ma part !

Essayons de comprendre l'enseignement de Paul :

Il place cette instruction dans le cadre d'un ordre d'autorité établi par Dieu :

1 Corinthiens 11:3 Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.

Il y a dans l'instruction de Paul tout un aspect de la façon dont Dieu gouverne non seulement dans le ciel, mais encore lorsqu'il a créé le monde et aussi dans l'Église

Il y a bien longtemps que les hommes ont rejeté l'autorité de Dieu dans leur projets, leurs entreprises et leurs gouvernements.

Quant à l'Église, le laissons nous encore la gouverner ? Plus nous avançons dans son histoire, plus nous remarquons que l'esprit du monde, ses concepts de société, ses formes de communication et ses comportements, influencent les chrétiens.

Les anges connaissent l'importance de la façon dont Dieu gouverne et ils sont spectateurs de la façon dont nous obéissons à Dieu ou non. 1Co 4.9; 11.10; 1Ti 5.21

Ils se réjouissent au sujet de chaque pécheur qui se repent. (Lu 15.10) et également lorsqu'ils voient que les enfants de Dieu reconnaissent l'autorité de Dieu et de Christ dans leur vie personnelle et dans les églises.

Justement, Paul en appelle à une situation qui nous échappe peut-être un peu, comme si les anges avaient besoin qu'on leur rappelle que la femme appartient à l'homme :

C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. 1 Corinthiens 11:10

Et puis les anges sont les témoins de la relation mystérieuse de Christ avec son Église. Ils sont les spectateurs de la sagesse souveraine de Dieu, de ses desseins concernant l'Église, un mystère dans lequel ils désirent plonger leur regard (1 Pierre 1.12), et en partie, à cause d'eux, l'Église doit montrer sa soumission à son Chef, Christ.

Après avoir précisé la situation concernant le gouvernement de Dieu, l'apôtre en vient à la façon dont l'Église doit se comporter en fonction de la pensée de Dieu :

Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.

Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef.

Christ est le chef de l'Église, le Seigneur, qui doit être honoré, obéi et servi. C'est ce principe qui règle le comportement des hommes et des femmes dans l'Église de Jésus-Christ.

Ici, il n'est pas question que la femme ait la tête couverte dans la société, comme un signe distinctif de son appartenance à un mari ou à une religion, mais d'un comportement spirituel, en regard d'une situation spirituelle, de l'homme et de la femme, dans la présence de Dieu, et celle des anges.

Je souligne à nouveau ce : "Tout homme qui prie ou qui prophétise ... Toute femme qui prie ou qui prophétise..." 11.4/5

Il s'agit donc d'un moment particulier du culte rendu à Dieu, en esprit, mais dans lequel notre corps est aussi impliqué, parfois les mains levées, ou la tête courbée, ou les yeux vers le ciel, ou encore à genoux et prosterné.

Si nous continuons la lecture de notre texte, nous voyons que la conclusion n'est pas le verset 16, mais que l'apôtre poursuit en écrivant :

En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c’est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. 1 Corinthiens 11:17

Il s'agit par conséquent du comportement des hommes et des femmes quand ils se réunissent en assemblées. Verset 18

Il y a par ailleurs de nombreuses instructions dans les épîtres du Nouveau Testament concernant la place de l'homme et de la femme dans les églises, pour que nous sachions à quoi nous en tenir.

Mais c'est justement l'esprit de contestation qui fait que nos arguments semblent avoir autant de force dans la recherche d'une autre forme de gouvernement que celui de Dieu.

Nous sommes obligés de reconnaître que dans les églises, de nombreuses opinions sont empruntées à l'esprit de contestation qui agit dans le monde.

Enfin l'apôtre soumet la question au jugement de chacun, en invoquant la sagesse spirituelle et le bon sens naturel :

1 Corinthiens 11:13 Pour cette question de tête couverte, examinez la chose entre vous et formez-vous un jugement personnel :

estimez-vous convenable pour une femme de prier Dieu la tête découverte? Ne le considérez-vous pas comme inconvenant et indécent ? (Version Parole vivante)

C'est vrai, Paul ne fait pas de cette instruction un ordre, comme avec d'autres enseignements, lorsqu'il écrit "Je veux que..."

