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A171 Réponses à  des Catholiques (3/5)

Article de Joe Mizzi.

Source http://www.justforcatholics.com

Joe Mizzi est Maltais, et exerce un ministère auprès des Catholiques, notamment de ceux qui veulent être sauvés.

Question 13 : Pourriez-vous me dire pourquoi la Bible est la Parole de Dieu ? Est-il dit dans la Bible que "ce livre est de Dieu" ? Et même si la Bible le disait, comment pourrions-nous savoir que c'est vrai ?

Réponse de Joe Mizzi :

La Bible est la Parole de Dieu. Dans le seul Ancien Testament, il est écrit près de 4000 fois des phrases telles que celles-ci : "Le Seigneur dit", "Le Seigneur ordonna", "Ainsi parle le Seigneur". C'est pour cela qu'il est écrit : "Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pierre 1 :21).

Qui aurait pu écrire la Bible ? Des anges ? C'est impossible, car ils auraient menti, puisqu'il est écrit dans la Bible" : "Ainsi parle le Seigneur". Des mauvais esprits ? Non, car Satan et ses démons n'aiment pas être exposés pour ce qu'ils sont. Ce ne sont pas eux qui commandent aux hommes "d'adorer le Seigneur et de Le servir, Lui seul". Les mauvais esprits ne veulent pas que les hommes se repentent, comme l'ordonne la Bible. Des hommes impies n'auraient jamais écrit de telles dénonciations tranchantes du péché, comme nous en trouvons régulièrement dans les Ecritures. Ils se condamneraient eux-mêmes à l'Enfer ! Est-ce que ce sont des hommes de bien qui auraient écrit la Bible ? Non, car les hommes de bien, en eux-mêmes, sont incapables d'écrire des paroles aussi sublimes, que l'œil n'a jamais vues et que l'oreille n'a jamais entendues. D'ailleurs, les hommes de bien ne mentent pas. Ils n'auraient jamais écrit des phrases comme celles-ci : "Toute Ecriture est inspirée de Dieu", si elles sont la vérité.

Il n'y a donc aucune autre possibilité. C'est bien Dieu qui a donné aux hommes la Bible, comme elle l'affirme elle-même.

Nous en avons également d'autres preuves, par l'accomplissement des prophéties de la Bible. Aucun autre livre ne contient un aussi grand nombre de prophéties détaillées, qui se sont accomplies à la lettre dans la suite des temps. La probabilité pour qu'elles se soient accomplies par hasard est trop faible pour que l'on puisse la considérer sérieusement.

Enfin, nous constatons l'impact de la Bible sur la vie des hommes. Des millions de gens, pendant des milliers d'années, ont témoigné que l'enseignement de la Bible avait transformé leur vie, et les avait fait passer des ténèbres à la lumière, du désespoir à la foi, du péché à la justice et à l'amour.

Pourtant, beaucoup de gens restent sceptiques. Ils ne peuvent apprécier la beauté de la Parole de Dieu, parce qu'ils ne connaissent pas Dieu. Beaucoup de gens ont entendu Jésus parler et prêcher, mais la plupart n'ont pas reconnu que Ses paroles étaient les paroles mêmes de Dieu. Seul Dieu peut ouvrir les yeux des aveugles pour qu'ils voient.

Je reconnais la voix de mon Père céleste dans les Ecritures, parce qu'Il m'a adopté comme Son fils. Jésus a dit : "Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu ; vous n'écoutez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu" (Jean 8 :47).

Question 14 : Où est-il écrit dans la Bible que nous devons fonder toutes nos croyances sur les enseignements de la Bible ? Il n'est pas biblique d'affirmer que seule la Bible est inspirée de Dieu.

Réponse de Joe Mizzi :

Tous les disciples de Christ obéissent au Seigneur. Ils se sont engagés à croire et à obéir à Sa Parole. Le Chrétien ne permettra à personne d'usurper le trône de son Seigneur. En outre, tous les Chrétiens croient que la Bible est la Parole de Dieu. Ils sont donc toujours prêts à accepter ses enseignements, ses commandements et ses instructions.

