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A164 La doctrine catholique sur la Tradition de l'Eglise

Qu'est-ce qui doit faire autorité pour nous? Article de Mary Ann Collins.

L'auteur examine la doctrine catholique concernant la Tradition de l'Eglise, à la lumière de la Bible et de l'Histoire.

Source http://www.CatholicConcerns.com/Download/Source.doc

Mary Ann Collins est une ancienne religieuse catholique. Elle exerce un ministère à l'attention des Catholiques, pour les aider à comparer les enseignements de leur religion avec ceux de la Bible, pour les amener à une véritable conversion à Christ, et pour les aider au début de leur vie chrétienne.

Introduction.

Depuis que Martin Luther s'est écrié : "Sola Scriptura !" (L'Ecriture seule doit faire autorité pour nous, en tant que source de la vérité), il y a toujours eu débat entre Catholiques et Protestants pour savoir si la Bible doit être l'unique source de vérité, ou s'il faut aussi y ajouter la "Tradition". Dans cet article, je voudrais parler du problème de la Tradition, ainsi que de la doctrine de l'infaillibilité du Pape.

Si la foi chrétienne est réellement la réponse, elle doit être la réponse à tous les problèmes, quelles que soient les circonstances. Cela concerne donc aussi les nouveaux convertis qui peuvent être isolés dans des prisons et qui n'ont aucun Chrétien auprès d'eux pour les aider. C'est la situation de nombreux Chrétiens aujourd'hui dans un certain nombre de pays musulmans. Il vous suffit de lire les informations diffusées par "Portes Ouvertes" (note 1).

Dieu a pourvu pour de telles situations, en nous donnant le Saint-Esprit, qui nous aide à nous rappeler toutes choses, en particulier les Ecritures, et qui nous rend capables de comprendre les choses de Dieu (voir Jean 14 :26 et 1 Corinthiens 2 :9-16). C'est par la prière, et en suivant la direction du Saint-Esprit, que nous pouvons comprendre les Ecritures.

Jésus a dit que le Saint-Esprit, le Consolateur, nous "conduira dans toute la vérité" (Jean 16 :13. Voir aussi Jean 16 :7-15). Jésus a dit : "Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Jean 14 :26).

L'apôtre Jean a dit : "Pour vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et qu'elle n'est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu'elle vous a donnés" (1 Jean 2 :27). Je ne sais pas exactement tout ce que signifie ce mot "onction", mais ce passage nous montre clairement que, d'une manière ou d'une autre, Dieu nous a rendus capables d'apprendre directement de Lui tout ce que nous avons besoin de savoir.

Il est écrit dans 2 Pierre 1 :3 : "Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu…" En d'autres termes, Dieu nous a déjà donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Certes, il est bon de disposer de la Bible, de pasteurs et d'enseignants. Ce sont de précieux dons, et nous devons y avoir recours aussi souvent que possible. Mais, même dans le cas où nous ne pourrions pas disposer de ces dons, Dieu serait malgré cela assez puissant pour nous permettre de vivre pieusement. Jude 1 :24 nous dit que Dieu peut nous préserver de toute chute.

La Tradition.

L'Eglise Catholique affirme officiellement que la Tradition Catholique a autant d'autorité que la Bible (note 2). Le problème, c'est que la Tradition Catholique reprend de nombreuses croyances et doctrines de la religion catholique, ainsi que diverses expressions du culte catholique, telles qu'elles ont été adoptées par les fidèles de cette religion (note 3). Cette Tradition est plutôt nébuleuse. Elle évolue et change constamment. Elle est éparpillée en une multitude d'écrits. Il est même difficile d'en définir les contours exacts, et d'en préciser le contenu.

Vous trouverez en Appendice des informations supplémentaires sur la Tradition Catholique et sur la doctrine de l'infaillibilité du Pape. Pour ceux qui lisent l'anglais, je vous recommande fortement de lire les pages 229 à 309 du livre de James McCarthy, "The Gospel According to Rome" (L'Evangile selon Rome). Tous ceux qui veulent comprendre sérieusement les problèmes fondamentaux du Catholicisme devraient lire ce livre. Vous pouvez le trouver en faisant une recherche sur Internet (voir note 2). Si vous voulez mieux comprendre les aspects historiques de la Tradition et de l'infaillibilité, lisez les pages 22 à 71 du livre de William Webster "The Church of Rome at the Bar of History" (l'Eglise de Rome à la barre de l'Histoire).

