Comment une église qui commence bien peut-elle devenir une secte? Quels sont les signes annonciateurs?

Source http://www.aecn80.theseed.net/cultpage.htm

Cet article, traduction (partielle) d'un très long article en anglais, est destiné à vous aider à reconnaître et à éviter les erreurs et les abus spirituels dans votre église, lorsqu'elle commence à devenir une secte. "Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu'il nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C'est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles" (1 Jean 5 :20-21).

Les caractéristiques de l'abus spirituel.

Vous sentez-vous toujours en situation d'échec permanent ? Chaque fois que vous quittez votre assemblée, vous sentez-vous toujours sous la condamnation ? Commencez-vous à craindre de perdre votre salut ? Vous sentez-vous coupable de votre "manque de foi", parce que vous n'arrivez pas à recevoir la guérison, ou des dons spirituels ? Vous pousse-t-on constamment à sacrifier le temps que vous devez consacrer à votre vie de famille, pour participer aux activités de l'assemblée ? Vous sentez-vous "charnel" si vos obligations vous empêchent de participer aux activités de l'assemblée ? Sentez-vous que l'on cherche constamment à évaluer vos performances, et à les comparer aux performances des autres membres de l'assemblée ? Est-ce que vos conversations avec les responsables ou le pasteur de l'assemblée vous laissent toujours le sentiment que vous êtes incapables d'entendre la voix de Dieu ? Sentez-vous toujours le besoin de consulter les dirigeants ou le pasteur de l'assemblée, pour chercher leur conseil ou leur approbation ? Craignez-vous d'interroger vos dirigeants à propos de leurs enseignements et de leurs actions ?

Si vous pouvez honnêtement répondre "oui" à certaines de ces questions, ou à toutes, non pas d'une manière occasionnelle, mais de manière régulière, alors il est très probable que vous êtes sous l'influence d'une forme d'abus spirituel plus ou moins grave.

Comment reconnaître une secte et une erreur ?

Quelques définitions :

Secte : "Groupe religieux consacré à l'étude d'un texte sacré et au culte d'une certaine divinité, et accordant une importance exagérée à certaines doctrines particulières. Ce groupe est caractérisé par un zèle extrême de ses membres et une obéissance absolue à leurs conducteurs".

Ce groupe peut prétendre être chrétien. Mais il met un accent exagéré sur certaines doctrines ou pratiques qui n'ont pas suffisamment de fondement biblique. Il met en avant certains textes bibliques souvent sortis de leur contexte, ou sur certaines révélations prophétiques. Ce groupe adopte en général un code de conduite très particulier. Il encourage souvent un zèle extrême dans la poursuite d'un objectif particulier. Il est en général très dépendant d'un chef spirituel extrêmement respecté, dont la parole a force de loi.

Erreur : "Opinion fausse, contraire à la vérité ; faute, transgression". Ainsi, on peut définir comme "erreur" toute doctrine, croyance ou pratique contraire à l'enseignement clair de la Bible, tout enseignement fondé sur une interprétation erronée des Ecritures, ou toute nouvelle interprétation erronée, faite à la lumière d'une "révélation plus profonde".

Séduire : "Persuader quelqu'un pour lui faire croire qu'un mensonge est la vérité ; conduire dans l'erreur". La plupart des membres d'une secte n'ont en général aucune conscience qu'ils se sont éloignés de la Bible. Ils sont faussement convaincus de la véracité de ce qu'on leur enseigne, et suivent les raisonnements de leurs conducteurs, sous prétexte que ces derniers ont "reçu plus de lumière".

Dans le contexte biblique.

Dans la Bible, nous pouvons voir que les fausses religions et les sectes étaient nombreuses chez les païens et les Gentils. Elles étaient en général associées à l'idolâtrie, comme le culte de Baal ou le culte de la déesse Diane à Ephèse (Actes 19), où certaines idoles fabriquées par les hommes, et certaines représentations démoniaques, étaient élevées à une position divine.

Ces tendances idolâtres sont, hélas, également présentes dans l'histoire du peuple d'Israël, comme nous le voyons dans le récit du veau d'or (Exode 32), ou dans la construction de nombreux "hauts lieux", à Samarie ou en Israël, par de nombreux rois. Tout cela était entièrement contraire à la Loi de Moïse, notamment au premier des Dix Commandements, et fut la cause de souffrances indicibles pour le peuple d'Israël, entraîné dans le vouloir dans ces pratiques. Ce fut aussi la cause de sévères jugements divins à l'encontre de ceux qui avaient entraîné le peuple dans ces pratiques interdites.

Sans cesse, Dieu a envoyé des prophètes et des réformateurs, comme le Roi Josias (2 Chroniques 35 et 35), pour dénoncer ces perversions de la vraie religion, et pour purifier le pays des idoles et des autels interdits, qui avaient parfois été introduits jusque dans l'intérieur du Temple de Dieu à Jérusalem, au point de faire oublier et même de perdre complètement le Livre de la Loi.

Dès les premiers jours de l'Eglise du Nouveau Testament, certains ont introduit des faux enseignements, pour tenter de détourner le peuple de Dieu de la foi pure en un Dieu véritable. Les premières épîtres des apôtres étaient destinées à rétablir la vérité. Paul, et d'autres avec lui, ont averti les Chrétiens des tendances sectaires qui étaient à l'œuvre au sein de l'Eglise, ou les ont mis en garde contre certains "super apôtres" (dans la première épître aux Corinthiens), contre le culte des anges (Colossiens 2), ou contre le retour au légalisme (Galates). Paul nous a aussi enseigné que ces erreurs deviendraient de plus en plus fréquentes à mesure que la fin des temps approcherait, que beaucoup de faux docteurs tenteraient d'entraîner les Chrétiens après eux (2 Timothée 3), jusqu'à la manifestation finale de l'apostasie généralisée et de "l'homme de péché" (2 Thessaloniciens 2). Nous sommes donc exhortés à veiller en tout temps, à rester sur nos gardes, et à tenir ferme à la Vérité de la Parole de Dieu. Nous devons aussi nous appliquer à affermir notre vocation et notre élection (2 Pierre 1 :10). Car ceux qui ne sont pas fermes dans ce qu'ils croient, ou qui hésitent à mettre leur conduite en accord avec leur foi, sont des proies faciles pour un ennemi toujours prêt à dévorer ceux qu'il peut dévorer (1 Pierre 5 :8).

Quelques caractéristiques d'une secte typique.

Note : Toutes ces caractéristiques ne se retrouvent pas toujours dans toutes les sectes. De même, un groupe qui présente certaines de ces caractéristiques ne constitue pas nécessairement une secte. Jonathan Edwards, qui a connu le Grand Réveil en Angleterre, a écrit, dans un ouvrage intitulé "Distinguishing Marks of a Work of the True Spirit" (Les caractéristiques distinctes de l'œuvre du véritable Esprit de Dieu) :

"Certains éléments humains et même démoniaques peuvent toujours s'introduire dans l'Eglise. La présence d'erreurs et d'excès dans un réveil ne signifie pas nécessairement qu'il ne vient pas de Dieu. Le véritable signe d'un réveil authentique, ce sont les changements qu'il produit dans les vies".