Vous pourriez me dire : "Oui, les Chrétiens doivent obéir à la Bible. Mais pourquoi dites-vous que seule la Bible est revêtue de l'autorité divine ?"

Pour vous répondre, permettez-moi de vous poser moi aussi quelques questions. Que voudriez-vous ajouter à la Bible ? Les raisonnements et la philosophie des hommes, comme le font les libéraux ? Non, car la parole des hommes ne peut jamais égaler la Parole de Dieu.

Peut-être aimeriez-vous quelques nouvelles révélations ? Il fut un temps où Dieu donnait des révélations aux hommes, car Il leur révélait Son plan de salut. Il fut même un temps où il n'y avait aucune révélation écrite, et où Dieu parlait d'une voix audible à des hommes comme Adam, Noé et Abraham. Il fut un temps où la Parole de Dieu fut donnée par les paroles des apôtres et des prophètes, ainsi que par leurs écrits. La révélation de Dieu a atteint sa plénitude dans la proclamation de Christ par les messagers qu'Il a envoyés, les apôtres. Au cours de l'ère apostolique, la foi chrétienne fut transmise une fois pour toutes à l'Eglise, comme le dit Jude : "Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3). Il n'est donc pas bon de chercher de nouvelles révélations, quand la Bible déclare que la foi chrétienne nous a déjà été transmise.

Que dire de la Tradition ? Est-il possible que Dieu nous donne un ensemble de vérités qui seraient différentes et distinctes de l'enseignement de la Bible ? Les enseignements de la Tradition sont-elles des vérités qui ont franchi les siècles pour nous parvenir inchangées, sous une forme orale et non-écrite ? Certainement pas ! Au cours de Son ministère terrestre, le Seigneur Jésus n'a pas reproché aux Juifs d'être attachés aux paroles des anciens prophètes, qui auraient été transmises de manière orale. Au contraire, il leur a reproché de conserver des traditions humaines qui sapaient l'autorité de la Bible écrite. Veuillez lire le chapitre 7 de l'Evangile de Marc. Hélas, l'histoire se répète, car c'est la Tradition de l'Eglise Catholique qui lui a fait accepter les statues et les images, les jeûnes obligatoires, le célibat des prêtres, le sacrifice de la messe, le confessionnal, le Purgatoire, etc… Ce sont des pratiques et des doctrines qui ne sont pas enseignées par la Bible, et qui contredisent même les enseignements clairs de l'Ecriture.

Finalement, sommes-nous autorisés à accorder à l'enseignement de l'Eglise la même autorité que celui de la Bible ? Nous devons certainement écouter et respecter les enseignants donnés par Dieu à Son Eglise. Mais leur devoir est d'étudier et d'enseigner la Parole de Dieu, pas d'inventer de nouveaux enseignements ! Dieu ne leur accorde aucune révélation nouvelle. En outre, ils ne sont pas infaillibles. S'ils l'étaient, Paul n'aurait pas écrit : "Examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon" (1 Thess. 5 :21). Pourquoi l'apôtre Jacques nous conseille-t-il de ne pas avoir parmi nous "un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Nous bronchons tous de plusieurs manières". (Jacques 3 :1-2).

Bref, la Bible est bien la Parole de Dieu. Elle est revêtue d'une autorité unique. C'est pour cela que les Chrétiens considèrent que l'autorité de la Bible est divine et absolue. Christ a rejeté la tradition des hommes. Christ a prouvé (et comment !) que les docteurs de la loi n'étaient pas infaillibles. Christ Lui-même a montré qu'Il accordait une confiance absolue aux Ecritures, car elles sont la Parole de Dieu. Je suis Son disciple, et je fais de même. C'est la raison pour laquelle je crois en l'Ecriture seule (Sola Scriptura).

Question 15 : C'est l'Eglise Catholique qui nous a donné la Bible. Pourquoi ne devriez-vous donc pas suivre les interprétations de la Bible données par l'Eglise Catholique ?

Réponse de Joe Mizzi :

Ce n'est pas l'Eglise Catholique qui nous a donné la Bible. La Bible a été donnée par Dieu à Son peuple, l'Eglise. Aucune autre explication n'est valable.