Si vous voulez savoir ce que Jésus pensait de la Tradition, telle qu'elle était à Son époque, lisez Marc 7 :1-13 et Matthieu 15 :1-9. Jésus reprend sévèrement les scribes et les Pharisiens, parce que leurs traditions annulaient la Parole de Dieu. Il utilise les Ecritures comme critère de mesure de la validité de leurs traditions religieuses. Il était profondément attristé de constater que les chefs religieux de Son temps considéraient que leurs traditions avaient autant d'autorité que les Ecritures. Il les réprimande et leur dit : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C'est en vain qu'ils m'honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d'hommes" (Matthieu 15 :8-9). Il leur dit aussi : "Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes" (Marc 7 :8). Lisez aussi Marc 7 :6-8.

La Bible nous enseigne clairement que nous ne devons rien ajouter ni retrancher aux Ecritures. Nous ne devons considérer que ce qui est écrit.

Nous lisons dans Deutéronome 4 :2 : "Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l'Eternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris". En d'autres termes, le fait d'ajouter quelque chose à l'Ecriture revient à désobéir à Dieu. Si nous disons que la Tradition a autant d'autorité que la Bible, nous ne pouvons plus utiliser la Bible pour contrôler la validité de la Tradition ! Au contraire, nous permettons à la Tradition de déterminer la manière dont nous devons interpréter la Bible. Tout cela revient à "ajouter quelque chose" à l'Ecriture. En tout cas, cela s'en rapproche dangereusement !

Il est écrit dans Deutéronome 12 :32 : "Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien". Et dans Proverbes 30 :5-6 : "Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refuge. N'ajoute rien à ses paroles, de peur qu'il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur". Apocalypse 22 :18-19 nous met sérieusement en garde, en nous montrant que si nous ajoutons quoi que ce soit à la Parole de Dieu, nous serons frappés "des fléaux décrits dans ce livre", et que si nous en retranchons quoi que ce soit, Dieu retranchera notre part "de l'arbre de la vie et de la ville sainte".

L'infaillibilité du Pape.

L'Eglise Catholique fonde sa doctrine de l'infaillibilité du Pape sur Matthieu 16 :18, lorsque Jésus dit à Pierre : "Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle". C'est sur cet unique verset qu'a été fondée cette doctrine fondamentale, qui a eu d'immenses conséquences historiques ! Mais nous devons nous demander si la "pierre" dont il est parlé ici représente Pierre, ou Jésus !

C'est Pierre lui-même qui répond à cette question dans sa première épître, où il affirme que Jésus est la "pierre vivante" (1 Pierre 2 :4). Il s'agit d'une prophétie messianique qui est une citation d'Esaïe 28 :16. L'apôtre Paul dit de son côté que Christ est notre Rocher spirituel (1 Corinthiens 10 :4). Dans Romains 9 :31-33, Paul ajoute que Jésus a été la "pierre d'achoppement" pour les Israélites, qui se sont efforcés d'obtenir le salut par les œuvres de la loi, au lieu de l'obtenir par la foi.

Le grec du Nouveau Testament emploie trois mots traduits par "pierre". "Lithos" signifie une pierre, comme une pierre de moulin ou une pierre d'achoppement. Les deux autres mots sont "petros" et "petra". "Petra" (mot Strong numéro 4073) signifie "masse rocheuse", alors que "petros" (mot Strong numéro 4074) signifie "petite pierre", ou "caillou" que l'on peut facilement jeter ou déplacer.

Dans Matthieu 16 :18, Jésus s'adresse à Pierre en le qualifiant de "petros", de "petite pierre" que l'on peut facilement déplacer ou jeter. Tandis que le "rocher" sur lequel Il bâtira Son Eglise est une "petra", une masse rocheuse. Les autres passages qui mentionnent une "petra" nous montrent bien qu'il s'agit d'une énorme masse rocheuse. Par exemple dans Matthieu 7 :24-27, Jésus parle de celui qui a bâti sa maison sur le roc (petra). Matthieu 27 :60 parle de la tombe de Jésus, qui était creusée dans le roc (petra).

Nous pouvons certes débattre des subtilités d'une langue que la plupart de nous ne connaissent pas, le grec. Mais cela ne représente que l'une des approches du problème.

La Bible fait l'éloge des habitants de Bérée, parce qu'ils "sondaient chaque jour les Ecritures" pour vérifier si ce que Paul leur disait était exact (Actes 17 :10-11). Dieu veut que Ses enfants vérifient toutes choses en sondant les Ecritures.

