Chapitre 12 : Et l'Eglise poursuit sa marche.

"Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l'Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen !" (Ephésiens 3 :20-21).

Près de deux mille ans se sont écoulés depuis le début de l'ère nouvelle. Tenter de se tracer une juste représentation de l'Eglise primitive, à une telle distance, serait une tâche impossible si nous n'avions pas le Livre des Actes pour nous guider. Les historiens peuvent seulement nous rappeler que nous ne savons pas grand-chose sur cette période de trente ans du Livre des Actes. Cela ne peut que mettre en valeur l'importance cruciale d'un tel récit.

Certains théologiens prétendent qu'il est impossible que Luc ait pu écrire les Actes avant la destruction du Temple de Jérusalem. Ils disent que Luc ne pouvait pas savoir à l'avance que le Temple serait détruit. Ils ne font que nier le fait que Jésus avait prophétisé cette destruction, quarante ans auparavant. Il semble pourtant clair, quand on considère la fin du Livre des Actes, que Luc a terminé sa rédaction alors que Paul était encore emprisonné à Rome, deux ans après son arrivée dans cette ville.

Le Livre des Actes peut être facilement confirmé par les récits historiques de cette époque. Nous savons que Félix fut gouverneur de la Judée de l'an 52 à l'an 59. Paul fut emprisonné à Césarée au cours des deux dernières années du mandat de Félix. Actes 27 :12 nous montre que Paul, au printemps de 59, n'était pas encore arrivé à Rome. Les deux années qu'il passa emprisonné dans la maison qu'il avait louée à Rome étaient donc les années 60 et 61. On suppose que Paul fut libéré en 62. Je ne peux pas imaginer qu'un ange soit apparu à Paul simplement pour lui dire qu'il devait comparaître devant César (Actes 27 :24), si Paul avait dû être condamné suite à cette comparution. Paul a donc été relâché en 62, à peu près au moment où Jacques était assassiné à Jérusalem. Festus était mort en fonctions en 62, et Jacques avait été assassiné avant l'arrivée du nouveau gouverneur, Albinus.

Nous disposons d'autres informations postérieures à l'an 62. Car Paul écrivit les deux épîtres à Timothée, ainsi que l'épître à Tite, après cette date. Comme l'a écrit un commentateur, "les événements, les noms et les lieux mentionnés dans ces trois épîtres pastorales ne peuvent pas être replacés dans le récit des Actes. C'est donc une bonne raison pour confirmer que Paul a continué à vivre après la fin du Livre des Actes". Certains prétendent que Paul comparut une nouvelle fois devant Néron en 68, et qu'il fut alors exécuté. D'autres affirment que la tradition chrétienne unanime certifie que Pierre et Paul ont tous deux été mis à mort à Rome, sous Néron. Mais le témoignage de cette "tradition chrétienne" n'est intervenu que bien longtemps après cette période. Comme beaucoup de "traditions" ont été reconnues comme fausses, on ne peut que considérer avec suspicion cette tradition-là également.

Paul a écrit à Timothée : "Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche" (2 Tim. 4 :6). Cela ne signifie pas nécessairement que Paul s'attendait à être martyrisé. Paul savait simplement que son œuvre était terminée, et qu'il allait bientôt mourir. Il ajouta : "J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi". Quand Paul nous dit qu'il a achevé sa course, cela nous permet de croire que ce ne sont pas ses ennemis qui l'ont arrêté dans sa course !

Quelle que soit la valeur que certaines églises attribuent au martyre, le Livre des Actes nous montre que Paul a bien souvent été délivré de la mort par la puissance miraculeuse de Dieu. Il m'est difficile de penser que Jésus-Christ ait pu finir par envoyer Paul au martyre, alors que Paul lui-même ne s'était nullement épargné pendant 35 ou 40 ans.

Il me semble donc tout à fait probable que Paul soit mort tranquillement dans son lit, satisfait d'avoir pu exercer pleinement son ministère, et d'avoir vu la puissance de Jésus-Christ se manifester dans sa vie, d'une manière que bien peu de Chrétiens ont pu eux-mêmes expérimenter par la suite. Quand Paul écrivait à Timothée, il devait avoir un peu plus de 60 ans. Ce n'était pas un âge très tendre, pour quelqu'un qui avait vécu autant de choses ! Tant d'épreuves, de naufrages, de flagellations, de lapidations, de périls, de jeûnes et d'emprisonnements ont certainement dû avoir des conséquences sur la constitution de Paul. Pourtant, Paul avait été délivré de toutes ces épreuves. Il dit, à la fin de la deuxième épître à Timothée : "Le Seigneur me délivrera de toute œuvre mauvaise, et il me sauvera pour me faire entrer dans son royaume céleste. A lui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen !" (2 Tim. 4 :18). Il est donc certain qu'aucune "œuvre mauvaise" n'a fait succomber Paul à la fin de sa vie. J'aimerais plutôt croire qu'il a été enlevé, comme Enoch, que de croire qu'une "œuvre mauvaise" l'a fait succomber. Il nous suffit de nous en tenir à ce que disent les Ecritures.

Au cours de son emprisonnement à Rome, en 60-61, Paul écrivit les épîtres aux Ephésiens, aux Philippiens et aux Colossiens, ainsi que l'épître à Philémon. Quand nous étudions ces épîtres à la lumière du Livre des Actes, nous bénéficions d'un contexte qui éclaire ces épîtres d'une manière extraordinaire. Quand nous comprenons à quels extrêmes Paul a accepté d'aller pour tenter de se réconcilier avec l'Eglise de Jérusalem, jusqu'à son dernier voyage à Jérusalem, nous pouvons comprendre ces trois épîtres d'une manière unique. Quand nous savons en outre que l'épître aux Galates a été écrite peu après le concile de Jérusalem, en 49, cela met glorieusement en valeur les épîtres aux Ephésiens, aux Philippiens et aux Colossiens. Il en est de même quand nous réalisons que l'épître aux Romains a été écrite environ trois ans avant le dernier voyage de Paul à Jérusalem. Cela met particulièrement en valeur ces trois épîtres. Elles constituent réellement la "règle de conduite et de foi" de l'Eglise de tous les temps.

Si ces trois épîtres aux Ephésiens, aux Philippiens et aux Colossiens étaient méditées et comprises dans l'esprit, pour être concrètement mises en pratique, il est impossible d'imaginer ce que la puissance et la grâce de Dieu pourraient accomplir comme changements dans le monde ! D'autant plus que ces épîtres sont courtes, cinq à six pages chacune. Ces épîtres sont trop longtemps restées cachées à trop de Chrétiens, pour la simple raison qu'elles sont trop glorieuses pour être crues ! Et le "parti de Jacques" avait trop d'intérêt à les garder cachées ! Mais c'est Jésus-Christ qui est le Chef de l'Eglise, ce ne sont pas les membres du "parti de Jacques" ! C'est le berger qui a la responsabilité de chercher et de retrouver les brebis perdues. De même, c'est Jésus-Christ qui continue à nous garder et à nous rappeler à Lui, pour nous empêcher de nous égarer.