Mais je pense que vous parlez du processus d'identification du canon de l'Ecriture, c'est-à-dire de la liste des livres qui sont inclus dans la Bible. Le mot grec "kanon" signifie "étalon de mesure". Dans le Christianisme, le "canon" désigne la collection complète des écrits inspirés, qui représentent le fondement de notre foi. Le canon des Ecritures a été achevé lorsque l'apôtre Jean a écrit le dernier livre de la Bible, l'Apocalypse. Toutefois, les 27 livres qui composent le Nouveau Testament n'ont pas été réunis en un seul ouvrage dès le début.

Cela ne s'est fait qu'à l'issue d'un long processus historique. Les quatre Evangiles, les Actes des Apôtres, et la plupart des épîtres, ont été rapidement reconnus par les églises comme faisant partie des Saintes Ecritures. Mais il restait quelques incertitudes concernant certains livres. Ce fut l'Eglise Orthodoxe d'Orient qui reconnut la première l'inspiration des 27 livres du Nouveau Testament, en 367. Les livres canoniques furent listés dans la lettre de Pâques écrite par Athanase à Alexandrie. Plus tard, aux Conciles de Hippo, en 393, et de Carthage, en 397, l'Eglise d'Occident accepta à son tour ces mêmes livres comme canoniques.

Est-ce que cela signifie que l'Eglise soit infaillible ? Si elle ne l'est pas, comment pouvons-nous être certains que seuls ces livres soient canoniques, à l'exclusion de tout autre ?

L'Eglise n'est pas infaillible. Mais c'est le Dieu Tout-Puissant qui a, par Sa providence, guidé Son Eglise faillible, pour nous transmettre correctement Sa Parole. Ses brebis entendent Sa voix, comme Jésus l'a promis, et elles n'écouteront pas la voix d'un étranger.

C'est un processus semblable à celui qui a formé le canon de l'Ancien Testament. C'est Dieu qui a donné à Son peuple ces livres inspirés. Les dirigeants des Juifs, et tout le peuple, ont reconnus comme inspirés un ensemble de livres, qu'ils ont appelé "Ecriture sacrée". Jésus et les apôtres utilisaient les Ecritures quand ils discutaient avec les Juifs. Cela implique, bien entendu, qu'il existait un canon reconnu par tous, et que personne ne contestait.

Pourtant, il est clair que ces mêmes Juifs qui avaient accepté le canon n'étaient pas eux-mêmes infaillibles. Jésus n'a pas reconnu comme infaillibles les conducteurs des Juifs, dont les ancêtres avaient reconnu les écrits de la Bible. En fait, ils se trompaient sur bien des problèmes de doctrine et de morale, au point qu'ils crucifièrent le Messie prophétisé dans ces mêmes écrits.

Nous pouvons donc avoir toute confiance dans le fait que Dieu est intervenu providentiellement dans l'histoire, pour que nous connaissions Ses écrits inspirés. Mais nous serions sages de suivre l'exemple de Jésus et des apôtres, qui n'attribuaient aucune infaillibilité à l'Eglise, même s'Il l'a utilisée pour transmettre Sa Parole.

Nous remercions Dieu de nous avoir donné Sa Parole sous une forme écrite. Ne perdons donc pas notre temps à discuter du canon des Ecritures, sur lequel Catholiques et Protestants sont d'accord. Continuons plutôt à étudier ces livres sacrés, pour connaître la volonté de Dieu, et pour corriger les fausses doctrines qui se sont infiltrées dans l'Eglise.

Question 16 : Comment savez-vous que votre Bible est la bonne, et pas la Bible Catholique ?

Réponse de Joe Mizzi

La Bible Protestante est la même que la Bible Catholique, à l'exception des livres Apocryphes, qui ne se trouvent pas dans la Bible Protestante.

Les livres Apocryphes se trouvent tous dans l'Ancien Testament. Ils consistent en 15 morceaux de littérature juive, écrits autour de 200 avant Jésus-Christ. Ils sont inclus dans la traduction grecque des Ecritures juives, connue sous le nom de "Bible des Septante". Voici le titre de ces livres Apocryphes : Maccabées 1 et 2, Tobie, Judith, l'Ecclésiastique ou Siracide, le livre de la Sagesse, Baruch, les additions aux livres d'Esther et de Daniel, la prière de Manassé, Esdras 1 et 2. Ces trois derniers livres ne sont pas considérés comme inspirés par l'Eglise Catholique.