Du temps de l'apôtre Paul, ces Ecritures comprenaient seulement l'Ancien Testament. Le Nouveau Testament était en train d'être écrit. Paul et d'autres apôtres écrivaient leurs épîtres, et Matthieu, Marc, Luc et Jean étaient en train d'écrire les Evangiles. Les épîtres de Paul représentent environ le quart du Nouveau Testament. Ce sont les Ecritures que nous étudions, et que les théologiens analysent. Paul était l'un des principaux théologiens de son époque. En outre, il avait été enlevé au Troisième Ciel, où il avait vu des choses dont il ne lui était pas permis de parler (2 Corinthiens 12 :2-4).

La Bible ne critique pas les Béréens parce qu'ils vérifiaient ce que l'apôtre Paul leur enseignait. Au contraire, elle fait leur éloge, parce qu'ils vérifiaient eux-mêmes ce qu'on leur disait, en comparant ces enseignements à ce que disait l'Ecriture.

Il est écrit dans 1 Thessaloniciens 5 :21 : "Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon". Selon la Concordance de Strong, le mot traduit par "examinez" signifie aussi "testez, contrôlez". Dieu exige que chaque Chrétien compare les enseignements qu'il reçoit avec celui des Ecritures.

En revanche, l'Eglise Catholique enseigne que seul le Magistère de l'Eglise, c'est-à-dire le Pape et les évêques qui sont en communion avec lui, ont le droit d'interpréter les Ecritures. Les gens ordinaires comme vous et moi, ou comme les Béréens, ne sont pas autorisés à interpréter eux-mêmes la Bible (note 4).

Que vaut cette approche catholique pour les Chrétiens prisonniers dans des pays où ils sont persécutés ? Tout ce qui leur reste, c'est la prière et les versets de l'Ecriture qu'ils ont pu apprendre. Ils ne peuvent pas lire la Bible. Ils ne peuvent pas consulter un prêtre ou un évêque. Ils sont vraiment favorisés s'ils ont la possibilité de rencontrer le moindre Chrétien. Dieu aurait-il mis en place un système religieux qui soit incapable de prendre soin de Ses enfants les plus fidèles, de ceux qui sont prêts à payer de leur vie leur engagement à Le servir ?

Le Catholicisme enseigne que les "Chrétiens" sont censés "recevoir avec docilité" les directives qui leur sont données par les autorités de l'Eglise (note 5). "Etre docile" signifie "être disposé à être enseigné, être souple comme un enfant docile". "Etre souple" signifie être capable d'être aisément conduit, enseigné et contrôlé".

Cela ne correspond pas à ce que la Bible révèle de l'attitude des Béréens. Ils étudiaient les Ecritures pour voir si ce que leur enseignait l'apôtre Paul était conforme à la Bible. La docilité exigée par l'Eglise Catholique est celle d'un petit enfant qui accepte sans discuter tout ce que ses parents lui disent. C'est précisément ce que Jésus nous demande de ne pas faire, lorsqu'Il nous enseigne de n'appeler personne "notre père" sur cette terre (Matthieu 23 :9).

Le 8 décembre 1854, le Pape Pie IX a promulgué le Dogme de l'Immaculée Conception de Marie. Le Pape a dit à cette occasion que tous ceux qui "osent" même penser que ce Dogme peut ne pas être vrai s'exposent au naufrage de leur foi, se verront coupés de l'Eglise et subiront sa "condamnation". Tous ceux qui exprimeront ouvertement leur désaccord seront soumis aux "peines prévues par la loi" (note 6).

Le fait que ce pape ait fait référence aux "peines de la loi" est significatif, car, 28 ans avant la promulgation de cette bulle papale, un homme avait été exécuté pour hérésie. En 1826, un maître d'école espagnol avait été pendu par ce qu'il avait remplacé "Je vous salue Marie" par "Gloire à Dieu", lors des prières obligatoires faites dans son école (note 7).