Mais il n'en pense pas moins : Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. 1 Corinthiens 11:16

Il ne s'agit pas de se braquer, ni de la part de ceux qui sont pour, ni pour ceux qui sont contre "le voile", je dirais "les têtes couvertes et non couvertes", mais d'acquérir une conviction personnelle fondée sur la Parole de Dieu, afin de nous efforcer de pratiquer ce qui est convenable à ses yeux pour lui être entièrement agréables.

Nous ne devons pas non plus faire de cette affaire, un sujet de jugement concernant ceux qui seraient plus spirituels que les autres.

Philippiens 3:15 Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée; et si vous êtes en quelque point d’un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d’un même pas.

Pour terminer, je vous laisse une question toute bête :

Qu'elle serait la réaction dans une assemblée de chrétiens, si le pasteur, les prédicateurs ou simplement les hommes priaient, prêchaient, prophétisaient "la tête couverte" ? Non pas par distraction ou inconscience, mais ostensiblement ?

 

2ème article

Article de La Trompette

Présentation de la question

            La question est la suivante : Une femme qui prie ou qui prophétise (en public comme en privé), doit-elle avoir sa tête couverte ?

            Dernièrement, un site Internet chrétien a organisé un sondage au sujet du port du voile par la femme lorsqu'elle prie ou prophétise dans une assemblée. Voici les résultats obtenus : 

-33 % des visiteurs qui ont voté considèrent que c'est là "une question de conviction".

- 30 % d'entre eux y voient un "acte d'obéissance honorable".

- 13 % pensent que c'est "tout simplement inutile".

- 10 % estiment que cela constitue "une protection à cause des anges".

- 8 % y voient "un joug légaliste de la part des Machos".

- 6 %, enfin, pensent que le voile était "réservé aux prostituées de Corinthe".

Les opinions sont donc très diverses.

Malgré l'intérêt que présentent de telles enquêtes, ce ne sont pas les résultats (favorables ou défavorables) d'un sondage qui doivent influencer notre attitude envers un passage de la Parole de Dieu :  notre position à ce sujet ne peut découler que d'une étude attentive et personnelle de cette Parole.

Lecture "politiquement correcte" ou lecture spirituelle ? 

            Pour certains, à l'heure actuelle, il est "politiquement incorrect" de s'arrêter sur les versets concernant le port du voile. Ces mêmes personnes déclarent que ces versets traitent de questions purement culturelles qui ne s'appliquent pas au contexte du 21ème siècle.

            Pourtant la Bible dit : « Toute l'Ecriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, et pour instruire selon la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli, et parfaitement instruit pour toute bonne œuvre » (2 Timothée 3 16-17). De ce passage-là comme de la Bible tout entière, il convient de nous approcher dans les dispositions qui plaisent à Dieu :  « Car ma main a fait toutes ces choses, et c'est par moi que toutes ces choses ont eu leur être, dit l'Eternel. Mais à qui regarderai-je ?  A celui qui est affligé, et qui a l'esprit brisé, et qui tremble à ma parole » (Esaïe 66:2). Cette crainte du Seigneur n'a rien de commun avec une peur malsaine ;  elle est de mise aujourd'hui tout autant que lorsque le roi David écrivait, il y a trois millénaires :  « La crainte de l'Eternel est pure, elle subsiste à jamais » (Psaume 19:10).