La liste suivante a pour objectif de mettre en lumière certains éléments qui doivent attirer notre attention. Il faut donc tenir compte du contexte général dans lequel ces éléments apparaissent.

Une direction autocratique.

Une secte typique est en général dirigée par un seul homme. Il peut s'agir d'un "Pasteur", d'un "Ancien", ou, plus rarement, d'un "Evêque" ou d'un "Apôtre". Cet homme peut être soutenu par un petit groupe "d'anciens" ou de "diacres" qui lui sont entièrement dévoués. Ce dirigeant, en général, est aussi celui qui a fondé le groupe. Il n'a souvent aucun compte à rendre à personne à l'intérieur de son groupe. Il dirige ce groupe d'une "main de fer", imposant ses opinions et n'admettant aucune remise en question. Il peut aussi demander aux membres du groupe de ne s'adresser à lui qu'en utilisant son titre. Le dirigeant reste donc assez distant des membres de son groupe.

L'autorité du dirigeant est en général renforcée par le fait que ce dernier prétend bénéficier d'une "inspiration divine". On l'entendra peu souvent dire : "Il me semble que…", ou "Je crois que…" Mais ses expressions favorites seront plutôt : "Dieu m'a montré que…", ou "Le Seigneur m'a dit que…" Une telle manière de parler est conçue pour décourager immédiatement toute opposition et remise en question. Car une telle remise en question reviendrait à s'opposer non seulement au dirigeant, mais aussi à Dieu Lui-même, dont ce dirigeant est le porte-parole !

Celui-ci dira souvent "qu'il ne faut pas toucher à l'oint de l'Eternel", de manière à décourager ceux qui voudraient contester son autorité. Ceux qui la contestent sont immédiatement désignés comme des "rebelles", à l'image de Jannès et Jambrès, qui s'opposèrent à Moïse. Le dirigeant ne manquera pas une occasion de faire remarquer que "la désobéissance est aussi coupable que la divination".

"Ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs ; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur" (Matthieu 23 :7-11).

L'équipe dirigeante de la secte.

Ceux qui sont choisis pour seconder le dirigeant, dans une organisation sectaire, sont en général jeunes, peu éduqués, récemment convertis ou entrés par la secte. Ils sont toujours entièrement gagnés aux idées du groupe, et prêts à faire tous les sacrifices personnels pour montrer leur loyauté. Ils expriment hautement leur soutien au Pasteur, et sont prêts à discipliner promptement ceux qui le critiquent.

Leur responsabilité réelle est en général peu importante. Ils dépendent étroitement de l'autorité du leader principal, dont ils recherchent toujours l'approbation. Ceux qui mettent en question la "ligne du parti" sont souvent traités avec sévérité, et publiquement humiliés ou ridiculisés, plus ou moins ouvertement.

Une lourde "couverture spirituelle".

Cette lourde "couverture spirituelle" concerne un enseignement bien particulier (qui peut aussi être une "règle non écrite"), selon lequel tous les membres de la congrégation doivent rendre compte de toutes leurs actions à leurs dirigeants. On mettra l'accent sur certains principes bibliques demandant aux "brebis" d'être soumises à leurs conducteurs, qui ont la responsabilité de les enseigner, des les exhorter et, si nécessaire, de les reprendre, afin qu'elles aient une conduite pieuse et digne de Dieu.

Toutefois, dans une secte, cet enseignement est poussé à l'extrême. Les membres de la congrégation doivent recevoir l'accord du Pasteur pour toutes les décisions importantes de leur vie. Par exemple, le Pasteur doit donner son accord aux mariages, à la vente ou à l'achat d'une maison, au choix de l'école des enfants, etc… Cet accord doit être explicite, ou alors passe par l'obéissance à des enseignements précis et ciblés. Le Pasteur peut aussi avoir recours à des "prophéties", ou faire pression de diverses manières pour soumettre les membres du groupe.

Dans des cas extrêmes, même les décisions mineures doivent recevoir l'approbation pastorale, comme le choix du supermarché pour faire ses courses. Manifestement, une telle dépendance des conducteurs peut donner libre cours à de nombreux abus. Par exemple, certains Pasteurs peuvent exiger qu'on leur communique les bulletins de salaire, afin de déterminer le montant de la "dîme" à verser à l'église, avant de pouvoir faire tout autre dépense.

Certes, il n'est pas mauvais, parfois, de rechercher le conseil d'un homme de Dieu, avant de prendre des décisions importantes de notre vie. Mais la Bible dit clairement que le Seigneur ne fait aucune acception de personnes. Il n'a aucun favori. Dieu a déversé Son Esprit "sur toute chair". Ceux qui sont "fils de Dieu" sont conduits par Son Esprit, et non par l'esprit des prophètes !

Il est donc dangereux et nocif que les membres d'une église qui sont réellement nés de nouveau soient dépendants de leurs conducteurs, pour les décisions qu'ils ont à prendre pour leur vie personnelle. Ils n'ont pas besoin de cette "couverture spirituelle", car ils sont pleinement qualifiés pour recevoir directement du Seigneur les conseils et les directives dont ils ont besoin.

Une dépendance financière.

Les organisations sectaires mettent lourdement l'accent sur la nécessité de "donner", et notamment sur la dîme. Souvent, on dira même que c'est une condition pour recevoir les bénédictions de Dieu. Toutefois, les dirigeants rendent eux-mêmes très peu de comptes concernant la manière dont cet argent est dépensé.

Si le groupe a adopté une forme légale, des comptes doivent être tenus, et une information doit être donnée publiquement, au moins une fois par an. Toutefois, de telles informations sont rarement publiées et distribuées aux membres d'une congrégation sectaire. Normalement, tous les comptes d'une organisation légale doivent pouvoir être consultés par ses membres, en toute liberté. Mais les dirigeants d'une secte feront clairement savoir que toute demande en ce sens sera très mal vue. Cela explique aussi pourquoi certaines sectes refusent de se faire reconnaître légalement. On fera donc savoir, explicitement ou implicitement, que le fait de vouloir contrôler les comptes traduit une suspicion envers la direction du groupe. On dira que tous doivent lui faire confiance, et que tout "mauvais esprit" sera puni par un jugement divin.

On peut répondre à une telle direction qu'elle se rend coupable de faire chuter les membres les plus faibles, en donnant l'occasion au diable de faire douter les esprits les plus vulnérables. A moins, évidemment, que cette direction ait réellement quelque chose à cacher !

Une tendance à discréditer toute opposition.

Les dirigeants d'une secte savent qu'ils peuvent être critiqués, à la fois par leurs propres membres déçus, ou par les responsables d'autres églises extérieures. Ils ont donc l'habitude d'adopter une politique "d'attaques préventives", afin d'empêcher leurs membres fidèles d'écouter les avertissements qu'ils pourraient recevoir, concernant l'intégrité de leurs conducteurs. C'est ainsi que les autres églises sont souvent critiquées pour leurs "compromis" ou leur "tiédeur". Leurs dirigeants sont accusés d'être remplis d'orgueil, ce qui les empêche d'écouter les avertissements prophétiques du chef de la secte. Ou alors, ils sont "jaloux" de son succès et de la présence d'un "concurrent" sur leur "territoire", ils craignent de perdre leurs propres brebis, ou ont peur de prendre ouvertement position pour la Vérité !