Comment Jésus a-t-Il traité ceux qui n'étaient pas d'accord dans leur cœur avec ce que Lui, ou les apôtres, leur disaient ? Avec quelle merveilleuse patience Il a continué à enseigner les foules, à guérir les malades, et à démontrer l'amour et la puissance de Dieu ! Quand Ses disciples ne comprenaient pas Ses enseignements, Il les leur expliquait (Luc 8 :5-15). Quand le jeune homme riche s'est détourné de Jésus, Il ne l'a pas réprimandé, ni menacé. Il l'a laissé partir (Matthieu 19 :16-22). Dans Jean 6 :48-68, Jésus donne un enseignement que beaucoup trouvent trop dur à entendre. De nombreux disciples Le quittent alors, refusant de Le suivre. Il demanda alors aux Douze : "Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?" (verset 67). Il ne les a ni menacés ni réprimandés. Il ne les forçait pas à croire ce qu'Il leur enseignait. Il les laissait libres de croire ou de ne pas croire, de rester avec Lui ou de Le quitter.

Si Jésus Lui-même n'a pas exigé que Ses disciples croient Ses enseignements concernant la morale ou la doctrine, comment pourrions-nous valablement l'exiger ? Qui pourrait prétendre avoir la même pureté de doctrine et de cœur que Jésus ?

Un jour, les apôtres Jacques et Jean voulurent faire descendre le feu du ciel sur certains Samaritains qui avaient refusé de les écouter. Jésus les réprimanda, et leur dit : "Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l'homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver" (Luc 9 :55-56). Lisez aussi Luc 9 :51-54.

Rappelez-vous aussi de quelle manière Jésus a répondu à Thomas l'incrédule. Tous les apôtres, sauf Thomas, avaient vu Jésus ressuscité. Jésus avait souvent dit à Ses disciples qu'Il serait crucifié, mais qu'Il ressusciterait le troisième jour. Malgré cela, Thomas avait dit qu'il ne croirait pas, tant qu'il n'aurait pas mis son doigt dans les marques des clous, sur les mains et le côté de Jésus. Plus tard, quand Jésus lui apparut, a-t-Il réprimandé sévèrement Thomas ? Non ! Jésus a-t-Il lancé à Thomas des malédictions et des anathèmes, pour n'avoir pas cru ce que les autres apôtres lui avaient dit ? Non ! Il invita simplement Thomas à mettre son doigt dans les marques des clous, sur Ses mains et Son côté. En d'autres termes, Il a invité Thomas à vérifier lui-même que c'était bien Lui (voir Jean 20 :24-29).

Regardez aussi la confrontation "théologique" relatée dans l'épître aux Galates (2 :11-16). Pierre avait pris une décision qui n'était pas théologiquement correcte. Paul a dû réprimander publiquement Pierre pour cela. Il a même pris soin de raconter cet incident aux Chrétiens de la Galatie. Il n'est pas écrit que Paul a été lui-même réprimandé pour son attitude envers Pierre. En tout cas, Paul ne semble pas du tout embarrassé par ce qu'il a dû faire, car il se sert de cet incident pour enseigner les Galates.

Selon l'Eglise Catholique, Pierre aurait été le premier Pape. De quelle manière Pierre s'adresse aux Chrétiens ? Leur demande-t-Il de croire tout ce qu'Il leur dit ? Lisez les deux épîtres de Pierre, elles sont courtes. Dans sa première épître, il se présente comme "Pierre, apôtre de Jésus-Christ" (1 Pierre 1 :1). Dans sa deuxième épître, il se présente comme "Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus-Christ" (2 Pierre 1 :1). Il ne se considère pas comme occupant une position d'autorité au-dessus des autres apôtres.

C'est aussi Pierre qui écrit que tous les Chrétiens sont "une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis" (1 Pierre 2 :9). Il ajoute : "Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ" (1 Pierre 2 :5). Pierre, qui est supposé être le premier Pape, enseigne que chaque Chrétien, homme ou femme, est un prêtre, afin d'offrir des victimes spirituelles qui puissent être agréables à Dieu.

Les dangers de la doctrine de l'infaillibilité du Pape :

La séduction.

Lorsque les disciples ont demandé à Jésus quels seraient les signes de la fin des temps, voici la première chose qu'Il leur a dite : "Prenez garde que personne ne vous séduise" (Matthieu 24 :4). Le principal signe que nous sommes parvenus à la fin des temps est la séduction.

Si chaque Chrétien lisait la Bible et vérifiait lui-même dans les Ecritures tout ce qui lui est enseigné (comme les Béréens), le diable et ses armées de démons auraient fort à faire pour séduire tous les Chrétiens individuellement.

Tandis que si l'on exige que les "Chrétiens" acceptent "avec docilité" tout ce que le Pape leur dit, comme des enfants qui ne posent jamais de questions, la tâche du diable devient bien plus facile. Il lui suffit de séduire le Pape, pour qu'il proclame une erreur comme une doctrine de l'Eglise. Le diable aura alors réussi à séduire d'un seul coup tous ceux qui dépendent de l'autorité du Pape !