Quand nous réalisons que les dizaines de milliers de Juifs convertis à Jérusalem, avant le dernier voyage de Paul à Jérusalem, avaient accès aux épîtres aux Galates, aux Thessaloniciens, aux Corinthiens, aux Romains, et, sans doute aussi, aux Hébreux, cela nous prouve à quel point leur cœur était endurci, et combien ils étaient spirituellement éloignés de Paul ! Cela nous permet de comprendre pourquoi ils voulaient tellement garder les Gentils sous leur autorité ! Il est évident qu'ils ne pouvaient pas réfuter ces épîtres. Ils ont donc voulu supprimer leur auteur. Mais Jésus-Christ a délivré Paul de leurs mains. Luc a consacré le dernier tiers de son Livre des Actes à cette délivrance, et à montrer que Paul avait fini par comprendre qu'il ne pouvait y avoir aucune réconciliation entre les enfants de l'esclave et les enfants de la femme libre. Ce seul fait montre que l'objectif de Luc n'était pas seulement de décrire l'expansion du Christianisme pendant les trente premières années de l'Eglise. Il est évident qu'il a voulu décrire les conflits qui existaient entre la loi et la grâce au sein de l'Eglise primitive, et mettre l'accent sur cette vérité sans prix : "Ma grâce te suffit !" (2 Corinthiens 12 :9).

L'appel de Paul devant Néron.

J'ai déjà mentionné la possibilité que Luc ait écrit le Livre des Actes pour constituer un dossier destiné à la défense de Paul, lors de son appel devant Néron. Cette possibilité s'accorde parfaitement avec la thèse centrale de mon livre, qui vise à prouver l'existence d'un conflit au sein de l'Eglise primitive. Un court examen de cette possibilité peut stimuler des recherches ultérieures sur ce sujet, tout en me permettant de résumer l'ensemble de mon étude.

Bien souvent, nous constatons, dans la Bible comme dans notre vie, que ceux qui s'efforcent de faire la volonté de Dieu ne se doutent pas vraiment de l'impact futur de leur œuvre. Par exemple, Martin Luther, quand il a publié ses 95 thèses pour les soumettre à l'examen critique des professeurs et des étudiants de théologie, ne se doutait nullement de l'impact révolutionnaire de ce travail, qui allait lancer la Réforme et changer la face du monde au cours des cinquante années qui ont précédé la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.

De même, Siméon (Luc 2 :25), quand le Saint-Esprit était sur lui et lui avait révélé qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Seigneur Jésus-Christ, ne pouvait pas savoir à quel point le monde changerait, suite à la venue de Christ. Siméon prit l'enfant Jésus dans ses bras et prophétisa : "Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations, et gloire d'Israël, ton peuple" (Luc 2 :29-32). Siméon ne pouvait pas savoir que ses paroles passeraient à la postérité, et que les Chrétiens du monde entier les liraient, depuis deux mille ans, avec des larmes de joie dans les yeux. Le salut en Jésus-Christ était si grand, la lumière qui illuminait les Gentils était si brillante, la gloire du Seigneur sur Son peuple, Israël, était si magnifique, que Siméon n'a certainement pas pleinement compris la portée des paroles qu'il prononçait. Il a été certainement béni au-delà de toute mesure par ce qu'il avait compris. Mais il n'avait compris qu'une petite partie de tout ce qui allait se produire par la suite !

Nous pourrions donner beaucoup d'autres exemples de la grandeur des plans de Dieu, qui dépassent tout ce que les hommes peuvent concevoir, même dans leurs conceptions les plus élevées et les plus pures ! De même, Luc pouvait avoir un objectif immédiat quand il a entrepris de rédiger le Livre des Actes. Mais il n'a sans doute pas pleinement évalué l'impact que son œuvre allait avoir, pendant les deux mille ans qui ont suivi. Il se peut que Luc ait écrit les Actes pour servir à la défense de Paul devant Néron. En fait, un tel objectif permettrait d'expliquer pourquoi le Livre des Actes se termine abruptement, au moment où Paul se sépare des Juifs qu'il avait convoqués dans la maison qu'il avait louée à Rome, peu avant de comparaître devant Néron.

Beaucoup se sont demandé pourquoi Luc n'a pas continué son récit, pour nous dire comment et quand Paul avait achevé sa vie. Ces questions peuvent trouver une réponse si nous acceptons le fait que Luc ait écrit les Actes pour défendre Paul devant l'Empereur Néron. Si Néron a donc eu l'occasion de lire le Livre des Actes avant le procès de Paul, s'il a pu faire effectuer toutes les enquêtes nécessaires pour vérifier le contenu de ce livre, s'il a pu convoquer des témoins oculaires pour confirmer les événements décrits, nous pouvons imaginer que ce procès ne fut pas une simple affaire de routine, mais qu'il a pu fortement intéresser Néron.

Néron a donc eu le temps d'étudier tout ce dossier, depuis l'arrivée de Paul à Rome (et peut-être même depuis bien plus tôt, au moment où le gouverneur Festus avait été révoqué et remplacé par Félix). Il a disposé de deux années pour étudier et faire vérifier les faits. Nous l'avons déjà vu, le Christianisme était déjà très répandu dans tout l'empire romain. Il se peut très bien que ce problème ait pu être considéré par Néron comme un conflit entre le Judaïsme et le Christianisme, et pas seulement comme un conflit entre Paul et le Souverain Sacrificateur de Jérusalem. Cette hypothèse peut vous sembler excessive, mais les faits nous montrent qu'elle est très plausible.

En l'an 49, l'année même où s'est tenu le concile de Jérusalem, l'Empereur Claude fit expulser les Juifs de Rome (dont faisaient partie Aquilas et Priscille), en raison de troubles causés par un "certain Chrestus". Si ce "Chrestus" historique n'était autre que Christ, et non pas un esclave inconnu, nous constatons que le Christianisme était déjà bien implanté à Rome, mais qu'il était considéré à ce moment-là comme faisant partie du Judaïsme. Ces conflits internes à une communauté de près de 60.000 Juifs établis à Rome finirent par exaspérer Claude. Par ailleurs, le fait que Néron ait rendu les Chrétiens responsables de l'incendie de Rome, en l'an 64, prouve que Chrétiens et Juifs étaient considérés comme deux communautés distinctes à cette époque. Les quinze années qui séparent ces deux événements correspondent à la deuxième moitié du Livre des Actes, et au moment où Paul a comparu devant Néron. Compte tenu de ces faits, il est parfaitement possible que Néron ait pris une décision en faveur de Paul, et qu'il ait aussi décidé de considérer dorénavant le Christianisme comme distinct du Judaïsme, comme le prouve le Livre des Actes.