Les membres du groupe qui commencent à critiquer la direction, ou à montrer des signes de lassitude, font l'objet de campagnes d'attaques systématiques, de manière à discréditer leur aptitude à entendre la voix de Dieu et à Lui obéir. On peut ainsi les accuser de mettre leur famille ou leur carrière avant Dieu, s'ils sont de plus en plus absents. Tout problème dans leur foyer ou leur famille sera attribué à une incapacité d'exercer l'autorité spirituelle nécessaire. Toute tentative de s'engager davantage dans les affaires de l'église sera cyniquement repoussée, sous prétexte qu'il s'agit d'une ambition orgueilleuse. On mettra en doute la pureté de leurs motivations secrètes, chaque fois qu'ils voudront prendre une initiative.

On encouragera les conjoints de ceux qui s'opposent à la direction du groupe à considérer leurs partenaires comme des "rebelles incurables", qu'il faudra traiter avec suspicion. On pourra même les encourager à se séparer de leurs conjoints rebelles, "dans l'intérêt de l'Evangile" !

Ceux qui ont quitté le groupe, en particulier, seront systématiquement et publiquement critiqués, parfois avec une attitude hypocrite d'apitoiement ou de regret. On les traitera de rétrogrades, de rebelles, d'esprits amers, qui ne pensent qu'à déverser sur leurs anciens dirigeants leur jalousie ou leurs griefs imaginaires.

Ceux qui restent dans le groupe sont constamment encouragés à ne plus avoir de contacts avec ceux qui l'ont quitté. Ces derniers sont destinés à "mourir dans leur rébellion, à moins qu'ils ne se repentent". Il faut donc "éviter de les fréquenter", de peur d'être aussi infectés par le même "mauvais esprit". Certains iront même jusqu'à "livrer à Satan" ces rebelles, "pour la destruction de leur chair".

Un fort légalisme.

Certaines sectes ont tendance à développer un code de conduite très strict. On considèrera comme un péché le fait de s'impliquer dans certaines activités modernes dont la Bible ne parle pas clairement, comme le fait de boire certaines boissons "interdites", d'aller au cinéma, d'écouter certaines musiques, ou de regarder la télévision. On dira qu'il est inacceptable que des Chrétiens pratiquent de telles choses. Certains groupes exigent même de tous leurs membres qu'ils renoncent expressément à de telles activités "mondaines". Tous ceux qui n'y renonceront pas seront traités de rétrogrades, de tièdes ou de rebelles. En revanche, les règles concernant d'autres matières plus sérieuses, comme l'impureté sexuelle ou la sainteté du mariage, seront souvent moins rigoureuses.

La nécessité de "travailler à son salut".

Ce point est relié au précédent. Beaucoup de sectes insistent sur la nécessité de remplir toute une série de conditions morales et religieuses pour "assurer son salut". Tout en affirmant que nous sommes sauvés par la foi en Jésus-Christ, les sectes prétendent que la validité de la conversion dépend des bonnes œuvres que l'on produira ensuite. En un sens, ceci est vrai, car la Bible enseigne que "la foi sans les œuvres est morte" (Jacques 2 :14). Ce que Jacques veut simplement dire, c'est que notre foi authentique se manifestera toujours dans nos actions. Tandis que les enseignements erronés des sectes feront croire que ce sont ces œuvres qui nous permettront de "gagner pleinement notre salut". Personne ne peut donc recevoir une pleine assurance de son salut, car tous seront en définitive "jugés seront leurs œuvres". Un tel enseignement encourage une atmosphère de crainte. Toute déviation, même mineure ou temporaire, par rapport aux règles de conduite fixées par la secte, peut conduire à la perte du salut !

On peut lire à ce sujet les enseignements de Paul dans l'épître aux Galates :

"Néanmoins, sachant que ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d'être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi… Je ne rejette pas la grâce de Dieu ; car si la justice s'obtient par la loi, Christ est donc mort en vain… Etes-vous tellement dépourvus de sens ? Après avoir commencé par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ?… C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude" (Galates 2 :16, 21 ; 3 :3 ; 5 :1).

Des règles qui peuvent varier selon la place dans la hiérarchie.

Souvent, les règles les plus strictes sont imposées aux membres de la congrégation, alors que le comportement des dirigeants échappe à toute censure ("Ne touchez pas à l'oint de l'Eternel !) Ces dirigeants peuvent donc se laisser aller à pratiquer des choses douteuses, normalement en secret. Quand leurs actions sont dévoilées, ils se justifient en invoquant une "indulgence spéciale du Seigneur", ou une "plus grande maturité spirituelle", qui leur permet de se conduire ainsi sans en être affectés, contrairement aux faibles, qui seraient détruits plus facilement par le diable. Parfois, ceci peut conduire à de sérieux abus de la part des autorités pastorales, surtout dans le domaine des finances, ou dans des questions relatives aux pratiques sexuelles. Parfois, cela peut aller jusqu'à prétendre que les dirigeants de la secte peuvent coucher librement avec les épouses des membres du groupe !

"Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement" (Jacques 3 :1).

Une tendance à "bombarder d'amour".

Certaines sectes veulent encourager les nouveaux membres en les étouffant de marques d'amour et d'attention. Cela peut commencer par des signes d'affection physiques (embrassades, étreintes, etc…) Cela peut continuer par de nombreux services rendus (les conduire en voiture à l'église, les appeler au téléphone, les visiter en semaine, leur faire des cadeaux, garder leurs enfants, etc…)

Il n'y a rien de mal, en soi, à faire toutes ces choses. Mais elles doivent être l'expression authentique de l'amour Chrétien. Cet amour devrait être présent dans toutes les églises. Toutefois, dans une secte, ce sont des pratiques organisées et préméditées, afin de rendre les gens dépendants du groupe. Cela attire particulièrement les personnes vulnérables, les gens défavorisés par un passé familial chargé, ou ceux qui ont de réels besoins dans ces domaines.

Un véritable amour chrétien ne cherche aucun bénéfice en retour, et il ne tient aucun compte du coût supporté. Dans une secte, on trouvera toujours un moyen (souvent non formulé) pour faire sentir à ceux qui sont ainsi aidés qu'ils ont une dette envers le groupe. Quand l'occasion se présente, ou quand une personne manifeste le désir de changer d'église, on peut lui rappeler cette dette ! "Mais on vous aime tellement !", "Rappelez-vous quand on vous a visité chaque jour à l'hôpital !", "Après tout ce qu'on a fait pour vous !" On soulignera cette ingratitude devant les autres, pour les décourager de faire de même. "Dieu jugera certainement ceux qui méprisent Son Eglise !"

On peut comparer une telle attitude aux caractéristiques du véritable amour, décrites dans 1 Corinthiens 13 :4-7.

Le rôle de la prophétie.

Dans une secte, on met souvent un accent exagéré sur la prophétie, ou sur d'autres formes de révélations surnaturelles, pour déterminer ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Nous l'avons déjà vu, les décisions du pasteur sont souvent présentées comme de prophéties divines. On mettra au pas les membres hésitants en prononçant des "paroles de Dieu" directement appliquées à leur situation. Ces méthodes peuvent devenir très manipulatrices, particulièrement si ces paroles sont accompagnées de menaces directes : "Si tu ne veux pas écouter ma voix, je viendrai contre toi, je te jugerai, et tu mourras certainement !" D'une manière encore plus sinistre, on avertira les rebelles que leurs enfants risquent d'en souffrir !