Aucun de ces livres ne prétend être inspiré. Au contraire, l'auteur de l'Ecclésiastique demande pardon à ses lecteurs pour toutes ses inexactitudes, et l'auteur des Maccabées conclut par ces mots : "Si ce livre est bien écrit et exact, c'est ce que je voulais ; s'il est mal rédigé et médiocre, c'est le meilleur que j'ai pu rédiger". Ce n'est pas le langage de l'inspiration divine !

Ce qui est plus sérieux, c'est que les Apocryphes enseignent des doctrines qui contredisent les Ecritures. Par exemple, Ecclésiastique 3 :3, 30 contredit Galates 2 :16, 21 ; 3 :10-14. Tobie 12 :9 contredit 1 Jean 1 :7 et Hébreux 9 :22 ; Sagesse 8 :19-20 contredit Romains 3 :10. Ils encouragent aussi des pratiques qui ne sont pas conformes aux Ecritures : Ecclésiastique 12 :4-7 ne s'accorde pas avec Luc 6 :27-38 et Matthieu 5 :43-48.

Il faut savoir que ces livres Apocryphes n'étaient pas considérés comme canoniques par les Juifs. Ils sont aussi écrits en grec, et ne font pas partie du Texte Massorétique, qui reprend les textes hébreux inspirés des Ecritures Juives. Josèphe, historien Juif, considère comme acquis le fait que les Juifs admettaient comme inspirés les seuls écrits qui ont été repris par la suite dans la Bible Protestante. A ce jour, les Juifs conservent toujours le même canon de l'Ancien Testament que celui de la Bible Protestante. Le fait que les Juifs aient rejeté les livres Apocryphes est très significatif, car c'est à eux qu'ont été confiés les oracles de Dieu :

"Quel est donc l'avantage des Juifs, ou quelle est l'utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés" (Romains 3 :1-2).

Le Nouveau Testament contient environ 260 citations directes, et 370 allusions aux livres inspirés de l'Ancien Testament. Lorsque Jésus ou les apôtres citaient ou évoquaient les livres de l'Ancien Testament, il est clair qu'ils les considéraient comme inspirés et canoniques. Par exemple, dans Jean 10 :34-35, le Seigneur Jésus cite le Psaume 82 :6. Il ajoute aussitôt que l'Ecriture ne peut pas être anéantie. Quand l'apôtre Paul dit "Il est écrit", en faisant référence à l'Ancien Testament, c'est qu'il fonde son enseignement sur une assise solide. Le Nouveau Testament atteste donc l'autorité divine de l'Ancien Testament. Il est significatif qu'il ne comprenne aucune citation des livres Apocryphes qui impliquerait l'inspiration divine de ces écrits.

Nous devons ajouter que les auteurs du Nouveau Testament citent parfois des écrits qui ne font pas partie des Saintes Ecritures. Par exemple, l'apôtre Paul cite des poètes et écrivains païens (1 Cor. 15 :33 et Actes 17 :28) ; Jude cite des extraits des livres apocryphes Juifs d'Enoch et de l'Assomption de Moïse. Il peut y avoir d'autres allusions à certains livres apocryphes, comme Hébreux 11 :35, qui peut faire allusion à 2 Maccabées 7 :1-29 ou aux écrits de l'historien Josèphe. Manifestement, un auteur biblique peut citer un extrait d'un livre, parce qu'il considère cet extrait comme vrai, sans que cela implique l'inspiration divine de tout ce livre. Personne ne soutiendrait que les poètes grecs cités par Paul sont des auteurs inspirés, ni que l'Assomption de Moïse pourrait faire partie des livres canoniques. Il en est de même pour toutes les références faites aux livres Apocryphes.