J'ai écrit cet article, parce que je crains que ce soit exactement ce qui est en train de se produire. Un être surnaturel est apparu, en se faisant passer pour "Marie". Cette "Marie" s'est efforcée de pousser le Pape à proclamer que la Vierge Marie est à présent "co-rédemptrice". Cela signifie que ce n'est plus Jésus seul qui nous a rachetés du péché, mais Jésus et Marie (note 8). "Marie" a aussi déclaré qu'elle mettrait un "signe" sur le front de ses adeptes, pendant la fin des temps. Selon le dictionnaire Webster, un "signe" peut aussi signifier une "marque". Ainsi, "Marie" veut inscrire sa "marque" sur le front de ses adeptes (note 9).

La Bible nous dit que Satan peut se manifester comme un ange de lumière (2 Corinthiens 11 :14). Je crains que cette fausse "Marie" conduise l'Eglise Catholique dans la séduction. Si elle parvient à séduire le Pape, et à le pousser à promulguer des fausses doctrines, c'est l'Eglise Catholique tout entière qui devra les accepter et les croire.

Il est très difficile de résister à cette "Marie". Elle est tellement belle et persuasive ! Une rencontre avec un être surnaturel comme celui-ci peut être irrésistible. Il est difficile de garder la tête froide, pour "éprouver les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu" (1 Jean 4 :1).

L'apôtre Pierre fut tellement séduit par le diable que Jésus dut le reprendre, en lui disant : "Arrière de moi, Satan ! Tu m'es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes" (Matthieu 16 :23, Marc 8 :33, Luc 4 :8). Le diable a réussi à séduire Pierre concernant un domaine très important de la foi (la mort et la résurrection de Jésus, prophétisées par Jésus Lui-même). Comment donc les Papes, qui prétendent être les successeurs de Pierre, peuvent-ils affirmer qu'il est impossible que le diable les séduise ?

La corruption.

Quelqu'un a dit : "Le pouvoir corrompt, et le pouvoir absolu corrompt absolument" (note 10). Si vous donnez à un homme comme le Pape, ou à un groupe d'hommes comme le Magistère, le pouvoir de décider de ce que les fidèles doivent croire pour aller au Ciel, vous ouvrez la porte à des abus de pouvoir.

L'histoire est pleine d'exemples de ces abus de pouvoir. Certains Papes sont arrivés au pouvoir en commettant des meurtres, en provoquant une guerre, ou en achetant la charge de la papauté. De nombreux Papes ont ouvertement forniqué avec des femmes et même des jeunes garçons. D'autres Papes furent incroyablement cruels. Par exemple, le Pape Etienne IV a condamné à mort un homme, à qui l'on devait couper chaque jour un morceau de son corps, jusqu'à ce que la mort s'en suive. Le pape Benoît IX était bisexuel. Il avait des relations sexuelles avec des animaux et fit commettre des meurtres. Il pratiquait aussi la sorcellerie et le satanisme (note 11). Pardonnez-moi ces détails scabreux, mais je dois les mentionner pour étayer mon argumentation. Je me suis efforcée de les réduire au minimum.

Il est clair que tous les Papes n'ont pas été comme ceux que je viens de citer. Mais certains l'ont été. Nous n'avons aucune garantie que ces choses ne se reproduiront plus.

David Yallop a écrit un livre intitulé : "In God's Name : An Investigation into the Murder of Pope John Paul I" (Au nom du Seigneur : Enquête sur le meurtre du Pape Jean-Paul I). Certains fonctionnaires du Vatican ont demandé à Yallop d'enquêter sur la mort du Pape Jean-Paul I, parce qu'ils soupçonnaient qu'il avait été assassiné. Yallop s'est acquitté de sa tâche. Il a interviewé des fonctionnaires du Vatican et des gangsters de la Mafia. Il a donné une description très révélatrice et inquiétante de la vie au sein du Vatican. Il a aussi cité une remarque que le Pape Jean-Paul I avait faite à l'un de ses parents qui le visitait. Le Pape lui avait dit : "Il y a deux choses que l'on peut très difficilement trouver au Vatican : la vérité, et une bonne tasse de café".