Les paroles prophétiques (appelées alors "rhema de Dieu") peuvent devenir plus importantes que la Bible elle-même, le "Logos écrit de Dieu", sous prétexte qu'il vaut mieux avoir une "foi vivante qu'une religion morte", ou qu'il vaut mieux "être guidé par l'Esprit plutôt que par la lettre". Toutefois, ces deux éléments doivent toujours se trouver ensemble. Dieu ne Se contredit pas Lui-même. Les paroles prophétiques doivent toujours être contrôlées à la lumière de la révélation écrite de la Bible.

La Bible nous enseigne de ne pas mépriser les prophéties, car elles sont l'un des dons de l'Esprit. Nous devons accueillir avec joie les véritables paroles de Dieu. Toutefois, la Bible nous donne aussi des principes clairs pour juger et évaluer les prophéties, afin d'éviter les abus et les fausses prophéties. Les prophéties personnelles, qui donnent une direction pour notre vie, doivent toujours être considérées avec beaucoup de soin, et ne doivent jamais être écoutées de manière isolée. En particulier, si une prophétie est contraire aux Ecritures, elle doit être immédiatement rejetée.

De même, si une prophétie ne confirme pas ce que le Seigneur nous a personnellement révélé, il est probable qu'il s'agit alors d'une fausse prophétie. Il faut la "mettre au frigidaire", en attendant une confirmation ultérieure. Toute prophétie qui cherche à manipuler quelqu'un, ou à forcer quelqu'un à agir contre sa propre volonté, n'est qu'une forme de sorcellerie.

Des révélations spéciales.

Une secte présentera toujours tout changement de direction pour l'église, ou toute action disciplinaire à l'encontre de ses membres, comme la conséquence d'une révélation divine. On parlera de "visitations d'anges", ou d'apparitions de Jésus Lui-même, pour confirmer certains enseignements nouveaux. Cela peut devenir très dangereux, quand on en vient à contredire les enseignements de la Bible, ou à introduire des enseignements nouveaux qui ne sont pas confirmés par la Bible.

Quand un groupe sectaire commence à se différencier beaucoup des autres églises de la région, ou quand il commence à être critiqué pour ses positions doctrinales, ses dirigeants invoqueront en général une "révélation spéciale" du Seigneur ! On encouragera les Chrétiens à "sortir du milieu d'eux", afin de pas être entraînés par la chute spirituelle de ceux qui "n'ont pas reçu la lumière" ! On commence à cultiver un esprit d'exclusion. On prétend que "nous sommes plus près de Dieu que les autres églises", et que "nous sommes appelés par Dieu pour leur montrer leurs erreurs et leurs mauvaises voies".

Cela ressemble fort aux pratiques de l'hérésie gnostique qui a empoisonné l'Eglise primitive. Ces gnostiques prétendaient avoir reçu une "révélation plus profonde" et une "sagesse cachée", réservée à une minorité éclairée.

Il vaut la peine de remarquer que même les religions non-chrétiennes peuvent faire remonter leur origine à des révélations angéliques (comme l'ange Gabriel qui serait apparu à Mahomet). La Bible nous avertit que le diable lui-même peut se déguiser en ange de lumière (2 Corinthiens 11 :14).

Un esprit d'isolement.

Typiquement, une secte s'isole de plus en plus du reste de la société, y compris de l'Eglise dans son ensemble, dans un effort de se "garder pure", et de ne pas se "laisser contaminer par le monde". Les membres de la secte tendent à rester exclusivement entre eux. Ils sont souvent encouragés à créer leurs propres entreprises, leurs propres écoles, etc… Ils veulent ainsi diminuer les tentations de se compromettre sur le plan moral, ou de se "conformer à l'esprit du monde", ce qui pourrait donner un "mauvais témoignage". Toutefois, à mesure que les contacts avec le reste de la société diminuent, la secte a aussi de moins en moins d'occasions de donner témoignage au monde. Le désir de gagner le monde à Christ est peu à peu remplacé par la crainte paranoïaque d'éviter toutes les mauvaises influences de la société, ce qui pourrait causer la perte du salut. Les membres de la secte perdent la capacité, ou même le désir, d'engager une simple conversation avec ceux qui ne partagent pas leurs idées. Ils en viennent souvent à créer leur propre langage et leur propre jargon.

Ils se servent de passages de l'Ecriture, comme celui qui nous demande de "haïr son père et sa mère", pour les appliquer de manière littérale, dans leur désir de couper les membres de la secte de leurs familles, dont l'influence pourrait mettre en danger la fidélité au groupe.

Le rôle de la musique.

Beaucoup de sectes font un usage important de la musique, afin de "créer une atmosphère propice au Saint-Esprit". Ce désir peut être légitime dans beaucoup d'églises qui veulent sincèrement louer et adorer le Seigneur. Toutefois, toute vraie louange doit avoir pour but d'exalter Celui qui est l'objet de la louange, pas de créer des sentiments agréables chez celui qui loue ! En particulier, l'usage excessif de percussions, et de paroles ou de rythmes répétitifs, peut facilement faire entrer les membres de la congrégation dans une sorte de transe hypnotique, que l'on retrouve aussi dans de nombreuses religions païennes (ou dans certaines boîtes de nuit du monde !) Dans cette atmosphère, les auditeurs peuvent aisément être soumis au pouvoir de la suggestion.

"Devenez comme des enfants".

Dans certaines sectes, il est fréquent d'inciter les adultes à "s'humilier", en se comportant comme des enfants et non comme des adultes. Le plus souvent, on les engage à participer à des chants d'enfants qui impliquant une action du corps (comme on le voit dans les écoles du dimanche). Tous ceux qui refusent d'obtempérer sont considérés alors comme des "orgueilleux" ou des "esprits indépendants". Cette pratique apparemment bénigne habitue les membres de la secte à obéir à des instructions qui leur demandent de se comporter d'une manière qui ne leur est pas naturelle. Ils s'habituent ainsi à ne plus éprouver des sentiments normaux de honte ou de pudeur, mais à paraître ridicules, ou à se comporter d'une manière irrationnelle. Cela renforce le contrôle des dirigeants, ainsi qu'une atmosphère de conformité aux normes du groupe. Les comportements de certains adultes, qui se conduisent comme des bébés, ou qui imitent des cris d'animaux, "sous l'inspiration de l'Esprit", peuvent aussi entrer dans cette catégorie.

Le rôle des signes et des miracles.