Si Paul a bien été relâché en l'an 62, nous pouvons rappeler que Jacques a été assassiné cette même année, ce qui semble une coïncidence plus que curieuse. C'est aussi en 62 que le Souverain Sacrificateur fut destitué par le Roi Agrippa II, et que le gouverneur Festus mourut en fonctions d'une cause inconnue. Nous avons déjà vu, en considérant les faits relatés par le Livre des Actes, que Félix a sans doute été remplacé, en 59, en raison des problèmes causés par Paul. Le terrible incendie de Rome, en 64, ainsi que l'interruption des sacrifices offerts à César à Jérusalem, en 66, début de la guerre contre Rome, peuvent mieux s'expliquer si l'on admet que Néron avait décrété que le Christianisme était une religion distincte du Judaïsme, à la suite du procès de Paul. Une telle décision expliquerait beaucoup de choses, et permettrait aussi de comprendre comment l'Eglise Catholique Romaine aurait déjà pu commencer à se former à Rome, en tant qu'Eglise distincte de l'Eglise de Jérusalem.

On ne sait pas si les décisions du concile de Jérusalem, en l'an 49, ont continué à être appliquées après la destruction de l'Eglise de Jérusalem. Certaines données historiques nous prouvent toutefois qu'une église chrétienne composée de Juifs convertis a subsisté, église dirigée par des membres de la famille de Jésus. Hégésippe, un auteur chrétien d'origine Palestinienne, qui vécut autour de l'an 150, raconte que les membres de la famille de Jésus se réunirent, après la mort de Jacques, pour élire son successeur. Car un grand nombre des membres de la famille de Jésus, dans la chair, étaient encore vivants à cette époque. Si cela est vrai, il s'agit, là encore, d'un nouveau cas de népotisme dans l'église de Jérusalem. Certains historiens affirment aussi que "les Juifs ont probablement été les instigateurs des persécutions de Néron contre les Chrétiens". Cela prouverait aussi que les Juifs se sont nettement dissocié des Chrétiens, peu après l'appel de Paul devant Néron.

Néron fut empereur pendant 14 ans, de l'an 55 à l'an 68. Pendant les sept premières années de son règne, de 55 à 61, son empire fut apparemment bien administré, ce qui ne fut pas le cas pendant les sept dernières années. L'an 62 fut celui où Paul comparut devant Néron. Mais ce fut aussi l'année où de nombreux événements capitaux assombrirent le règne de Néron. Cette année-là, Brutus, le chef de la garde prétorienne, homme compétent et honnête, mourut. Sénèque, le conseiller de Néron, fut contraint de se retirer et, peu après, de se suicider. La disgrâce de Sénèque semble d'autant plus significative quand nous considérons le fait que Gallion, le proconsul d'Achaïe, qui ne voulut pas écouter les accusateurs de Paul dans Actes 18, était le frère de Sénèque. Ce même Sénèque avait écrit : "Les coutumes de cette race plus que maudite (les Juifs) se sont tellement répandues qu'elles sont à présent acceptées partout. Ce sont les vaincus qui ont fini par imposer leurs lois à leurs vainqueurs". Cette phrase nous permet de penser qu'en présence d'une confrontation entre Juifs et Chrétiens, Sénèque aurait probablement pris le parti des Chrétiens.

Il est difficile de croire que tous les changements dramatiques qui se sont passés dans l'Empire Romain en l'an 62, au moment même où Paul dut comparaître devant Néron, aient été de simples coïncidences. Les historiens nous apprennent qu'après les disparitions de Brutus et de Sénèque, des personnages avides et manipulateurs prirent de l'ascendant sur Néron, pour le plus grand malheur de l'empire. Compte tenu de l'importance de l'Eglise de Jérusalem, et de la rapide expansion du Christianisme dans tout l'Empire Romain, il n'est pas difficile de réaliser que l'appel de Paul devant Néron était au centre de toutes les intrigues qui se sont passées à Rome en l'an 62.

Le propre témoignage de Paul nous conduit à cette même conclusion. En effet, son emprisonnement à Rome eut un impact majeur dans cette ville. Dans Philippiens 1 :13, Paul écrit : "En effet, dans tout le prétoire et partout ailleurs, nul n'ignore que c'est pour Christ que je suis dans les liens". Si nous nous rappelons qu'aucune accusation sérieuse ne fut retenue par Festus contre Paul (Actes 25 :25-27), ni incluse dans le dossier que le gouverneur transmit à l'empereur, et que le ministère de Paul se poursuivit sans relâche pendant toutes les années où il fut emprisonné à Césarée et à Rome, nous pouvons très bien imaginer à quel point tout l'Empire Romain fut secoué par cette affaire, dans laquelle un citoyen romain avait été injustement accusé et traité.

Paul avait été emprisonné pour la seule raison qu'il prêchait l'Evangile. Il n'avait commis aucun crime (voir aussi Colossiens 4 :3). Au cours de son emprisonnement à Rome, Paul vit certainement s'ouvrir devant lui des portes aussi largement ouvertes qu'à Césarée, où il eut l'occasion de témoigner devant le Roi Agrippa II, qu'il "persuada en peu de temps de devenir Chrétien" ! A cette occasion, il put aussi s'exprimer librement devant le gouverneur romain, ainsi que devant tous les chefs militaires et les principaux citoyens de la ville de Césarée (Actes 26).

Dans Philippiens 4 :22, Paul ajoute : "Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de César". L'épître aux Philippiens a été écrite pendant l'emprisonnement de Paul à Rome. Il est impossible que Paul ait pu exagérer. Il faut donc reconnaître que l'Evangile a été prêché à des personnes qui appartenaient à la propre famille de l'empereur. Paul était très optimiste quant à sa libération (voir Philippiens 1 :24-26 et 2 :23-24). Nous devons penser qu'il avait de bonnes raisons de se montrer optimiste, compte tenu des expériences qu'il avait faites à Rome. Il est certain que si la propre famille de César comptait des Chrétiens enthousiastes, Paul pouvait se montrer optimiste.

Comment Néron aurait pu étudier le Livre des Actes.

Mettons-nous un moment à la place de Néron, assis à son bureau et lisant le rapport rédigé par Luc pour la défense de Paul. Cela nous permettra peut-être de mieux comprendre si l'un des objectifs de Luc, en écrivant le Livre des Actes, était bien d'établir un document qui devrait être présenté à l'empereur lors du procès de Paul.

Nous aurions tout de suite remarqué l'introduction de Luc : "Théophile, j'ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner dès le commencement…" (Actes 1 :1). Nous aurions alors demandé au fonctionnaire de service : "Quel est donc ce "premier livre" ?" Nous aurions demandé que l'on nous fasse un bref résumé de l'Evangile de Luc, puis nous aurions demandé : "Qui est donc ce Théophile ?" A moins que nous ayons immédiatement compris que ce document nous était personnellement adressé, et que "Théophile" ("Aimé de Dieu", en grec) était une expression qui nous concernait directement, nous, l'Empereur Néron. Nous aurions pu alors sourire et penser que "la flatterie ne nous influencera pas", tout en étant satisfait de penser que Dieu pouvait aimer l'Empereur !