            Pendant près de 19 siècles, le port du voile par les femmes chrétiennes paraît n'avoir suscité aucune contestation. Des peintures et des gravures du 2ème et du 3ème siècle après Jésus-Christ ont été retrouvées dans les catacombes ;  elles montrent des femmes chrétiennes qui prient, la chevelure recouverte d'un voile. On trouve ces images à l'adresse Internet suivante :

www.scrollpublishing.com/store/headcovering.html

            Au deuxième siècle après Jésus-Christ, Tertullien précisa simplement dans l'un de ses traités que le voile ne devait pas être porté seulement par les femmes mariées, mais aussi par les jeunes filles. C'est vers 1930, avec l'apparition des mouvements féministes, que le passage de la première Epître aux Corinthiens relatif au port du voile a commencé à faire l'objet de discussions. Il est regrettable que ces controverses portent souvent sur des traductions beaucoup moins claires que ne l'est le texte original. Arrêtons-nous quelques instants sur ce passage pour y réfléchir paisiblement. Si la lecture d'un passage de la Parole de Dieu, quel qu'il soit, suscitait en nous une crispation ou une irritation, cela ne signifierait-il pas que notre disposition est charnelle et non spirituelle, et que momentanément, du moins, nous sommes hors d'état de comprendre ce passage spirituellement ? 

Une disposition de cœur

            La question à nous poser est celle-ci :  quelle est mon attitude réelle, la disposition profonde de mon cœur devant tout ce que Dieu dit ?  Est-ce qu'en ouvrant cette Parole, je suis décidé(e) à me soumettre à elle, c'est-à-dire à obéir à Dieu mon Père, sans conditions ni contestation ?  Ou bien ai-je, tout au fond de mon cœur, décidé moi-même à l'avance de ce que je veux ou ne veux pas accepter de cette Parole ?  Si, pour obéir à la Parole, j'encours l'incompréhension de mon prochain ou de mes frères dans la foi, qu'est-ce qui l'emportera ?  Ma convenance personnelle, ou mon amour pour Dieu qui a parlé ?  Est-ce que je dis en moi-même :  "Je suis parvenu(e), pour tel passage, à une interprétation qui me convient. Inutile, donc, de chercher plus loin." ?  Ou bien suis-je persuadé(e) que cette Parole vivante a constamment quelque chose à m'apprendre, et que je dois sans cesse l'étudier pour mieux la comprendre et pour m'y m'enraciner plus profondément ? 

Le passage de 1 Corinthiens 11

            Relisons 1 Corinthiens 11, les versets 3 à 15 (Traductions Louis Segond et David Martin. Caractères gras ajoutés pour les besoins actuels)

Louis Segond, v.3 : Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.

v.4 : Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.

David Martin, v.4 : Tout homme qui prie ou qui prophétise, ayant quelque chose sur la tête, déshonore sa tête.

Louis Segond, v.5 : Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée.

David Martin, v.5 : Mais toute femme qui prie, ou qui prophétise sans avoir la tête couverte, déshonore sa tête ;  car c'est la même chose que si elle était rasée.

Louis Segond, v.6 : Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle se voile.

David Martin, v.6 : Si donc la femme n'est pas couverte, qu'on lui coupe les cheveux. Or s'il est déshonnête à la femme d'avoir les cheveux coupés, ou d'être rasée, qu'elle soit couverte.

Louis Segond, v.7 : L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. v.8 : En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; v.9 : et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme. v.10 : C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend. v.11 : Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. v.12 : Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.

v.13 : Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée?

David Martin, v.13 : Jugez-en entre vous-mêmes :  est-il convenable que la femme prie Dieu sans être couverte ?

Louis Segond, v.14 : La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux,

v.15 : mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ?

David Martin, v.15 : mais que si la femme nourrit sa chevelure, ce lui est de la gloire, parce que la chevelure lui est donnée pour couverture ? 

Que dit le texte original ? 

            Dans le texte original, les versets 5, 6, 7, et 13 emploient le verbe grec "katakalupto" ou l'un de ses dérivés. Ce mot qui veut dire "couvrir" est correctement traduit dans les versions David Martin et John N. Darby, et dans la version anglaise dite "King James". La traduction Louis Segond emploie le verbe "voiler", différente du sens original.