Dans beaucoup de "sectes chrétiennes", par exemple dans les groupes charismatiques les plus extrêmes, la présence de signes et de miracles est invoquée comme la preuve de la présence de Dieu, et de Son approbation des doctrines et des pratiques de ces groupes. Beaucoup de pasteurs qui prêchent des hérésies affirment que Dieu ne pourrait continuer à les utiliser pour accomplir des guérisons et des miracles, s'Il désapprouvait leur conduite et leurs enseignements. Par exemple, William Braham, fondateur du Mouvement "Jésus Seul", continua à organiser de puissantes croisades de guérisons, longtemps après avoir commencé à enseigner des hérésies manifestes. Les membres de certaines sectes "chrétiennes" américaines ont l'habitude de pratiquer la "saisie des serpents", pour prouver que Dieu les protège d'une manière surnaturelle. Dans certains "réveils" actuels, on affirme que certaines manifestations surnaturelles, comme le "repos dans l'esprit", le fait de faire tomber les gens, le "saint rire", les grognements d'animaux, les contorsions du corps, etc…, constituent la preuve irréfutable que le Saint-Esprit est à l'œuvre dans cette réunion ou dans ce ministère. Le fait d'accepter sans discussion de tels phénomènes est en contradiction avec les enseignements clairs de la Bible, qui nous dit que le diable est capable, lui aussi, de manifester des signes et des miracles mensongers, pour séduire ceux qui ne prennent pas la peine de les contrôler à la lumière de la Bible (2 Thessaloniciens 2 :9-10).

Pourtant, il est facile de vérifier que de tels phénomènes se produisent aussi, de la même manière, dans d'autres religions, et qu'ils sont le résultat d'une activité démoniaque. C'est aussi par cette puissance démoniaque que certains sont capables de se coucher sur un lit de clous, de marcher sur des braises ardentes, ou même de parler en langues !

Il faut veiller, toutefois, à ne pas rejeter systématiquement comme hérétique tout groupe dans lequel se manifesteraient des phénomènes surnaturels qui ne seraient pas en accord avec la théologie de notre église ou de notre dénomination ! Dans ce domaine, les controverses ne sont pas nouvelles ! Déjà, en 1740, Jonathan Edwards pouvait écrire : "L'œuvre du Saint-Esprit peut être accompagnée de certaines manifestations. Mais la présence de ces manifestations ne doit pas être utilisée comme un argument prouvant que Dieu est à l'œuvre. Le véritable signe d'un réveil authentique, ce sont les changements qu'il produit dans les vies".

L'anti-intellectualisme.

Beaucoup de "sectes chrétiennes" affichent un certain mépris pour ce qu'elles appellent une "religion intellectuelle". Elles mettent l'accent sur la spontanéité et l'ouverture à l'action du Saint-Esprit. Elles affirment que le fait de trop faire confiance à des processus intellectuels gêne l'action du Saint-Esprit. Les membres de la secte sont donc exhortés à "déconnecter" leur intelligence, et à suivre les impulsions de leur cœur. La théologie, en particulier, est considérée comme l'ennemie de la foi, définie, avec raison, comme une conviction intérieure de la vérité, qui ne dépend d'aucune preuve visible ou sensible. Toutefois, la foi véritable s'appuie sur la révélation de la Parole de Dieu, et ne dépend d'aucune autre influence, qu'elle soit humaine ou démoniaque. Le fait d'accepter aveuglément, sans aucun contrôle intellectuel, tout ce qui se dit et tout ce qui se passe au cours d'une réunion, en laissant libre cours à ses émotions, peut être extrêmement dangereux, surtout quand l'émotivité est puissamment stimulée.

Il est vrai que certaines formes de théologie semblent effectivement nuire à la foi évangélique, en mettant en question l'enseignement de la Bible, ou en cherchant systématiquement une explication scientifique ou rationnelle aux phénomènes surnaturels. Toutefois, Dieu nous a donné des facultés intellectuelles, et nous devons les employer à bon escient, en les soumettant à la direction du Saint-Esprit. Cela ne peut que fortifier notre foi. La Bible nous dit en effet : "Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité" (2 Timothée 2 :15). "Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous" (1 Pierre 3 :15).

Quand nous possédons une connaissance solide et ferme des enseignements de la Bible, nous pouvons éviter d'être "des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction" (Ephésiens 4 :14).

Je le répète, les paroles prophétiques doivent être soigneusement vérifiées à la lumière des enseignements de la Bible, avant d'être acceptées comme faisant partie de la saine doctrine. Il en est de même pour tous les enseignements donnés dans le groupe ou l'église. On ne peut le faire qu'en étudiant soigneusement et de manière équilibrée tout ce que Bible nous enseigne. Nous éviterons ainsi le piège de nous servir de versets bibliques tirés hors de leur contexte, ou de tordre leur signification véritable.

Que faire, quand on a réalisé que notre église était une secte ?

Le premier pas est de réaliser ce qui se passe réellement. Comme dans toutes les situations impliquant des abus spirituels, vous devez savoir que les seuls responsables de cette situation sont ceux qui ont pratiqué ces abus spirituels. Vous n'en êtes pas nécessairement responsable. Ce sont les responsables de ces abus qui ont besoin de changer. Vous n'avez donc aucune raison de vous sentir coupables, parce que vous avez osé remettre en question les pratiques de vos dirigeants. Dans votre travail, vous n'accepteriez pas que votre patron abuse de vous, de diverses manières. Pourquoi accepter que votre pasteur abuse de vous ? Le fait qu'un homme prétende avoir reçu quelque chose de Dieu ne signifie pas nécessairement qu'il ait raison !

Jésus a dit : "C'est par leurs fruits que vous les reconnaîtrez !" (Matthieu 7 :16). Dieu est avant tout un Dieu d'amour. Quand Il reprend, c'est toujours pour aider et pour édifier, jamais pour écraser, humilier, ridiculiser ou prouver Sa supériorité. Un véritable serviteur de Dieu agira de même. Vous êtes précieux pour Dieu. C'est pour vous que le Fils de Dieu est mort. Dieu vous a donné un héritage, en tant qu'enfant de Dieu. Vous pouvez à présent entendre vous-même Sa voix et connaître chaque jour Son amour, Sa compassion et Sa puissance. Ne laissez jamais aucun homme, ni aucune femme, quels que soient ses dons et ses capacités, vous faire croire autre chose !

Vous devez connaître vous-même la volonté de Dieu pour votre vie. Demandez à Dieu de vous révéler Sa Parole personnellement, de vous montrer ce que la Bible vous révèle, et de vous montrer ce que vous êtes en Christ. Laissez cette révélation entrer profondément dans votre cœur et dans vos pensées. Croyez en la vérité, et agissez en conséquence !

Pardonnez à ceux qui vous ont blessé et offensé, et priez pour eux, afin qu'ils comprennent qu'ils ont mal agi, et qu'ils puissent changer. Il est probable qu'ils n'ont pas délibérément choisi de vous blesser. Même s'ils l'ont fait délibérément, Dieu nous commande de pardonner à tous ceux qui nous persécutent. Si nous ne le faisons pas, nous finirons par subir des dommages encore plus grands ! Toute racine d'amertume est une porte ouverte à Satan pour entrer dans notre vie et détruire notre aptitude à fonctionner harmonieusement en tant que membre du Corps de Christ.

Si vous pensez qu'il vous est difficile que de pardonner ainsi, surtout si celui qui vous a offensé refuse de reconnaître son péché, demandez à Dieu qu'Il vous apprenne à aimer vos ennemis et ceux qui vous persécutent, en dépit de tout ce qu'ils peuvent vous faire. Rappelez-vous qu'ils devront un jour rendre des comptes à Dieu pour tout ce qu'ils auront fait. "Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal" (Ecclésiaste 12 :14). Ce n'est donc pas à vous de juger de cette manière, ni de vous transformer en exécuteur de la vengeance de Dieu ! "Car nous connaissons celui qui a dit : A moi la vengeance, à moi la rétribution ! et encore : Le Seigneur jugera son peuple" (Hébreux 10 :30).