Il faut remarquer que, dans l'Evangile de Luc (Luc 1 :3), l'évangéliste s'adresse au même Théophile, en faisant précéder ce nom de l'adjectif "kratistos", qui signifie "très excellent". "Kratistos" concerne toujours un personnage très noble et très puissant. Cet adjectif n'est utilisé que quatre fois dans le Nouveau Testament, uniquement par Luc : au début de son Evangile, comme nous venons de le voir ; "Kratistos Felix" (Très excellent gouverneur Félix), dans la lettre du tribun Claudius Lysias au gouverneur Félix (Actes 23 :26) ; "Kratistos Felix" (Très excellent Félix), lorsque Paul s'adresse au gouverneur dans Actes 24 :3 : "Kratistos Festus" (Très excellent Festus), quand Paul répond à Festus dans Actes 26 :25).

Comme "Théophile" est formé de deux mots grecs, Theos (Dieu) et phileo (aimer), la signification littérale de ce prénom est "aimé de Dieu". Par conséquent, au lieu de dire que Luc a écrit son Evangile et les Actes des Apôtres à un "illustre inconnu", comme le disent la plupart des commentateurs, pourquoi ne pas penser que Luc ait pu adresser ses ouvrages à César lui-même, en tant "qu'aimé de Dieu", et "très excellente personnalité" ? Certes, il est aussi possible que le destinataire de cet ouvrage ait bien été quelque "illustre inconnu", mais il n'est pas déraisonnable de penser que César lui-même ait pu être aussi ce destinataire. Compte tenu du culte dont bénéficiait l'empereur, le fait d'écrire "Kratistos Nero" (Très excellent Néron) n'aurait pas eu le même impact que celui d'écrire "Kratistos Theophilus" (Très excellent bien-aimé de Dieu) ! Nous devons donc considérer sérieusement l'hypothèse que Luc ait pu écrire ses livres à l'intention de l'empereur lui-même.

Poursuivant notre lecture des Actes, nous, Néron, aurions sans doute considéré le premier chapitre comme un simple mythe religieux. Nous aurions pu noter que nous devions faire convoquer l'un des apôtres pour vérifier si Jésus-Christ leur avait bien parlé après Sa résurrection. Nous aurions aussi conclu que ce chapitre s'accordait parfaitement avec les croyances de Paul, croyances jugées ridicules par Festus. Le verset 6 nous aurait montré que près de trente ans s'étaient écoulés depuis cet événement, et que Jésus-Christ n'avait pas représenté une menace sérieuse pour l'empire romain, mais qu'il semblait en représenter une pour cette ennuyeuse nation d'Israël. Le verset 8 nous aurait fait comprendre que ce Jésus-Christ voulait que ses disciples soient des témoins, et non des conquérants militaires ou politiques. Nous aurions vite compris que les apôtres ne constituaient pas une force politique dangereuse à Jérusalem. Cela nous aurait conforté dans notre opinion que Jésus-Christ ne représentait pas une grave menace pour notre empire.

Nous aurions sans doute demandé à un fonctionnaire de faire une enquête approfondie sur les circonstances de la mort de ce Jésus-Christ. Nous aurions noté avec intérêt que des ténèbres s'étaient abattues sur l'empire pendant trois heures, au moment de la mort de cet homme. Actes 2 :20 nous aurait rappelé cet événement. Nous aurions aussi appris que "le voile du Temple s'était déchiré du haut en bas" (Luc 23 :45). Nous aurions pu faire remarquer à notre fonctionnaire que le Souverain Sacrificateur avait dû être dans tous ses états en apprenant que le Lieu Très Saint, déjà vide, était exposé à la vue de tous. Nous aurions aussi remarqué que la préparation de la Pâque avait dû être fortement perturbée par ces ténèbres en plein milieu du jour. Il devait être difficile de mettre à mort les milliers d'animaux et d'agneaux qui devaient être sacrifiés pour la fête.

En lisant que Matthias avait été choisi pour remplacer Judas, nous aurions noté qu'il fallait savoir pourquoi Jacques, le frère de Jésus, n'avait pas été sélectionné. Au chapitre 2, nous aurions remarqué avec intérêt que trois mille personnes s'étaient converties le jour de la Pentecôte. Nous aurions fait faire une enquête pour savoir comment Jérusalem s'était "comportée" depuis l'an 30. Nous aurions même pu faire convoquer Pierre, s'il ne se trouvait pas à Babylone, ou hors d'atteinte, pour qu'il nous confirme lui-même les événements relatés dans Actes 2.

Les chapitres 3 à 7 nous auraient montré que le Souverain Sacrificateur et le Sanhédrin des Juifs avaient des problèmes incessants avec les Chrétiens. Nous aurions probablement pensé, en souriant, que le conflit entre Paul et le Sanhédrin avait des racines lointaines et profondes. La lapidation d'Etienne et le chapitre 8 nous auraient clairement montré que Paul était considéré comme un traître par le Souverain Sacrificateur et ses associés. Nous aurions compris que Paul n'était pas "le premier venu", et que cela ne l'avait pas empêché de se convertir à Jésus-Christ.

Poursuivant notre lecture, nous aurions noté que des "multitudes" se convertissaient, de même qu'une "foule de sacrificateurs". Si Luc avait exagéré, cela aurait discrédité tout son dossier. Nous aurions fait vérifier que ces informations étaient bien exactes, et nous aurions compris à quel point ces Chrétiens pouvaient gêner sérieusement le Souverain Sacrificateur. Les problèmes du Souverain Sacrificateur nous laissaient plutôt indifférent, car nous connaissions les ennuis incessants que nous causaient le peuple Juif, parmi tous les autres peuples de notre empire. En fait, nous commencions même à penser que ces Chrétiens pourraient tenir le Judaïsme en échec, et que cela ne pourrait que profiter à l'Empire Romain. En tant qu'empereur, nous commencerions alors à étudier sérieusement la possibilité de reconnaître le Christianisme comme une religion distincte du Judaïsme. Une telle décision ne pouvait qu'être bonne pour l'Empire Romain.

Le discours d'Etienne devant le Sanhédrin, puis son assassinat, nous auraient conforté dans le sentiment que Luc voulait montrer que le Christianisme était bien distinct du Judaïsme. Nous aurions convoqué un expert, qui nous aurait fait remarquer qu'Etienne citait dans son discours de Pentateuque samaritain, et non le texte massorétique. Nous aurions conclu qu'Etienne était probablement d'origine samaritaine, et qu'il n'était pas un Juif de pure souche.

L'histoire de la nation juive, retracée dans le discours d'Etienne, nous semblerait en faveur de la position des Chrétiens, et en défaveur de celle du Souverain Sacrificateur. Nous aurions relevé le fait que les sept diacres étaient composés de Grecs, dont un prosélyte d'Antioche, et que les disciples furent appelés "Chrétiens" pour la première fois à Antioche. Cela nous aurait conforté dans notre projet de reconnaître le Christianisme comme une religion distincte du Judaïsme. En outre, apprenant que Luc était un médecin d'Antioche, et non un sacrificateur de Jérusalem, cela nous aurait fait considérer son récit comme plus crédible, surtout si Luc était un Gentil et non un Juif (comme la plupart des théologiens l'affirment depuis 150 ans ; si Luc était un Gentil, il possède donc l'unique distinction d'être le seul auteur Gentil, parmi tous ceux qui ont écrit la Bible).