Comment se fait-il donc que les livres Apocryphes se retrouvent dans la Bible Catholique ? Au début du deuxième siècle après Jésus-Christ, les premières traductions en latin de la Bible furent réalisées à partir de la Bible des Septante, qui comprenait les Apocryphes. Saint Augustin et Saint Jérôme, ces deux grands Pères de l'Eglise, étaient en conflit à propos des Apocryphes. Saint Augustin acceptait les Apocryphes, parce qu'il utilisait la Bible des Septante. Cette Bible était très répandue en Afrique du Nord. Jérôme était l'un des rares Pères de l'Eglise qui connaissait à la fois l'Hébreu et le Grec. Il rejetait les Apocryphes, parce qu'il savait que ces écrits n'étaient pas acceptés par les Juifs, et ne faisaient pas partie du canon reconnu en Palestine.

Les Conciles de Hippo et de Carthage, au quatrième siècle, ont été fortement influencés par Saint Augustin. Ils ont inclus les Apocryphes dans le canon de l'Ancien Testament. Toutefois, nous devons ajouter que, contrairement à ce que veulent faire entendre les apologistes Catholiques, les Apocryphes ne furent pas officiellement reconnus comme canoniques par l'Eglise Catholique lors des Conciles de Hippo et de Carthage. L'Eglise Catholique Romaine a rejeté Esdras 1 et 2, qui avaient pourtant été acceptés par les Conciles antérieurs. Dans leur liste actuelle, les Apocryphes n'ont été ajoutés à l'Ancien Testament par l'Eglise Catholique qu'au Concile de Trente, au 16e siècle.

Jusqu'à l'époque de la Réforme, les Apocryphes, bien que considérés comme canoniques par l'Eglise Catholique, n'étaient toutefois pas placés sur le même plan que les autres écrits de l'Ancien Testament. Saint Jérôme faisait la distinction entre les "livres canoniques" et les "livres ecclésiastiques". Il considérait ces derniers comme de bonnes lectures spirituelles, mais sans leur accorder le statut d'Ecritures inspirées. Le Pape Grégoire le Grand a dit à propos des Apocryphes : "Bien qu'ils ne soient pas canoniques, ils ont été rédigés pour l'édification de l'Eglise". Le Cardinal Cajetan, personnalité importante de l'Eglise Catholique à l'époque de la Réforme, au 16e siècle, a clairement affirmé que les Apocryphes n'étaient pas canoniques, et ne pouvaient pas être utilisés pour confirmer des positions de foi.

Il ne nous semble donc pas sensé d'ajouter des Apocryphes aux livres de l'Ancien Testament, des siècles après que l'Ancienne Alliance avec les Juifs a été remplacée par la Nouvelle Alliance. L'Eglise du Nouveau Testament ne devrait absolument pas ajouter quoi que ce soit au canon de l'Ancien Testament, tel qu'il a été reçu par les Juifs. Suivant l'exemple du Seigneur Jésus, de Ses apôtres et des auteurs du Nouveau Testament, nous citons souvent des passages de l'Ancien Testament pour édifier notre foi. Comme eux, nous ne faisons jamais référence aux Apocryphes à cet effet.

Question 17 : En tant que Catholique, on m'a toujours enseigné que la Parole de Dieu comprend la Bible, et la Tradition apostolique. La Tradition est aussi la Parole de Dieu, qui nous a été transmise oralement. L'apôtre Paul a écrit : "Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre" (2 Thes. 2 :15).

Réponse de Joe Mizzi :

Vous abordez la différence fondamentale entre le Catholicisme Romain et le Christianisme Evangélique. Pour les Chrétiens, nous devons trouver dans les Ecritures seules tout ce qui contribue à la foi et à la piété. Tandis que le Catholicisme considère que la Parole de Dieu est représentée à la fois par la Bible et la Tradition.

Le mot "Tradition" est employé dans différentes significations. Il est donc important de définir ce que l'Eglise Catholique entend par "Tradition". "Le Concile (de Trente) définit clairement que tout ce qui touche à la vérité et aux règles de la foi sont contenus dans les Ecritures Saintes, ainsi que dans les traditions orales qui nous sont parvenues. Car ces traditions ont été communiquées aux apôtres par la bouche du Seigneur Lui-même, ou par les apôtres, sous l'inspiration du Saint-Esprit. Elles nous ont été ensuite transmises pour ainsi dire de la main à la main". Le Concile de Vatican II ajoute : "La Tradition Sacrée représente la Parole de Dieu transmise par Christ et les apôtres, par le Saint-Esprit, et reprise intégralement par leurs successeurs".