Le fait de continuer à penser d'une manière morbide à tout ce qui vous est arrivé dans le passé vous empêche d'avancer vers les choses positives que le Seigneur a prévues pour vous. Toutefois, il n'est pas mauvais de rechercher le conseil et l'avis de ceux qui peuvent vous aider à guérir des blessures dont vous avez souffert à la suite d'abus spirituels. Un Chrétien mûr et compatissant peut voir la situation d'une manière objective, et vous aider à y voir clair, pour trouver des moyens spirituels de sortir de ce problème, surtout s'il s'agit de quelqu'un qui a l'expérience pratique de ces problèmes.

N'ayez donc pas peur de demander de l'aide, et soyez honnête envers vous-même et ce que vous ressentez. Il est tout à fait normal de se sentir blessé, à la suite d'expériences très négatives dans une église. Il est normal de sentir qu'il est difficile de faire confiance à d'autres conducteurs. Il est normal d'avoir des réticences à participer pleinement à la vie d'une nouvelle église ou d'un nouveau groupe.

Un bon pasteur comprendra tout cela, et vous permettra d'avancer à votre propre rythme. Si vous avez du mal à trouver autour de vous quelqu'un qui puisse réellement comprendre votre problème et ce que vous avez vécu, demandez à Dieu qu'il vous fasse rencontrer un vrai ministère qui pourra vous aider et vous conseiller. Vous n'êtes pas seul. Avec l'aide du Seigneur, vous parviendrez à surmonter toutes ces expériences pénibles du passé. Vous parviendrez à être l'homme ou la femme que Dieu veut que vous soyez ! Vous jouirez pleinement de Sa Vie dans Son Royaume, et vous pourrez vous-même aider les autres tout au long du chemin !

Comment choisir une église "sûre", ou un groupe "sûr" !

Beaucoup de Chrétiens qui ont été blessés dans une église sectaire et abusive sont réticents à vouloir s'engager dans une nouvelle église, et cela peut se comprendre, car ils craignent de passer par des expériences semblables. D'autres, et c'est triste à dire, continuent à passer d'un groupe sectaire à un autre, attirés par le côté "positif" de communautés qui semblent au premier abord "bouillantes" pour Dieu, mais sans discerner les signaux avertisseurs qui peuvent être dissimulés sous une apparence attractive.

Voici quelques conseils pratiques qui peuvent vous aider à choisir une "bonne" église, et à détecter certains indicateurs d'une situation qui pourrait n'être pas si bonne !

Méfiez-vous des églises conduites par un seul homme !

De nombreux groupes sectaires sont conduits par des "apôtres" ou "prophètes" qui se sont nommés eux-mêmes, qui n'ont des comptes à rendre qu'à eux-mêmes et à Dieu, et qui n'ont qu'une compétence limitée pour occuper ce poste de responsabilité. Voici certaines questions que vous devez vous poser, et auxquelles vous devez donner une réponse :

  • Comment est structurée la direction spirituelle de l'assemblée ? S'il y a un seul pasteur, est-il secondé par quelques anciens qui peuvent exercer un certain contrôle spirituel sur ce qui se passe dans la communauté ? Quelle est la compétence réelle de ces anciens ? Ont-ils vraiment leur mot à dire, ou sont-ils de simples figurants ?
  • S'il y a un seul pasteur, fait-il partie d'une structure extérieure capable de le "contrôler" ou de l'appuyer ? Si cette assemblée ne fait partie d'aucune dénomination, le pasteur fait-il au moins partie d'une "association fraternelle" de pasteurs, qui peut lui apporter conseil et aide en cas de problème ?
  • Quelles sont les relations du pasteur de l'église avec les autres pasteurs de sa région ? Cherche-t-il réellement à collaborer avec d'autres églises ou groupes chrétiens proches ? Comment est-il considéré par les autres pasteurs de la région ? Ceux-ci parlent-ils de lui avec respect et considération ?
  • Quelle est la formation spirituelle du pasteur ? Est-il passé par une Ecole ou un Institut Biblique ? A-t-il déjà une expérience de pasteur dans d'autres églises ? A-t-il déjà participé à la direction spirituelle d'une autre assemblée ? Quel témoignage a-t-il laissé dans les endroits où il est passé ?
  • Qui a choisi le pasteur ? A qui doit-il rendre des comptes pour ce qui concerne sa conduite et ses enseignements ?

Les caractéristiques des dirigeants.

La Bible a beaucoup de choses à dire en ce qui concerne les caractéristiques de ceux qui doivent être nommés comme pasteurs ou anciens dans une assemblée. Les groupes sectaires, en général, ne tiennent pas trop compte de ces exigences bibliques. Mais elles insistent beaucoup sur le fait d'être "rempli de foi et du Saint-Esprit" (Actes 6 :5). Elles aiment des hommes qui peuvent manifester des dons spirituels spectaculaires (prophétie, guérisons, etc…). Mais elles n'accordent pas trop d'importance à la "sagesse d'en haut", à la "grâce" (Actes 6 :3, 8), et au fruit de l'Esprit (Galates 5 :22).

  • Est-ce que le pasteur ou les anciens sont toujours "au-dessus de tout reproche" dans tous les domaines de leur conduite ? Donnent-ils un véritable exemple de pureté, de maîtrise de soi, de douceur, etc… ?
  • Est-ce que le pasteur ou les anciens montrent de l'humilité dans leur manière d'agir envers les membres de l'assemblée, imitant ainsi l'esprit de service de Jésus (Luc 22 :25-27) ?
  • Est-ce que le pasteur ou les anciens acceptent eux-mêmes d'être enseignés ? Acceptent-ils de reconnaître leurs manquements, et leur besoin de grandir en grâce ? Acceptent-ils que d'autres hommes de Dieu leur donnent des conseils et prient pour eux ? Demandent-ils avec joie à leur assemblée de prier pour eux ? Sont-ils capables de reconnaître leurs fautes, ou d'avouer qu'ils n'ont pas réponse à tout ?

Le comportement de l'assemblée.

  • Est-ce que les membres de l'assemblée sont heureux de s'associer aux Chrétiens d'autres églises, et de participer à certaines activités communes ? Se considèrent-ils comme une petite cellule locale du Corps de Christ, ou comme la seule véritable assemblée chrétienne de la région ?
  • Est-ce que les membres de l'assemblée, tout en considérant leurs dirigeants avec un sain respect, gardent avec eux des relations humaines normales, peuvent librement s'approcher d'eux pour leur poser des questions, pour leur faire part de leurs critiques constructives, ou même pour échanger une plaisanterie ? Ou considèrent-ils leurs dirigeants comme des "super Chrétiens" inapprochables, des sortes de demi-dieux quasi inaccessibles, toujours au-dessus de toute controverse ?
  • Est-ce que tous les membres de l'assemblée sont traités sans esprit de préférence, avec le même respect, quels que soit leurs dons spirituels, leur situation sociale, leur richesse, leur intelligence, ou leur statut ?
  • Est-ce que les contributions de chacun à la vie de l'assemblée sont reconnues et appréciées avec gratitude ? Sont-elles considérées comme allant de soi ? Sont-elles exigées sous la pression ?
  • La participation aux activités de l'assemblée est-elle simplement encouragée, ou fait-elle l'objet de manipulations ou de pressions diverses ?
  • La participation financière de chacun est-elle laissée à la libre conscience des membres de l'assemblée, avec simplement quelques enseignements équilibrés occasionnels ? Ou est-elle l'objet d'exhortations constantes, appuyées par des "prophéties", des menaces ou des jugements ?
  • Quand il est nécessaire d'exercer une discipline spirituelle sur certains membres, cela est-il fait avec tact et sensibilité, afin d'encourager et de corriger, en évitant toute humiliation publique ?
  • En ce qui concerne les finances.