La "grande persécution" subie par l'Eglise de Jérusalem aurait sans doute attiré notre sympathie. Apprenant que Paul avait été un persécuteur avant sa conversion, nous aurions fait enquêter sur ses activités depuis sa conversion, pour savoir s'il représentait une menace pour l'Empire Romain. Constatant qu'il n'avait créé aucune "organisation", qu'il n'avait aucune fortune personnelle, aucun "quartier général", ni aucune "base de pouvoir", choses susceptibles de représenter une menace pour Rome, apprenant en outre qu'il était originaire de Tarse, qu'il avait passé peu de temps à Jérusalem au cours des vingt-cinq dernières années, et qu'il avait pourtant provoqué de grands troubles au milieu des Juifs de Jérusalem et de la diaspora, nous aurions éprouvé pour cet homme une certaine sympathie. Il était clair que cet homme n'avait commis aucun crime. En fait, il apportait même des dons en argent à Jérusalem quand il faillit y être tué.

Nous aurions ensuite remarqué que les enseignements de Paul au milieu des nations n'avaient causé aucun problème à l'Empire Romain. Notre attention aurait été attirée par le fait que le proconsul Sergius Paulus avait été favorable à Paul, que Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le Tétrarque, était docteur à Antioche (Actes 13), que les Juifs avaient provoqué des troubles contre Paul à Antioche de Pisidie (Actes 13), ainsi qu'à Icone (Actes 14). Dans Actes 10 et 11, nous aurions noté avec intérêt la conversion du centenier Corneille. Nous aurions sans doute fait enquêter sur sa personne, pour vérifier si sa "conversion" avait eu des conséquences négatives dans sa vie et en ce qui concerne les intérêts de l'Empire Romain, au cours des vingt dernières années. La longueur du récit de Luc consacré à la conversion de Corneille ne nous aurait pas échappée. Après la lecture de ce récit, nous aurions plutôt pris le parti de Corneille et de Pierre, plutôt que celui de Jacques et de l'Eglise de Jérusalem.

Nous aurions aussi remarqué que le Roi Hérode Agrippa I, après avoir fait assassiner l'apôtre Jacques et emprisonner Pierre, était mort rongé par les vers, frappé par un ange. Cela nous aurait mis un peu mal à l'aise et nous aurait fait nous tortiller un peu sur notre fauteuil. En fait, cela nous aurait poussé à relire tout le chapitre 12, juste pour vérifier si Luc n'avait pas voulu insinuer une menace à l'encontre de l'Empereur de Rome. A cette occasion, nous aurions remarqué que Pierre, une fois libéré, avait demandé de prévenir Jacques, le frère de Jésus. Cela nous aurait poussé à ordonner une enquête complète sur ce Jacques, sur ses relations, son influence réelle, et sur son attitude envers Rome. Si nous avions eu l'occasion de lire son épître, nous aurions remarqué qu'il n'était pas très tendre envers les riches, et qu'il avait aussi écrit : "Que le frère de condition humble se glorifie de son élévation. Que le riche, au contraire, se glorifie de son humiliation ; car il passera comme la fleur de l'herbe" (Jacques 1 :9-10). Nous n'aurions pas pu nous empêcher de penser qu'il était un "incitateur au désordre public". Ensuite, en découvrant dans les Actes qu'il était le chef d'un parti de "dizaines de milliers de Juifs qui avaient cru", nous aurions sans doute conclu que c'était un homme dangereux.

Nous aurions sans doute aussi noté avec intérêt, dans Actes 14, que des Juifs d'Antioche de Pisidie et d'Icone étaient venus à Lystre pour lapider Paul et le jeter hors de la ville, le laissant pour mort. Nous aurions fait faire une enquête à Lystre pour demander aux autorités romaines locales si les actions de Paul avaient été préjudiciables à l'empire, ou si elles lui avaient été bénéfiques. En fait, nous aurions ordonné des enquêtes dans tous les lieux où Paul s'était rendu, pour demander aux autorités quelle était leur opinion sur Paul.

Dans Actes 15, nous aurions constaté que l'Eglise de Jérusalem, dirigée par Jacques, avait tenté d'étendre son autorité au-delà des limites de Jérusalem. Nous aurions ordonné d'étudier quelle avait été la croissance du Judaïsme depuis l'an 30, pour voir quelle avait été son influence sur l'Empire Romain. Si cette étude nous avait montré que cette religion s'était considérablement accrue, en nombre de convertis et en richesses, nous en aurions conclu que Jacques et tous ceux qui le suivaient à Jérusalem représentaient une menace très sérieuse pour Paul.

Dans Actes 16, nous aurions remarqué avec intérêt que Paul avait été emprisonné illégalement à Philippes, et qu'il avait convoqué les magistrats de la ville dans la prison pour qu'ils lui présentent des excuses, pour avoir emprisonné un citoyen romain sans motifs. Nous aurions ordonné une enquête pour savoir de quelle manière la conversion du geôlier avait influencé sa vie, et quelle était son attitude actuelle envers l'Empire Romain.

Dans Actes 17, lors du récit du séjour de Paul à Athènes, nous aurions remarqué que le Dieu que Paul prêchait n'était pas le Dieu des Juifs seulement, mais le Dieu de toute l'humanité. Bien que nous pensions que cet enseignement pouvait menacer le culte rendu à César, dans le fond de notre cœur, nous savions bien que nous n'étions pas Dieu. Ce "culte divin" rendu à César n'était qu'une mesure politico-religieuse destinée à fidéliser les peuples à Rome, et non à gagner des convertis à une nouvelle religion meilleure que les autres. Le discours de Paul à Athènes ne nous paraissait pas menacer l'obéissance que les sujets de l'empereur lui devaient.

Dans Actes 18, nous aurions été impressionné de voir que les Juifs de Corinthe s'étaient unanimement soulevés contre Paul, et que le proconsul local, Gallion (sans doute d'accord avec son frère Sénèque), nous aurait probablement conseillé de prendre le parti des Chrétiens, et de nous opposer aux agissements du Souverain Sacrificateur et des autorités de Jérusalem. Nous aurions été curieux d'entendre Paul présenter devant nous sa défense, pour savoir comment un tel homme pouvait susciter une telle haine de la part des Juifs, tout en attirant constamment la sympathie des autorités romaines.

Dans Actes 19, nous n'aurions sans doute pas cru que Paul avait accompli autant de miracles à Ephèse, au cours de son séjour de deux ans et demi dans cette ville. Nous aurions fait enquêter par les autorités romaines pour savoir si les actions de Paul avaient causé du tort à l'empire. Nous aurions aussi pu demander à Luc de nous dire qui étaient ces "Asiarques" (chefs de la province de l'Asie) qui étaient les amis de Paul, pour savoir s'ils s'étaient comportés de manière subversive, ou s'ils étaient restés de fidèles sujets de Rome. Quant aux problèmes causés par Paul à l'orfèvre Démétrius et à ses associés, qui fabriquaient des petits temples en argent pour les dieux d'Ephèse, nous aurions sans doute dit : "Un bon point pour toi, Paul ! Cette Diane des Ephésiens n'est même pas un dieu !"