En d'autres termes, la Tradition est un ensemble d'enseignements variés, différents des Ecritures Saintes, qui aurait été parfaitement transmis de génération en génération, par les Papes et les évêques de l'Eglise Catholique.

Vous avez cité 2 Thessaloniciens 2 :15 pour fonder ce concept de "Tradition". Mais un examen plus attentif de ce verset nous montre que l'apôtre Paul voulait expliquer quelque chose de différent. Il écrivait aux Chrétiens de Thessalonique, au milieu desquels il avait personnellement œuvré. Il leur dit :

"Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l'Esprit et par la foi en la vérité. C'est à quoi il vous a appelés par notre Evangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre" (2 Thes. 2 :13-15).

L'apôtre Paul leur avait prêché l'Evangile, et ils avaient cru à la vérité pour être sauvés. A présent qu'il ne se trouvait plus au milieu d'eux, Paul les exhorte à rester attachés à la "parole" qu'il leur avait transmise oralement. Il s'agit des vérités de l'Evangile, et non d'un ensemble d'enseignements variés. Paul avait enseigné ces Chrétiens de deux manières, oralement, et par le moyen de ses lettres.

Il n'y a rien dans ce verset qui puisse faire référence à la parfaite transmission d'un ensemble varié d'enseignements oraux, par une succession d'évêques.

Notre situation est radicalement différente de celle des Thessaloniciens. Ils avaient le privilège d'accueillir un apôtre vivant au milieu d'eux. Nous n'avons plus aucun apôtre aujourd'hui. Ils ont pu entendre un apôtre leur parler. Ce n'est plus notre cas aujourd'hui. Comment pouvons-nous donc apprendre la Parole de Dieu, plusieurs siècles après les apôtres ?

Le Seigneur a préservé et transmis le message des apôtres dans le Nouveau Testament. Il n'y a rien de nouveau ici. De même, les prophètes de l'Ancien Testament prêchèrent la Parole de Dieu aux hommes de leur génération. Mais les générations successives n'eurent accès à leur message que par les livres qui composent l'Ancien Testament. Ils n'y ont rien ajouté. Les Juifs étaient censés trouver la Parole de Dieu dans les Saintes Ecritures et elles seules, pas dans quelque tradition orale parallèle. En fait, le Seigneur Jésus leur reproche, dans Marc 7, d'avoir annulé la Parole de Dieu en la remplaçant par leurs traditions.

De même, nous recevons aujourd'hui les enseignements des prophètes et des apôtres dans les écrits inspirés des Ecritures du Nouveau Testament.

Irénée s'est exprimé ainsi : "Nous n'avons eu connaissance du plan du salut que par ceux qui nous ont transmis l'Evangile. Ils l'ont, en leur temps, proclamé publiquement. Par la suite, selon la volonté de Dieu, ils nous ont transmis ce message dans les Ecritures, pour qu'il devienne le fondement et le pilier de notre foi" (Saint Irénée, Contre les Hérésies, III.1.1).

Question 18 : Comment pouvez-vous interpréter vous-même la Bible ? Je dois vous avertir que la Bible nous met en garde contre cela : "Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière" (2 Pierre 1 :20).

Réponse de Joe Mizzi :

Avant de revoir ce passage, je voudrais faire quelques observations. Vous ne comprenez pas vous-même l'illogisme de votre argument. Vous essayez de me persuader de ne pas interpréter moi-même la Bible, en me montrant un verset qui vous semble appuyer votre point de vue. Mais, si je ne devais pas interpréter moi-même la Bible, comment pourrais-je comprendre la signification du verset que vous citez ?

Vous ne respectez pas vous-même vos propres règles. Car vous lisez ce passage de l'Ecriture, puis vous utilisez votre intelligence pour comprendre la signification de ce texte. Beaucoup de Catholiques font aujourd'hui la même chose.