  • Est-ce que l'assemblée publie régulièrement des comptes-rendus de ses revenus et de ses dépenses ? Est-ce que ces comptes-rendus sont accessibles librement à tous ? Ou décourage-t-on ceux qui veulent vérifier les comptes de l'assemblée ? Le pasteur ou les anciens sont responsables du bon usage des ressources de l'assemblée, y compris des dons faits par l'assemblée. Ils doivent donc pouvoir rendre des comptes clairs et justifier toutes leurs décisions, en cas de besoin.
  • Qui règle le salaire éventuel du pasteur ? Si l'assemblée doit payer plusieurs salaires, il est toujours préférable que l'administration des finances soit confiée à un responsable indépendant nommé par tous. Il faut aussi vérifier que toutes les conditions fiscales, légales et sociales soient bien remplies, et que l'assemblée en soit régulièrement informée.
  • Comment sont décidés les dons consentis par l'assemblée à des personnes ou organisations diverses ? Y a-t-il des appels pressants et fréquents pour que les membres de l'assemblée fassent des dons et des offrandes, appels souvent accompagnés de promesses de bénédictions pour ceux qui donnent généreusement, et de malédictions pour ceux qui ne le font pas ? Il est clair que les membres d'une assemblée doivent apprendre à donner généreusement pour l'œuvre du Seigneur. Mais ils ne doivent jamais être manipulés et pressurés pour donner ! Il faut que le Seigneur parle Lui-même au cœur de chacun. D'autre part, les dons de chacun doivent rester strictement confidentiels. La Bible encourage le fait de "donner avec joie". Il ne faut donc jamais extorquer des fonds, ni entretenir un esprit de culpabilité chez ceux qui ne donneraient pas assez. On doit donner sans chercher à obtenir quoi que ce soit en échange !
  • L'assemblée est-elle habituée à se montrer généreuse, de manière régulière ? Une assemblée saine est une assemblée qui donne généreusement sur le plan financier, sans avoir besoin de compter sur des appels d'argent incessants. Elle devrait aider des missionnaires qui en ont réellement besoin, ou soutenir les pauvres de l'Eglise. Dieu honorera toute attitude généreuse, que ce soit de la part de l'assemblée en tant que collectivité, ou de la part de chacun de ses membres en particulier.
  • D'une manière générale, nous devons faire attention aux déclarations habituelles d'un responsable spirituel,  en veillant particulièrement à trois signes importants :

    • "Mon enseignement parle de lui-même !" Un bon enseignement ne suffit pas pour faire un bon pasteur ! Ce qui compte le plus, c'est le fruit de l'Esprit dans la vie du pasteur ou de l'ancien.
    • "Je n'ai de comptes à rendre qu'au Seigneur !" Tout responsable est également responsable de son comportement devant les brebis qu'il dirige. Il en est également responsable, collectivement, devant ses collègues pasteurs ou anciens.
    • "Ne touchez pas à l'oint de l'Eternel !" Il s'agit clairement d'une tactique manipulatrice pour menacer des foudres du Ciel ceux qui critiquent (à juste titre) un pasteur abusif. La Bible nous enseigne que nous ne devons pas rester silencieux devant ceux qui commettent des abus spirituels dans l'Eglise du Seigneur. Mais nous devons les dénoncer et les reprendre dans l'amour, selon les procédures enseignées par la Bible, dans l'espoir qu'ils se repentiront et reviendront à leur bon sens.

    Témoignage personnel de l'auteur de l'article :Souvent, quand vous êtes membre d'une assemblée qui commence à dérailler spirituellement, il est très difficile de discerner les signes annonciateurs d'un comportement sectaire. Certains amis extérieurs pourront vous montrer des choses qui les préoccupent. Mais vous pouvez facilement penser qu'ils "ne sont pas assez spirituels pour comprendre réellement ce qui se passe", ou que "le diable se sert d'eux pour vous empêcher d'avancer avec le Seigneur" ! Certains anciens membres de l'assemblée, qui l'ont déjà quittée, peuvent tenter de vous avertir des dangers qu'ils ont perçus. Mais, manifestement, "ils sont eux-mêmes séduits", et "ils ont besoin de se repentir", parce qu'ils ont osé "s'opposer à un homme de Dieu" !

    L'une des caractéristiques de toutes les sectes est la conviction que "nous avons raison", et que "tous les autres ont tort", ou qu'ils sont "rebelles", "séduits", ou même carrément "sous une influence démoniaque", voire "possédés".

    On a souvent besoin de passer par une expérience particulièrement pénible pour commencer à ouvrir les yeux et réaliser ce qui se passe vraiment !

    Ce fut mon expérience. J'ai passé près de huit ans dans une église qui était dirigée par un homme que j'avais toujours reconnu comme étant trop dominant, et plutôt arrogant. Mais je croyais qu'il n'était motivé que par son zèle ardent pour Dieu et pour Sa justice. Au début, c'était sans doute vrai. Il s'est passé beaucoup de bonnes choses dans notre église. Nous avons vu des miracles, et beaucoup de gens ont été sauvés. Beaucoup, y compris moi-même, ont pu grandir considérablement dans la foi et dans leur marche chrétienne.

    Toutefois, au fil des années, je peux maintenant me rendre compte que les choses se sont lentement détériorées. Plusieurs anciens quittèrent l'église sans donner d'explications. Manifestement, pourtant, ils n'étaient pas partis pour retourner dans le monde, ou parce qu'ils étaient aigris par quelque remarque acerbe du pasteur.

    Les prédications du pasteur sont devenues peu à peu plus dogmatiques et légalistes. Il a commencé à attaquer ceux qui étaient partis de l'église, ainsi que les autres églises de la ville, qui étaient, selon lui, "dans le compromis". Il faisait de plus en plus de pressions pour que les Chrétiens "s'engagent totalement" pour le Seigneur. Certains l'accusaient d'être trop dictatorial, de trop prêcher la "couverture spirituelle" et la soumission, et de manquer d'amour. Nous le savions. Mais, malgré toutes ses fautes, nous continuions à considérer notre pasteur comme le seul véritable "homme de Dieu" de notre ville, si ce n'est de tout le pays ! Nous pensions qu'il était toujours prêt à prendre position pour le Seigneur, quel que soit le prix à payer.

    Un jour, brusquement, on apprit que ce puissant prédicateur de la justice avait fait preuve d'une "familiarité excessive" envers un certain nombre de femmes de l'assemblée. Non pas une fois seulement, mais à de nombreuses reprises, et surtout récemment. Mais ce comportement remontait en fait à la création de l'église. Les responsables de l'assemblée avaient étouffé ces "incidents isolés", et le pasteur s'était apparemment repenti. Mais, à présent, les choses venaient au grand jour, et de plus en plus de femmes commencèrent à dévoiler ce qui s'était réellement passé.