Je sais qu'il y a eu des scandales dans toutes les principales dénominations chrétiennes, tout au long de l'Histoire. Jésus nous a mis en garde contre les loups déguisés en brebis (Matthieu 7 :15). Nous ne devrions donc pas être choqués si nous en découvrons quelques-uns.

Dans Matthieu 7 :15, Jésus nous parle des faux prophètes. Les prophètes sont des gens qui prétendent parler de la part de Dieu. C'est exactement ce que le Pape affirme. Il prétend être le Vicaire de Christ, c'est-à-dire son représentant sur la terre. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique affirme que tous ceux qui écoutent le Pape et le Magistère de l'Eglise (les évêques) écoutent en fait la voix de Christ (note 12).

Tout au long de l'histoire de l'Eglise, il y a toujours eu de l'ivraie mêlée au bon grain, et des loups déguisés au milieu des agneaux. Aucune dénomination n'a été parfaite. Toutefois, seule l'Eglise Catholique prétend être infaillible. Cette prétention rend les loups déguisés en brebis beaucoup plus dangereux, en raison du pouvoir qu'ils peuvent exercer sur les pensées et la vie de ceux qui les suivent.

Conclusion.

Jésus nous a promis que les portes de l'Enfer ne prévaudraient pas contre Son Eglise. Cela exige une intervention surnaturelle de Dieu. Selon la Bible, Dieu a tenu Sa promesse en nous envoyant le Saint-Esprit, pour nous enseigner et nous guider. 2 Timothée 3 :16 dit que l'Ecriture est le fondement de la saine doctrine, et l'instrument de notre instruction sur le chemin de la justice.

Selon l'Eglise Catholique, Dieu aurait miraculeusement préservé les Papes de commettre des erreurs, lorsqu'ils font une déclaration solennelle concernant la foi et la morale. Cette idée est attirante pour la nature humaine. Nous aimerions tous être protégés de l'erreur, comme par magie. En outre, il n'est pas désagréable d'être un spectateur passif et de recevoir avec "docilité" tout ce que votre supérieur vous déclare, sans avoir à prendre la responsabilité d'en contrôler soi-même le bien-fondé. Toutefois, même si elle est attirante, cette idée n'est pas confirmée par l'enseignement des Ecritures, ni par l'Histoire de l'Eglise (voir l'Appendice).

Quelle est donc la source de toute autorité ? Dieu ! Il S'est révélé dans la Bible. Il nous révèle Ses voies dans la Bible. Il nous a donné la Bible pour nous instruire dans la doctrine et nous apprendre à vivre une vie pieuse (2 Timothée 3 :16). Il nous a aussi envoyé le Saint-Esprit pour nous permettre de comprendre les Ecritures, et pour nous "guider dans toute la vérité" (Jean 16 :13).

Appendice.

Les Pères de l'Eglise faisaient référence à la Bible pour évaluer la Tradition de l'Eglise. La doctrine catholique moderne, selon laquelle la Tradition de l'Eglise a la même autorité que la Bible, est en contradiction avec les écrits des Pères de l'Eglise (note 13).

Selon l'enseignement officiel de l'Eglise Catholique, les Catholiques ne sont pas autorités à croire ce qu'ils lisent eux-mêmes dans la Bible, sans avoir consulté d'abord les autorités de l'Eglise Catholique. Ils doivent savoir de quelle manière les évêques de l'Eglise interprètent ces passages, et ils doivent aussi accepter avec "docilité" les enseignements des évêques, comme s'ils étaient donnés par Jésus-Christ Lui-même. Ils ne sont pas autorisés à recourir à leur propre jugement, ni à suivre leur propre conscience. On leur demande de croire tout ce que leur diront leurs évêques, sans rien remettre en question (note 14).

L'Eglise Catholique enseigne que quand les évêques établissent officiellement une doctrine concernant la foi ou la morale, Dieu les empêche surnaturellement de faire la moindre erreur. C'est ce que l'on appelle "l'infaillibilité". Cela concerne les Conciles officiels de l'Eglise, comme celui de Vatican II. Cela s'applique aussi à tous les autres enseignements de l'Eglise, pourvu que les évêques et le Pape soient d'accord entre eux (note 15).

Le Pape est considéré comme infaillible chaque fois qu'il promulgue officiellement un décret concernant la foi ou la morale. Selon la doctrine catholique, il est alors impossible au Pape d'enseigner une fausse doctrine. On demande aux Catholiques d'obéir au Pape sans discuter, même lorsqu'il ne promulgue pas un décret officiel "infaillible". Tout Catholique doit soumettre complètement et sans discussion sa volonté et ses pensées au Pape (note 16).