Voici sans doute ce que vous voulez réellement dire : "Lisez la Bible autant que vous le voudrez, mais ne remettez jamais en question la moindre doctrine enseignée par le Magistère de l'Eglise Catholique !" Et si vous découvrez la moindre contradiction entre les enseignements de la Bible et ceux du Vatican, vous devez croire que c'est vous qui comprenez mal la Bible ! En fait, le Pape et les évêques refusent de rendre des comptes aux fidèles, qui n'ont aucun droit de remettre en question leurs enseignements, à la lumière de la Parole de Dieu.

Depuis très longtemps, l'Histoire a prouvé que l'Eglise Romaine avait empêché les fidèles de lire la Bible. L'un des moyens les plus efficaces était de garder la Bible en latin, car c'était une langue que la majorité des gens ne comprenaient pas. Pendant des siècles, c'était même un péché mortel de posséder et de lire la Bible dans sa langue natale. Le Concile de Valence (1229), le Concile de Trente (1545) et le Pape Clément XI (1713) ont interdit à tous les fidèles de posséder une Bible dans leur langue maternelle, ainsi que de la lire eux-mêmes.

Ce sont les premiers Protestants, des hommes comme Wycliff, Tyndale et Luther, qui ont, les premiers, traduit la Bible dans une langue parlée par tout le peuple. Pendant ce temps, les autorités Romaines s'activaient à brûler tous les exemplaires de la Bible qu'elles pouvaient saisir.

C'est l'Histoire qui a obligé l'Eglise Catholique à changer de stratégie. Aujourd'hui, beaucoup de Catholiques possèdent un exemplaire de la Bible chez eux, et la lisent personnellement. Toutefois, la Parole de Dieu demeure inefficace dans leur vie, en raison des préjugés propres aux Catholiques. Par exemple, les Catholiques ne sont nullement troublés par le fait que la plupart des dogmes de leur Eglise ne se trouvent absolument pas dans la Bible (comme, par exemple, l'Immaculée Conception, l'Assomption de la Vierge, la confession auriculaire, le Purgatoire, et la vénération des statues). Ils sont convaincus depuis leur enfance que la révélation de Dieu nous parvient au moyen de la Tradition, aussi bien que par la Bible.

Rome emploie aussi une autre méthode. Elle persuade ses fidèles que la Bible est trop difficile à comprendre par nous-mêmes. Les simples fidèles sont ainsi jugés incapables d'interpréter eux-mêmes la Bible. Cela est réservé aux seuls dirigeants sages et intelligents de l'Eglise. "La tâche de donner une interprétation authentique de la Parole de Dieu est réservée aux seuls responsables de l'Eglise… Cela signifie que la tâche de l'interprétation des Ecriture est réservée aux évêques, en communion avec le successeur de Pierre, l'Evêque de Rome" (Catéchisme de l'Eglise Catholique, paragraphe 85). Comme si l'Eglise Catholique offrait à présent de sa main droite une Bible à ses fidèles, et la leur retirait aussitôt de sa main gauche !

Regardons à présent ce que voulait dire l'apôtre Pierre dans ce verset : "Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière" (2 Pierre 1 :20).

Pour cela, chacun de nous doit ouvrir sa Bible et lire ce verset dans son contexte, en ayant recours aux règles familières du langage pour découvrir le sens de ce verset. En d'autres termes, nous ne faisons qu'interpréter ce passage par nous-mêmes !

"Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pierre 1 :20-21).

Le verbe grec traduit par "être un objet d'interprétation particulière" est le verbe "ginomaï". Selon le Dictionnaire Strong, ce verbe signifie "provoquer, faire venir à l'existence, devenir". L'apôtre Pierre ne veut donc pas parler de notre compréhension personnelle de l'Ecriture qui nous a déjà été donnée, mais du processus par lequel les Ecritures nous ont été transmises, c'est-à-dire de leur origine.