En arrivant à Actes 20, nous aurions compris que nous étions au cœur du problème. Paul s'était rendu à Jérusalem, et avait failli y être tué. Il aurait été mis à mort, si Claudius Lysias et les soldats romains ne l'avaient pas secouru. Nous aurions remarqué, avec une irritation croissante, qu'il n'y avait toujours aucune accusation sérieuse portée contre Paul, qui avait dû faire appel devant nous à Rome, à cause de la haine que les Juifs lui vouaient. Claudius Lysias n'avait rien trouvé de mal en Paul. Félix n'avait rien trouvé de mal en lui. Et pourtant, les Juifs avaient tout fait pour faire remplacer Félix, parce que ce dernier ne voulait pas leur livrer Paul. Le gouverneur voulait relâcher Paul. Festus non plus n'avait rien trouvé de mal en Paul, qui avait même réussi à persuader le Roi Agrippa de devenir Chrétien. Agrippa pensait que Paul aurait pu être libéré. Nous n'aurions pas manqué de remarquer que la sœur du Roi Agrippa, Drusille, était la femme de Félix, et que Félix et Drusille avaient souvent parlé avec Paul pendant deux ans, avant que Félix soit révoqué. Nous en aurions probablement conclu qu'Agrippa et Drusille, tout comme Félix et Bérénice, avaient souvent parlé du Christianisme avec Paul, et que l'intérêt que manifestait Agrippa pour le discours de Paul n'était certainement pas un intérêt superficiel. Nous aurions fait aussi remarquer à notre fonctionnaire de service qu'Agrippa avait jugé bon de réunir un formidable auditoire de personnalités illustres pour écouter Paul. Nous en aurions conclu que tous les faits étaient en faveur de Paul, de l'avis même de tous les Romains, et que même le Roi Agrippa II, le Roi des Juifs, était du côté de Paul.

En achevant la lecture de ce document de 45 pages soumis par Luc pour la défense de Paul, nous aurions noté avec intérêt que le navire qui transportait Paul à Rome avait subi un naufrage, et qu'un ange de Dieu avait dit à Paul qu'il devait comparaître devant César, et qu'aucun des passagers du bateau ne périrait. En lisant le récit de la rencontre finale de Paul avec les Juifs de Rome, nous aurions probablement dit : "C'est bien, Paul ! Il était temps que tu en finisses avec ces gens !"

Le Livre des Actes a-t-il été écrit à l'intention de César ?

Le petit exercice que nous venons de faire, en imaginant César étudiant le Livre des Actes, n'était pas destiné à nous faire mieux comprendre ni les Actes ni Néron. Je voulais simplement savoir si ma suggestion, consistant à considérer les Actes comme un document destiné à la défense de Paul, pouvait avoir quelque mérite. Pour moi, il est clair que cette suggestion présente un intérêt évident, comme le petit exercice ci-dessus a pu nous le montrer. On pourrait écrire des ouvrages entiers sur ce sujet, sous l'angle de l'Histoire Romaine, dans une perspective Juive, et dans une perspective politique et psychologique. Il est très intéressant de constater que cette hypothèse ne semble pas avoir intéressé beaucoup de monde jusqu'à présent.

Si Luc avait eu un tel objectif en écrivant son livre, cela n'aurait rien enlevé à l'inspiration divine des Actes. Je crois que Dieu aurait très bien pu révéler quand même à Luc ce qu'il devait écrire, et de quelle manière l'écrire. Il s'agit d'un document étonnant, surtout si l'on considère le fait qu'il ne représente qu'un peu plus d'une quarantaine de pages. Le livre que vous êtes en train de lire est nettement plus long, et ne peut certainement pas être comparé au Livre des Actes, quant à son contenu et à son impact ! Des milliers de pages ont été écrites sur le Livre des Actes, comme un tribut à la position unique que ce livre continue d'occuper aujourd'hui encore. Même les livres qui ont été écrits pour discréditer les Actes démontrent à quel point il s'agit d'un document puissant, pour qu'on lui accorde autant d'attention. J'espère que mon livre vous montrera que la richesse du Livre des Actes est loin d'être épuisée, même après deux mille ans. Si mes efforts aboutissent à une relecture sérieuse du Livre des Actes, j'aurai atteint mon but. J'espère avoir contribué à prouver que le Livre des Actes est un ouvrage fondamental pour le Christianisme aujourd'hui.

En outre, si nous nous rappelons que Jacques fut assassiné sur l'ordre du Souverain Sacrificateur à peu près au même moment où Paul comparaissait devant Néron, en l'an 62, nous pouvons imaginer le dilemme auquel se trouvaient confrontés Jacques et les "dizaines de milliers" de Juifs convertis, si Néron avait décrété que la religion chrétienne était à présent considérée comme une religion à part entière, distincte du Judaïsme. C'est ce même dilemme auquel furent confrontés les Juifs, qui déclenchèrent la guerre contre Rome en l'an 66, en faisant cesser le sacrifice quotidien offert en l'honneur de César dans le Temple. C'est ce même dilemme qui a pu provoquer la terrible guerre civile qui a fait rage en Israël, en même temps que la guerre contre Rome. Si Néron avait acquitté Paul en déboutant les Juifs de Jérusalem, il se peut très bien que les actions des Juifs, dans les années qui suivirent cet acquittement, aient été conduites en réaction à cette décision de l'empereur. Même l'incendie de Rome, en 64, aurait très bien pu être une action subversive fomentée par des Juifs de Jérusalem, pour détruire Rome et rendre les Chrétiens responsables de cette destruction.

Certes, il s'agit là de suggestions et de spéculations, qui ne sont pas concluantes. Mais elles peuvent alimenter des recherches ultérieures, et permettre de réexaminer l'interprétation traditionnelle des événements qui ont conduit à la destruction de Jérusalem, et à la disparition d'Israël en tant que nation. Si j'ai pu contribuer à cela, mon travail n'aura pas été inutile.

Notre réaction personnelle devant le Livre des Actes.

Ayant étudié le Livre des Actes en détail, nous devons à présent nous poser cette question : "Quelles sont les conséquences de tout cela pour ma vie présente ?" Ou encore : "De quelle manière ces informations peuvent-elles nous encourager ?" J'espère que cette étude du Livre des Actes nous aura montré que l'Eglise, le Corps de Christ, est bien plus qu'un groupe de gens qui se réunissent le dimanche matin pour chanter des cantiques, entendre un sermon et prier. La vie d'un Chrétien consiste avant tout en une relation personnelle avec Jésus-Christ, avant d'être une relation avec d'autres individus. Notre tâche primordiale est de réconcilier des hommes et des femmes avec Dieu, pas de les attirer dans notre groupe ou dans notre église. Les hommes et les femmes se réconcilieront entre eux, s'ils se réconcilient tout d'abord avec Dieu. Nous perdrons notre temps et nos efforts si nous essayons de réconcilier des hommes entre eux, sans qu'ils soient d'abord réconciliés avec Dieu. L'Evangile social annoncé par diverses églises et groupes chrétiens est dépourvu de toute puissance spirituelle. Ce dont le monde a besoin, c'est d'expérimenter la vraie puissance de Dieu, pas la puissance cérébrale des hommes. Une nouvelle approche des Actes nous donnera une perspective nouvelle, et nous montrera de quelle manière nous devons vivre avec d'autres Chrétiens aujourd'hui. Il est clair que la vie chrétienne est bien plus grande que le fait "d'aller à l'église le dimanche" !