    Beaucoup de membres de l'assemblée la quittèrent immédiatement. D'autres restèrent, parce que notre pasteur, apparemment, était allé chercher de l'aide auprès d'un autre pasteur respecté, pour mettre sa vie en ordre. En même temps, il s'était momentanément retiré du ministère pastoral. Nous espérions qu'il pourrait être restauré, et que l'église pourrait être remise sur pied. Toutefois, peu après, contre l'avis de l'autre pasteur, notre pasteur reprit son poste, et recommença à prêcher, déclarant que l'assemblée avait réagi d'une manière exagérée. Selon lui, l'affaire n'était pas si grave aux yeux de Dieu. Il invoqua tous les miracles que Dieu avait continué à opérer par son ministère, pendant son absence. Malheur à ceux qui continueraient à le critiquer !

    Pour moi, ce fut le signe final que les choses étaient allées trop loin. Je quittai l'église immédiatement après cette réunion. D'autres, que j'aimais et que je connaissais bien, restèrent encore quelques semaines, espérant contre toute espérance que les choses pourraient s'arranger. Mais ils finirent par partir aussi, quand il fut évident que tout continuait comme auparavant.

    Hélas, un bon nombre restèrent dans l'assemblée, et y sont toujours, refusant d'admettre l'évidence, s'accrochant à la certitude qu'ils suivaient "l'homme qu'il fallait pour cette nation", et persuadés que tous ceux qui étaient partis étaient en danger d'aller en Enfer, à moins qu'ils ne se repentent. En tout cas, ils croyaient que tous ceux-là ne pourraient rien faire de bon pour le Seigneur, tant qu'ils ne retourneraient pas dans l'assemblée !

    Parmi ceux qui étaient partis, nombreux furent ceux qui eurent le cœur brisé, parce que leur pasteur avait trahi leur confiance, et que tous leurs espoirs et leurs rêves avaient été détruits. Nous avions tellement donné de nous-mêmes pour travailler à réaliser la vision que nous avions pour cette église ! Mais sur quelles fondations avions-nous bâti ? Certains étaient tellement déçus qu'ils refusaient d'envisager de retourner dans une autre église. Beaucoup ont combattu pendant des mois. Mais, aujourd'hui encore, ils ont toujours du mal à s'engager dans une nouvelle assemblée, et à faire confiance à un autre pasteur. D'autres sont allés encore plus loin, et ont coupé tous les ponts avec les églises.

    Mais d'autres, par la grâce de Dieu, sont sortis peu à peu de cette situation. Ils en gardent des cicatrices, mais ils se sont aussi fortifiés spirituellement à la suite de cette expérience. Ils ont pu s'engager pleinement dans d'autres églises, et même reprendre un service actif pour le Seigneur.

    Je crois que cela a été difficile pour tout le monde. Ceux qui s'en sont remis le plus vite sont ceux qui ont refusé de s'appesantir sur le passé. Ils ont continué à croire que Dieu restait toujours Fidèle et Vrai, malgré tout ce que les hommes pouvaient dire et faire. Ils ont résisté à la tentation de se couper des églises et de s'isoler, ou encore de passer d'une église à l'autre, au premier signe d'imperfection. Ils ont réussi à trouver des assemblées stables, dirigées par des pasteurs ou des anciens respectables, qui acceptent de rendre des comptes. Ces frères et sœurs veulent obéir à la Parole de Dieu. Ils veulent laisser le Seigneur les corriger, les guérir et conduire leurs pas. Ils ont voulu aussi se repentir de leur part de responsabilité dans tout ce qui s'était passé. Ils ont aussi accepté, quand c'était nécessaire, de demander pardon à ceux qu'ils avaient blessés ou condamnés. Certains ont été aidés par d'autres Chrétiens qui étaient passés par des expériences semblables, ou par des bons pasteurs qui leur ont donné de sages conseils. Ils ont toujours résisté à la tentation de médire, de se laisser gagner par l'amertume, ou de se condamner pour leur manque de discernement et leur incapacité à reconnaître les premiers signes des problèmes. Mais ils comptent sur le Seigneur pour qu'Il puisse leur rendre toutes les années que les "sauterelles" avaient dévorées. Plus tard, nous nous sommes rendus compte que nous pouvions même rire de la manière dont nous avions pu nous laisser prendre dans le piège, et nous garder la tête dans le sable ! C'était sans doute le signe que nous étions réellement sur le chemin de la guérison !

    En étudiant le comportement de tous ceux qui sont passés par des situations semblables, je peux voir deux réactions extrêmes, dans lesquelles je crois que nous ne devons pas tomber. La plus évidente consiste à s'isoler complètement, à se retirer totalement des choses de Dieu, en rejetant toutes les églises et tous les pasteurs, à cause des profonds traumatismes subis. Ceux qui adoptent cette attitude se polarisent sur les offenses qu'ils ont reçues. Ils continuent à guetter le comportement de ceux qui les ont blessés, pour se régaler de toute nouvelle révélation de leurs errements. Cela ne peut que produire des effets négatifs. L'autre extrême consiste à se jeter aussitôt de nouveau dans l'action, ou à prendre la direction d'une nouvelle église, sous prétexte que "personne d'autre n'a reçu une révélation comme celle que nous avions dans notre église précédente" ! Le danger d'une telle attitude, c'est qu'elle peut nous faire tomber dans les mêmes travers et les mêmes abus que ceux des dirigeants de l'église que nous venons de quitter ! Dans notre cas, il y avait certes ces péchés grossiers d'adultère et d'immoralité. Mais il y avait aussi d'autres causes plus subtiles, qui ont également contribué à la chute finale. Pour ne citer que certaines, il y avait aussi le péché de l'arrogance ("Nous en savons plus que toutes les autres assemblées de la ville, et nous pouvons leur montrer ce qu'il faut faire !"), le péché de l'esprit de jugement ("Dieu est en colère contre cette église et ce pasteur, parce qu'ils sont tièdes… Le frère Un Tel est un rétrograde, cela fait des semaines qu'il n'est pas venu à la réunion de prière !"), ou le péché de l'idolâtrie et de l'intimidation ("Ne touchez pas à l'Oint de l'Eternel ! … Tous ceux qui quittent notre église sont sur le chemin de l'Enfer !")

    Même s'il est dangereux de se focaliser complètement sur les fautes du passé, il est toutefois nécessaire, pour recevoir une pleine guérison, d'étudier de manière objective tous les aspects des abus spirituels que nous avons subis, non pas pour condamner ceux qui ont pratiqué ces abus, mais pour permettre à Dieu de nous révéler tout ce qui était mauvais, et de nous montrer tout ce que nous aurions dû faire, à la lumière de la Bible. Sans une telle ouverture à la correction de Dieu, nous sommes réellement en danger de recommencer à passer par le même cycle d'erreurs et d'abus, soit en devenant nous-mêmes des persécuteurs, soit en nous laissant à nouveau prendre dans le piège, pour devenir à nouveau les victimes de situations semblables dans une autre assemblée.