Pierre dit qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne nous a été transmise "au moyen d'une interprétation particulière", c'est-à-dire par notre raisonnement humain. De qui Pierre parle-t-il ? Du lecteur de la Bible, ou des hommes qui l'ont écrite ? Etant donné que Pierre parle de l'origine des Ecritures, il semble probable qu'il nous parle des prophètes eux-mêmes. En d'autres termes, Pierre nous dit que l'origine des Ecritures ne doit pas être trouvée dans l'intelligence particulière de ces prophètes, mais dans l'inspiration du Saint-Esprit. C'est le verset suivant qui nous le confirme.

L'apôtre Paul nous donne la raison pour laquelle l'Ecriture n'a pas été fabriquée par l'intelligence personnelle des prophètes. Il ajoute : "Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu".

Ainsi, loin de nous décourager à lire et à comprendre nous-mêmes la Bible, ce verset nous donne la pleine assurance que nous pouvons faire entièrement confiance aux Ecritures. Certes, elles ont été écrites par des hommes. Mais ces Ecritures n'ont pas été conçues par des cerveaux humains. Elles ont été conçues dans la pensée de Dieu, par le Saint-Esprit. La Bible est la Parole de Dieu !

En conclusion, je voudrais ajouter quelques commentaires, en particulier à l'intention de mes frères Chrétiens Evangéliques. Nous avons besoin de répéter à nos amis Catholiques cette vérité élémentaire : la Bible a été écrite pour être comprise, et elle peut être comprise !

Dans cette même épître, un peu plus loin, l'apôtre Pierre écrit ceci :

"Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine" (2 Pierre 3 :15-16).

Nous devons donc être diligents dans notre étude de la Bible. Nous avons besoin des enseignants que Dieu a donnés à Son Eglise. Mais nous devons éprouver toutes choses, et ne retenir que ce qui est bon (1 Thessaloniciens 5 :21).

Question 19 : Une dame Catholique m'a parlé de divers messages donnés par Marie, lors de ses apparitions. Je lui ai demandé pourquoi ces choses n'étaient pas mentionnées dans la Bible. Elle m'a répondu qu'il s'agissait de nouvelles révélations. Est-ce possible ?

Réponse de Joe Mizzi :

Votre amie croit que ces messages donnés lors de ces apparitions constituent des "nouvelles révélations", même s'ils ne sont pas inclus dans la Bible. Elle ne peut d'ailleurs accepter ces messages qu'en disant qu'ils représentent des "nouvelles révélations" divines. Mais elle ne semble pas réaliser que son attitude est contredite à la fois par les enseignements de la Bible, et par les enseignements de sa propre Eglise Catholique Romaine.

La Bible enseigne que toute la révélation qui nous est nécessaire nous a déjà été donnée en Christ. Jude a écrit : "Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (verset 3). La foi chrétienne nous a déjà été transmise une fois pour toutes. Elle était déjà complète au temps où Jude écrivait cette lettre. Il demande aux Chrétiens de "combattre" pour cette foi, c'est-à-dire de lutter pour défendre les doctrines chrétiennes qui nous ont été transmises par les apôtres. Mais il est clair que cette foi nous a déjà été complètement révélée. Nous ne devons donc certainement pas attendre des nouvelles révélations de la part de Dieu. Au contraire, nous devons être pleinement conscients que le meilleur moyen de détruire la pure Parole de Christ est d'y ajouter des "nouveaux enseignements".

Les fidèles Catholiques sont ardemment désireux de recevoir de nouveaux messages du Ciel. C'est pour cela que nous devons noter le fait que l'Eglise Catholique enseigne officiellement que nous ne devons nous attendre à recevoir aucune nouvelle révélation à notre époque. Voici ce qu'a déclaré le Concile de Vatican II : "La dispensation Chrétienne, en tant qu'alliance nouvelle et définitive, ne sera jamais remplacée. Nous ne devons donc attendre aucune nouvelle révélation publique, avant la glorieuse manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ" (Dei Verbum).

Je suis convaincu que si les Catholiques sont aussi désireux de recevoir des nouveaux messages et des nouvelles promesses, c'est parce qu'ils n'ont jamais réellement compris le doux message de la Bible. C'est ce livre béni qui nous a fait connaître notre Sauveur parfait, le Seigneur Jésus-Christ, qui remplit le cœur de Son Epouse bien-aimée d'une joie indicible !

A suivre.