Nous pouvons recevoir le salut en un instant. Quand nous comprenons que notre vie n'a aucune valeur si Jésus-Christ ne la dirige pas, nous ne pouvons que L'accepter comme notre Seigneur, et recevoir une vie nouvelle en Lui. Nous prenons une position de serviteur, sous la Seigneurie de Jésus-Christ, et nous découvrons que cette position est bien supérieure à toutes celles que peuvent occuper les impies, celles qu'ils peuvent obtenir par leurs efforts personnels, ou celles que peuvent leur offrir le monde, dans son goût pour la puissance, le prestige et le succès. Un vrai serviteur de Jésus-Christ n'éprouve plus aucun désir de dominer les autres, d'être reconnu ou d'acquérir les biens dans ce monde. Même la réalisation que nous sommes des enfants de Dieu, et que nous pouvons manifester la puissance de Dieu, n'a de valeur que quand nous comprenons que tout cela nous est donné par grâce, et pas parce que nous aurions la moindre supériorité sur les autres. Dieu nous donne toutes choses pour que nous soyons pleinement équipés pour servir Jésus-Christ notre Seigneur.

Il semble évident qu'un Chrétien qui vient de se convertir ne doit pas avoir de grands problèmes à marcher en serviteur de Jésus-Christ. Il comprend ses limites, et il découvre les trésors de la Parole de Dieu. Comme un petit enfant, il est plein d'énergie, de curiosité, d'enthousiasme et d'ouverture d'esprit. Il pense à Dieu et aux choses de Dieu jour et nuit. Il est entré dans un monde entièrement nouveau. Il comprend que la "méditation" chrétienne n'est pas une œuvre rituelle qu'il doit accomplir sous la contrainte, mais qu'elle lui permet de réfléchir et d'étudier en profondeur la Parole de Dieu. C'est dans la nature d'un "enfant en Christ" de faire ces choses tout le temps. On n'a pas besoin de lui demander de "prier sans cesse", parce qu'il prie tout le temps sans effort. Sa prière n'est pas quelque chose de formaliste. Il n'a pas besoin de se mettre à genoux et de croiser les mains. Sa prière est une demande, une question, une interrogation. Comme un petit enfant, un Chrétien nouvellement converti n'a aucune honte à demander à Dieu : "Qu'est-ce que c'est ?", "Comment ça marche ?", "Est-ce que je peux avoir cela ?". Il n'hésite pas à poser une question que tous les enfants posent sans cesse : "Pourquoi ?"

Mais qu'arrive-t-il à ce Chrétien quand il commence à grandir ? Où en est-il, dix ou vingt ans après sa conversion ? S'est-il "trouvé une place" dans le monde ? A-t-il cessé de demander, d'interroger et de questionner son Père Céleste ? La Parole de Dieu est-elle toujours pour lui une nourriture succulente et fortifiante, une source de vie et de révélation, comme c'était le cas quand il était un "bébé" ? Les soucis du monde ont-ils étouffé son enthousiasme ? S'est-il "installé" sur cette terre ? A-t-il oublié le Ciel ? A-t-il trouvé une "voie de garage" dans quelque église ? A-t-il décidé de "suivre un leader", au lieu d'être lui-même un serviteur actif de Jésus-Christ ? Ou bien a-t-il cessé de fréquenter les églises, pour ne garder de sa vie chrétienne que quelques désirs pris pour des réalités ?

Ce sont des questions gênantes à poser, car la Chrétienté semble surtout se soucier aujourd'hui d'amener des âmes au salut, sans se préoccuper de les conduire à la maturité en Christ. On dépense beaucoup plus de temps, d'efforts et d'argent pour conduire un enfant à sa maturité physique, que pour conduire un nouveau Chrétien à la maturité spirituelle ! Bien souvent, un Chrétien croit avoir atteint la maturité spirituelle, simplement parce qu'il est converti depuis vingt ans, qu'il a fait des études, qu'il a une bonne profession, et qu'il a élevé sa propre famille. Mais les impies de ce monde font la même chose. Ce genre de maturité n'a rien à voir avec la maturité spirituelle. En Amérique, le développement de l'école à la maison nous a permis de mieux élever nos enfants dans le Seigneur, et à les instruire dans Sa Parole (Ephésiens 6 :4). Mais qu'en est-il de quelqu'un qui se convertit à l'âge adulte ? Comment va-t-il recevoir la formation nécessaire pour atteindre la maturité spirituelle ?

Selon Hébreux 5 :14, "la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal". Le verset précédent dit ceci : "Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice ; car il est un enfant". Il est donc évident qu'il y a deux sortes de Chrétiens, les "enfants", et les "hommes faits". Sur le plan physique, les bébés sont merveilleux ! Mais si un bébé qui ne grandit pas et ne mûrit pas pendant vingt ans, c'est une tragédie ! De même, si un enfant grandit normalement pendant vingt ans, pour retomber en enfance par la suite, ce serait également tragique ! Et pourtant, on trouve souvent ce genre de tragédie chez des Chrétiens, qui auraient dû atteindre l'état adulte depuis longtemps ! Paul parle aux Galates de cette "régression spirituelle" : "Mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ?" (Galates 4 :9).

Les Chrétiens devraient attacher beaucoup d'importance au fait de prévenir ou d'empêcher une telle évolution. De même que nous désirons que nos enfants grandissent et deviennent des adultes responsables et compétents, nous devons aussi désirer que tout "Chrétien enfant" grandisse et "quitte la maison" pour occuper sa place de Chrétien adulte et mûr, pleinement équipé pour se nourrir de "bonne viande" et pour servir efficacement le Seigneur Jésus-Christ. Comme l'a fait remarquer un auteur, une éducation religieuse ne permet que d'arriver au stade de l'obéissance, mais pas de parvenir à une stature spirituelle suffisante pour juger et agir de manière indépendante. Ce genre d'éducation ne permet pas à un enfant de grandir, mais le maintient à l'état d'enfant.

Je désire sincèrement que cette étude du Livre des Actes permette aux Chrétiens de mieux ressentir le besoin de former des "adultes" en Christ. C'est un élément important dans le contraste que j'ai souligné entre Paul et Jacques. Paul était avant tout un enseignant. Jacques avait tendance à décourager les enseignants (voir Jacques 3 :1). Non seulement Paul était un enseignant, mais il encourageait le ministère d'enseignant aussi souvent qu'il le pouvait. Cela se voit clairement tout au long de ses épîtres, comme dans le Livre des Actes. Paul désirait ardemment que la Parole de Dieu soit enseignée, et qu'elle soit au centre de la vie de tous les Chrétiens. La Bible est réellement notre "manuel de base", notre "carte routière", et notre nourriture vitale.