            Au verset 15 :  "la chevelure lui est donnée pour couverture", le grec emploie un autre mot, "peribolaïon", littéralement "ce qui est jeté autour", et dont le sens est "revêtement, ornement, parure".

Couvrir, au sens de "katakalupto" veut dire essentiellement : cacher, alors que l'expression : entourer d'un "peribolaion" veut dire : revêtir d'une parure. Il ne s'agit donc pas de deux synonymes interchangeables, contrairement à ce que certaines traductions laissent croire.

            Le sens correct de la fin du verset 15 est donc : la chevelure lui a été donnée comme revêtement, ornement, parure.

            Certaines personnes prétendent que la femme n'a pas besoin de couverture sur la tête, disant que la chevelure lui a été donnée comme couverture naturelle. Ces personnes utilisent le verset 15 pour appuyer leur argumentation. Elles disent : "Vous voyez bien, l'apôtre Paul le confirme".

            Mais le verset 15 ne peut aucunement signifier que la présence du "peribolaïon" de la chevelure (la parure naturelle de la femme), dispense celle-ci du port de la couverture mentionnée aux versets 5, 6, 7, et 13 (katakalupto). Soutenir que la femme n'a pas besoin de se couvrir la tête si elle a des cheveux longs reviendrait à tordre le sens des mots et à arracher le verset 15 au contexte ;  ce serait contraire à toutes les règles d'une lecture honnête du texte. Le verset 6 (si donc la femme n'est pas couverte, qu'on lui coupe les cheveux. Or s'il est déshonnête à la femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle soit couverte) deviendrait alors une absurdité. En effet, il faudrait alors traduire : Si la femme n'a pas de chevelure, qu'on lui coupe les cheveux.

Lecture correcte de 1 Corinthiens 11

            Si on tient compte du sens précis des termes grecs, ce passage devient clair. Voici comment il doit être lu :

v.3 : Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.

v.4 : Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.

v.5 : Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non couverte, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée.

v.6 : Car si une femme n'est pas couverte, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle soit couverte.

v.7 : L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. v.8 : En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; v.9 : et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme. v.10 : C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend. v.11 : Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. v.12 : Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.

v.13 : Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être couverte ?

v.14 : La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux,

v.15 : mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme parure ?

            Pour la prière ou la prophétie, tous les hommes sont appelés à avoir la tête découverte. Il n'est plus question, pour un croyant d'origine juive, de judaïser en se couvrant la tête d'un "tallith", le long châle à franges porté par les hommes juifs dans le Temple ou dans la synagogue. Quant aux femmes, elles sont appelées à avoir la tête couverte pour prier ou pour prophétiser. Ne convient-il pas, dans un culte qui doit rendre gloire à Dieu seul, de voiler toute gloire humaine ?  "la femme est la gloire de l'homme"...et "c'est une gloire pour la femme de porter de longs cheveux" Tout ce qui pourrait glorifier l'être humain est donc voilé quand la communauté chrétienne est réunie pour glorifier son Seigneur. D'autre part, toute confusion entre tenue masculine et tenue féminine, entre le rôle de l'homme et celui de la femme doit être bannie.

Motifs célestes, ou motifs terrestres et sociologiques ? 

            Pour ce qui concerne le port du voile par les femmes chrétiennes, il ne s'agit ni de respecter une règle sociale en usage dans la société antique, ni de se démarquer par rapport aux usages de cette société. Les raisons que donne l'apôtre sont sans rapport avec des arguments culturels, historiques ou sociologiques :  ce sont des raisons spirituelles, bibliques.

            Tout d'abord, Dieu a établi un ordre dans Sa création :  "l'homme n'a point été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme." "L'homme... est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme." Il convient que l'assemblée chrétienne reflète cet ordre divin, et que la spécificité du rôle masculin, comme la spécificité du rôle féminin, apparaisse clairement devant le monde visible et invisible. La compréhension spirituelle de ces choses exclut toute considération charnelle de supériorité ou d'infériorité. Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme, et Dieu est le chef de Christ.