Les Pères de l'Eglise, les théologiens et les spécialistes de droit canon du Moyen Age n'ont jamais enseigné que les évêques ou le Pape étaient infaillibles. On peut en avoir une preuve dans le fait qu'en 680, lors du sixième Concile Œcuménique, le Pape fut condamné comme hérétique. Ce n'est qu'au quatorzième siècle que la théorie de l'infaillibilité commença à émerger. C'est avec le développement de cette théorie que l'on commença à interpréter d'une manière nouvelle certains passages bibliques (note 17).

L'histoire de l'Eglise primitive nous prouve que l'évêque de Rome était considéré comme un simple évêque comme les autres. Par exemple, le Pape Grégoire (590-604) a officiellement déclaré que tous les évêques étaient égaux. Il rejeta clairement l'idée qu'un évêque, quel qu'il soit, pouvait être le chef suprême de l'Eglise (note 18).

La doctrine de l'infaillibilité du Pape n'est pas confirmée par l'histoire. Par exemple, le Pape Sosime (417-418) a aboli les décisions prises par le Pape précédent. Il a également aboli une décision qu'il avait lui-même prise précédemment. Le Pape Honorius fut condamné comme hérétique par le sixième Concile Œcuménique (680-681). Il fut aussi condamné comme hérétique par le Pape Léon II, ainsi que par tous les autres papes successifs, jusqu'au onzième siècle. Ce sont des exemples de Papes "infaillibles" condamnant comme hérétiques d'autres Papes "infaillibles". En 1870, le Concile de Vatican I abolit les ordonnances papales et les décrets pris par deux autres conciles précédents, pourtant réputés "infaillibles" (note 19).

Au 17e siècle, l'Eglise Catholique condamna officiellement Galilée comme hérétique, parce qu'il enseignait que la terre tournait autour du soleil. Pourtant, son enseignement n'était pas opposé à celui de la Bible ni des Pères de l'Eglise. Mais il était opposé à ce qu'enseignait la théologie catholique du 17e siècle. Le philosophe grec Aristote enseignait que c'était le soleil qui tournait autour de la terre. Aristote avait influencé Thomas d'Aquin, un théologien du 13e siècle, "docteur de l'Eglise", dont la théologie avait eu un impact majeur sur l'Eglise Catholique. Certains astronomes modernes croient que Galilée avait raison. D'autres pensent que la théorie de la relativité d'Einstein a enlevé à cette question sa pertinence (note 20). Quoi qu'il en soit, Galilée ne devait pas être considéré comme hérétique parce qu'il était en désaccord avec Aristote. C'était la décision "infaillible" de l'Eglise Catholique concernant les enseignements de Galilée qui était mauvaise.

En 1950, l'Eglise Catholique adopta officiellement le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie. Cela signifiait que tout Catholique Romain devait à présent accepter cette doctrine sans la remettre en cause. Pourtant, quand on a commencé à parler de l'Assomption de la Vierge, dans l'Eglise primitive, cette doctrine fut tout d'abord officiellement considérée comme hérétique.

En 495, le Pape Gelasius publia un décret qui rejetait cette doctrine comme hérétique. Au sixième siècle, le Pape Hormisdas condamna aussi comme hérétiques tous ceux qui croyaient en la doctrine de l'Assomption de la Vierge Marie. L'Eglise primitive considérait clairement la doctrine de l'Assomption de la Vierge comme une hérésie digne de condamnation. Nous nous trouvons donc en présence de Papes "infaillibles" qui ont décrété que cette doctrine était une hérésie. Puis, en 1950, un autre Pape "infaillible", Pie XII, a décrété que cette doctrine était à présent une doctrine officielle de l'Eglise Catholique (note 21).

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Bibliographie.

Aardsma, Gerald E. "Geocentricity and Creation", "Vital Articles on Science/Creation," July 1994, Impact No 253. Santee, California : Institute of Creation Research. On peut consulter ce livre à l'adresse suivante : http://www.icr.org/pubs/imp/imp-253.htm

"Catechism of the Catholic Church". Washington, DC : U.S. Catholic Conference, 2000. Ce livre a été édité en plusieurs langues. Les numéros de paragraphes sont les mêmes dans toutes les langues.