Le Chrétien ne peut pas se permettre de négliger l'étude de la Parole de Dieu, ni de considérer une telle étude comme un luxe ou un loisir. Il ne peut pas se reposer sur les connaissances brillantes de quelqu'un d'autre. Il ne doit pas non plus se contenter des connaissances bibliques de ceux qui l'entourent. Etudier la Parole de Dieu ne se fait pas dans un esprit de compétition. C'est un besoin vital pour tous les Chrétiens. De même que nous ne sommes pas nourris par ce que nos voisins de table peuvent manger, nous ne serons pas vraiment nourris si nous comptons sur les talents de ceux qui étudient la Parole de Dieu.

En tant que serviteurs de Christ, nos efforts ne doivent pas dépendre des performances de nos frères et de nos amis ! Paul a dit : "Nous n'osons pas nous égaler ou nous comparer à quelques-uns de ceux qui se recommandent eux-mêmes. Mais, en se mesurant à leur propre mesure et en se comparant à eux-mêmes, ils manquent d'intelligence" (2 Cor. 10 :12). Toutefois, notre efficacité, en tant que serviteurs, ne dépend pas uniquement de notre compréhension de la Parole de Dieu. La Parole nous rend "sages à salut" (2 Tim. 3 :15). Elle est notre "épée de l'Esprit" (Ephésiens 6 :17). Elle est "la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit" (Romains 1 :16). Nous ne devons donc pas l'étudier en nous fixant certaines règles arbitraires. Nous devons nous demander si nous nous équipons suffisamment pour être des serviteurs de Jésus-Christ toujours plus efficaces. En apprenant plus, nous pouvons agir plus. En étudiant la Parole de Dieu, nous ne devons pas être motivés par un esprit de condamnation, de culpabilité ou d'inadéquation. Nous devons le faire avec reconnaissance et de tout notre cœur, pour Dieu et non pour les hommes. Quelles que soient nos capacités mentales et physiques, nous devons les utiliser au maximum. Le fait de réaliser que Dieu nous aime nous poussera à étudier la Parole de Dieu, quel que soit notre niveau spirituel dans le plan de Dieu.

L'université de Dieu.

Quelqu'un a comparé l'Eglise organisée à notre système d'enseignement supérieur. Comme pour l'Eglise, l'enseignement supérieur fonctionne à deux niveaux distincts. Le premier niveau est le niveau visible, celui des bâtiments, des programmes, du corps professoral, des conseils de direction, des publications et des conventions nationales et internationales. Le second niveau est celui de la recherche et des idées nouvelles. C'est un niveau informel qui ne dépend pas du premier niveau.

De même, à un premier niveau, l'Eglise visible fonctionne avec ses bâtiments, sa hiérarchie, ses programmes et ses événements divers. Cet auteur a aussi fait remarquer que l'Eglise fonctionne également à un deuxième niveau, invisible, et indépendant de l'Eglise visible organisée. A ce niveau informel, il n'est nullement besoin de bâtiments, de programmes et de hiérarchie. C'est le domaine des idées, des découvertes nouvelles, et celui de la vérité. A ce niveau, il n'est souvent besoin que d'un enseignant et d'un étudiant, bien que la même personne puisse remplir ces deux fonctions à des moments différents.

Parfois, l'Eglise visible est menacée par l'Eglise invisible, quand une nouvelle découverte, une remise en question des vieux axiomes, ou un nouveau concept révolutionnaire menacent l'ordre établi ou embarrassent une "autorité reconnue". Contrairement aux gens du commun, qui considèrent souvent un expert comme un homme ordinaire en "mission spéciale", ceux qui appartiennent au corps de l'enseignement supérieur accordent souvent une grande importance aux compétences académiques et à la position dans l'organisation visible. Il en est de même pour l'Eglise visible organisée. C'est une manière pour elle de faire savoir ce qu'elle entend par "expertise".

Il est clair que tout le monde préfère quelqu'un de bien formé pour occuper un poste, plutôt que quelqu'un de moins bien formé. Toutefois, quand il s'agit d'enseigner la Parole de Dieu, une "bonne formation" ne se mesure pas à la qualité des diplômes obtenus. Il est moins facile de mesurer cette compétence que dans le cas d'un scientifique ou d'un linguiste. Cette compétence pour enseigner la Parole s'acquiert dans une vraie communion avec Dieu. Elle exige une formation du cœur et de la tête. Il est possible d'acquérir une telle formation dans une école ou un institut biblique, Mais elle peut très bien être acquise sans passer par ces établissements.

Une formation réellement spirituelle n'est certainement pas la prérogative exclusive des écoles et des instituts bibliques. Après tout, ces écoles n'enseigneront que ce qui est considéré comme acceptable par l'organisation établie. Mais aucune dénomination ni aucune église ne peuvent annexer le Christianisme à leur profit, pas plus que le Christianisme judaïsant n'a pu "annexer" les Gentils qui se sont convertis au Seigneur. Les différents groupes chrétiens doivent reconnaître qu'ils ne sont qu'une petite partie de l'Eglise, et que leurs règles et principes propres ne suffisent pas à définir l'ensemble de la Chrétienté. Quand nous vivons une vie de serviteur, nous comprendrons que c'est Jésus-Christ Lui-même qui définit ce que doit être notre vie chrétienne. Un serviteur qui veut contrôler et commander d'autres serviteurs ne peut pas être ce que Jésus voudrait qu'il soit.

Le principe même des écoles bibliques n'est certainement pas mauvais en soi. Leur seul danger réside dans leur tendance à devenir exclusives. Par exemple, les séminaires théologiques Luthériens n'admettent pas que l'on publie des critiques contre eux sans manifester leur opposition, tout comme l'Eglise Catholique a fini par expulser Luther de ses rangs quand il eut publié ses "95 thèses". La conséquence, c'est que Luther a fini par créer l'Eglise Luthérienne, qui s'est en grande partie organisée sur le modèle de l'Eglise Catholique. Ces deux églises n'ont manifestement pas fait que du mal dans le monde, tout comme beaucoup d'autres. Toutefois, elles sont entrées en conflit l'une contre l'autre à maintes reprises, à propos de questions de doctrine. Les membres de chaque groupe défendent leur organisation, au lieu de rechercher dans la Parole de Dieu les solutions de leurs conflits. Cela entretient la haine et l'animosité entre Chrétiens. La racine de ces problèmes me semble être de la même nature que celle du conflit qui opposait Paul et Jacques, et qui se résumait à un problème d'autorité spirituelle.

Quand nous savons que nous n'avons qu'un seul Jésus-Christ, qu'une seule Parole de Dieu, et qu'un seul Esprit, ceux qui veulent vivre comme des fils de Dieu et des serviteurs de Jésus-Christ ne cherchent pas à défendre leurs positions à coups de "lois" et de "doctrines". Cela ne représente pas la réalité du Christianisme. Seule l'Eglise visible et organisée possède des biens à défendre ! Les Chrétiens doivent tout faire pour vivre dans la vérité. Je vais à présent suggérer quelque chose qui devrait nous permettre de relever ce défi.