            La relation qui unit les Personnes de la Trinité sainte exclut toute infériorité comme toute supériorité car Christ, le Fils Unique, s'est librement et parfaitement soumis au Père, par amour. Chacune des personnes de la Trinité a un rôle distinct, spécifique. La soumission de l'homme à Christ, la soumission de l'épouse à son mari, ainsi que sa soumission à l'ordre établi par Dieu dans l'Eglise sont un reflet de la soumission aimante de Jésus au Père. Là où règne l'Esprit de Jésus, l'Esprit du Seigneur "doux et humble de cœur", reste-t-il la moindre place pour les revendications agressives du féminisme de ce monde, ou pour une domination masculine d'hommes machos auto-satisfaits et oppresseurs ?  Non ! Il reste seulement l'esprit doux et paisible de Christ serviteur, qui vient bientôt en gloire.

A cause des anges

            v.10 : C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend.

            L'Eglise rend témoignage non seulement devant les hommes, mais aussi devant les anges :  "Ainsi désormais les principautés et les pouvoirs dans les lieux célestes connaissent par l'Eglise la sagesse de Dieu dans sa grande diversité" (Ephésiens 3:10).

            L'allusion, dans le passage de 1 Corinthiens 11, à la présence invisible des anges dans les réunions chrétiennes n'a rien d'étonnant pour un familier des Ecritures. 1 Pierre 1:12 nous rappelle également que "les anges désirent plonger leurs regards" dans la vie de l'Eglise, et 1 Corinthiens 4 nous enseigne que nous sommes en spectacle "aux hommes et aux anges".

            D'une part, il nous incombe de ne pas affliger les anges fidèles à Dieu par une manifestation d'insoumission ou de désobéissance. Ce serait le cas s'ils nous voyaient prendre à la légère tel ou tel passage de la Parole, sous prétexte qu'il offense tout particulièrement l'esprit de ce monde. Voulons-nous plaire à notre Père céleste, ou bien à l'esprit du monde ? 

            D'autre part, nous ne devons pas fournir aux anges rebelles des occasions de réjouissance malsaine si nous manifestons des dispositions comparables aux leurs. Une femme chrétienne qui a compris ce que le Seigneur demande concernant le port d'une marque de soumission, et qui ne le pratique pas, donne un argument auprès des anges déchus pour l'accusateur des frères (et des soeurs).

L'obéissance, une disposition de cœur

            Précisons bien, pour terminer, que l'aspect extérieur du chrétien ou de la chrétienne découle de l'état du cœur et non l'inverse. Les pharisiens et les légalistes mettent l'accent sur l'aspect extérieur, sur le dehors des choses, sur ce qui frappe le regard ;  mais un signe extérieur est incapable par lui-même de rendre pur l'intérieur, l'être profond !  Jésus dit :  "Purifie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne pur"(Matthieu 23:26). Il ne suffit pas qu'un homme prenne soin d'ôter sa casquette en arrivant au culte pour être la manifestation, dans l'assemblée, de "la gloire de Dieu" :  il doit d'abord veiller à l'état de son cœur avec le secours du Saint-Esprit de vérité. Une femme se couvrirait-elle la tête d'une écharpe qui descend jusqu'à terre, si dans son cœur elle conservait de l'orgueil et de la rébellion, elle ne pourrait pas être agréable à Dieu !  C'est d'abord au cœur que Dieu regarde, et nous devons donc toujours traiter l'intérieur en premier.

            Ce n'est toutefois pas une raison pour négliger un commandement divin concernant les choses extérieures :  la décence et l'obéissance à la Parole de Dieu dans les choses visibles doivent suivre.

Relisons 1 Corinthiens 11:5 : Toute femme qui prie, ou qui prophétise sans avoir la tête couverte, déshonore son chef.

Devant Dieu, devant les anges, et devant les hommes, ces choses visibles sont la conséquence naturelle et le signe évident de cœurs changés par la Grâce donnée d'En Haut dans le Nom du Seigneur Jésus.