Heintz, Peter. "A Guide to Apparitions of Our Blessed Virgin Mary," (Guide des apparitions de la Vierge Marie) Part I, 20th Century Apparitions. Sacramento, California : Gabriel Press. C'est un livre catholique. Il relate en détail 60 apparitions. Ce livre est épuisé, mais peut être consulté à l'adresse suivante : http://www.marianland.com/101books.html

Johnson, Paul. "A History of Christianity. New York : Simon & Schuster, a Touchstone Book, 1995". L'auteur est Catholique.

Martin, Malachi. "The Decline and Fall of the Roman Church". New York : G.P. Putnam’s Sons, 1981. L'auteur est récemment décédé. Il était prêtre catholique et fonctionnaire du Vatican. Ses livres plaident pour une réforme de l'Eglise Catholique.

McCarthy, James G. "The Gospel According to Rome : Comparing Catholic Tradition and the Word of God". Eugene, Oregon : Harvest House Publishers, 1995. L'auteur est un ancien Catholique.

Webster, William. "The Church of Rome at the Bar of History". Carlisle, Pennsylvania : The Banner of Truth Trust, 1996. L'auteur est un ancien Catholique.

Yallop, David. "In God’s Name : An Investigation into the Murder of Pope John Paul I". Livre originellement publié par Random House en 1985. Réédité par Trans World Publishers en 1994.

Notes.

  1. "Portes Ouvertes" introduit en cachette des Bibles et de la littérature chrétienne dans les pays communistes et les pays musulmans depuis plus de quarante ans. Cette organisation édite aussi une lettre de nouvelles gratuite donnant des informations régulières sur l'Eglise persécutée dans le monde. L'adresse de son site Internet est
    http://www.opendoorsusa.org
  2. "Catéchisme de l'Eglise Catholique", paragraphes 80, 84, 86 et 97. On peut consulter ce Catéchisme aux adresses suivantes :
    http://www.christusrex.org/www2/kerygma/ccc/searchcat.html
    http://www.scborromeo.org/ccc.htm
  3. Ibid., paragraphes 78, 98, 113, 2650 et 2661.
  4. Ibid., paragraphes 85, 100, 891 et 2051.
  5. Ibid., paragraphes 87, 1310 et 2037.
  6. "Ineffabilis Deus". Encyclique du Pape Pie XII sur l'Immaculée Conception, promulguée le 8 décembre 1854. On peut consulter cette encyclique aux adresses suivantes :
    http://www.newadvent.org/docs/pi09id.htm http://www.geocities.com/papalencyclicals/Pius09/p9ineff.htm
  7. Paul Johnson, "A History of Christianity", page 308.
  8. Peter Keintz, "A Guide to Apparitions of Our Blessed Virgin Mary", pages 100-114.
  9. Ibid., pages 125-129.
  10. Je crois que cette phrase est attribuée à Lord Acton, mais je n'en suis pas certaine. Quelle qu'en soit la source, c'est une phrase célèbre.
  11. Malachi Martin, "The Decline and Fall of the Roman Church" (New York: G.P. Putnam’s Sons, 1981), pages 85-89, 132. Ce livre est épuisé, mais peut être éventuellement obtenu en écrivant à l'adresse suivante :
    ttp://www.bookfinders.org
  12. "Catéchisme de l'Eglise Catholique", paragraphes 87, 862, 891 et 2051.
  13. William Webster, "The Church of Rome at the Bar of History", pages 22-33. Pour avoir une description de la manière dont certaines pratiques religieuses peuvent devenir des doctrines catholiques officielles, tout en étant opposées à l'Ecriture et aux écrits des Pères de l'Eglise, lire le livre de James G. McCarthy, "The Gospel According to Rome : Comparing Catholic Tradition and the Word of God", pages 281-309.
  14. "Catéchisme de l'Eglise Catholique", paragraphes 85, 87, 100, 862, 891, 939, 2034, 2037, 2041 et 2050.
  15. "Catéchisme de l'Eglise Catholique", paragraphes 890, 891, 939, 2033, 2034 et 2049.
  16. "Catéchisme de l'Eglise Catholique", paragraphes 892, 2037 et 2050.
  17. William Webster, pages 34-55.
  18. William Webster, pages 56-63.
  19. William Webster, pages 63-71.
  20. Aardsma, Gerald E. " Geocentricity and Creation", "Vital Articles on Science/Creation," July 1994. Les informations concernant l'influence d'Aristote sur Thomas d'Aquin viennent d'un cours de Métaphysique que j'ai suivi dans une Université Catholique.
  21. William Webster, pages 81-85.