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A331 Les Réformateurs ont oublié que la Nouvelle Alliance avait d'abord été conclue avec les Juifs.

Article de Jacob Prasch.
Malgré leurs réussites, les Réformateurs ont commis des erreurs graves, qui ont entraîné des conséquences terribles pour l'Eglise. La plus grande de ces erreurs a été d'oublier que la Nouvelle Alliance avait d'abord été conclue avec les Juifs.

Source http://www.moriel.org/sermons/forgot.htm

Les Réformateurs ont accompli certaines réformes essentielles. Mais ils ont aussi oublié beaucoup de choses importantes, ce qui entraîna des conséquences dramatiques pour l'Eglise. L'une de leurs erreurs les plus graves fut de ne pas avoir compris que la Nouvelle Alliance fut d'abord été conclue avec les Juifs, avant d'être étendue aux Gentils.

" Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle" (Jérémie 31 :31).

Les deux tiers de la Bible sont composés de l'Ancien Testament, appelé Tanach en Hébreu. Ce mot est formé par les premières lettres des mots Torah (Pentateuque), Neviim (Prophètes), et Ketuvim (littéralement, "Ecrits", comprenant les Psaumes, certains récits, et la littérature sapientielle).

Les Chrétiens nés de nouveau acceptent en général le fait que l'objectif principal de l'Ancien Testament est d'annoncer le Nouveau Testament, qui devait être accompli par la venue du Messie promis.

Romains 11 nous apprend que la racine invisible de l'Eglise est Israël. Nous pouvons donc comprendre que les deux mille ans de l'Histoire de l'Ancien Testament, notamment celle qui fut sous la Loi, ont posé les fondements de ce qui allait devenir l'Eglise.

Les épîtres aux Romains et aux Galates nous disent que l'objectif principal, mais non unique, de la Loi, était de nous enseigner que nous ne pouvions pas être sauvés par la Loi, et que nous avions besoin d'un Rédempteur, le Messie, qui devait accomplir la Loi pour nous, et faire l'expiation pour notre incapacité à obéir aux commandements de Dieu. Il devait donc Se sacrifier pour nous sur la Croix, à cause de nos péchés.

L'épître aux Hébreux nous dit que la prêtrise Lévitique, et tout le système du Temple, représentent Jésus, notre Souverain Sacrificateur. Si nous lisons l'Ancien Testament à la lumière des Evangiles, le patriarche Isaac, ainsi que tous les prophètes d'Israël, de Moïse à Jean-Baptiste, sont des types prophétiques de Jésus. Leur ministère, leurs paroles, et les expériences de leur vie, préfigurent ceux de Yeshua, d'une manière ou d'une autre.

Tout l'Ancien Testament, depuis le premier verset de la Genèse, ainsi que tous les écrits apocalyptiques Juifs non-canoniques, comme les trois mille ans d'Histoire qui se sont écoulés depuis Abraham (et même, pourrions-nous dire, depuis le premier jour de la création), annoncent tous la venue de Jésus, ainsi que la Nouvelle Alliance qu'Il nous offrirait.

Une lecture rapide de Jérémie 31:31, ainsi que de son contexte, révèle que ce passage constitue sans doute la prophétie la plus claire, dans tout l'Ancien Testament, annonçant qu'une Nouvelle Alliance nous serait offerte, et que cette Nouvelle Alliance serait complètement différente de l'Ancienne. Voici ce que nous devons savoir :

  • Avec qui cette Nouvelle Alliance serait-elle conclue ?
  • De quelle manière devait-elle différer de l'Ancienne Alliance, conclue par Dieu avec nos pères ?
  • Puisque ces deux alliances sont différentes, comment le Seigneur veut-Il que nous comprenions la Nouvelle Alliance ?
  • Les Réformateurs ont-ils correctement compris les différences entre ces deux alliances ? Quelles sont les choses qu'ils n'ont pas comprises ?
  • Avant tout, que devons-nous faire pour modifier les conséquences de cette mauvaise compréhension ?

Ce ques Réformateurs ont oublié, en ce qui concerne l'Herméneutique.

Dans toute la Bible, c'est en Jérémie 31 :31 que nous trouvons la prophétie la plus claire concernant l'intention de Dieu de proposer un jour une Nouvelle Alliance.

Le Protestantisme a une manière très occidentale de considérer le Christianisme et ses développements historiques. Pourtant, quand nous lisons le Livre de l'Apocalypse, nous voyons que Jésus nous présente une Eglise considérée, dans son Histoire, non pas selon une perspective occidentale, ni même simplement humaine, mais selon une perspective céleste et éternelle.

Quelle que soit l'importance des leçons de l'Histoire de l'Eglise, nous devons donc observer et étudier cette Histoire dans un contexte spirituel, du point de vue des Ecritures, et non pas du point de vue de la culture occidentale ou hellénistique, ni au travers du prisme du concept occidental ou hellénistique de l'Histoire, ainsi que de sa manière de l'interpréter.

L'Apocalypse nous révèle l'Eglise et son rôle dans l'histoire du salut, comme Christ les voit, et comme Il choisit de nous les révéler.

La première chose que nous remarquons dans Jérémie 31 :31 est que cette Nouvelle Alliance n'a pas été conclue (littéralement "coupée") avec l'Eglise, majoritairement occidentale, mais avec Israël et les Juifs. Le terme hébreu traduit pas "alliance" est "brit", qui signifie à la fois "alliance" et "testament". Ainsi, le Nouveau Testament est un document légal Juif, concernant une Nouvelle Alliance, de même que la Torah est un document légal Juif, concernant l'Ancienne Alliance.

Tout d'abord, la Nouvelle Alliance n'a jamais été conclue avec l'Eglise. Ses dispositions n'ont pas été communiquées en premier lieu à l'Eglise des Gentils, ni par son intermédiaire, mais par le petit reste fidèle d'Israël qui, à cette époque, constituait l'Eglise primitive, composée de Juifs convertis.

Les Réformateurs ne sont pas parvenus à redresser et à corriger la fausse "théologie du remplacement" de l'Eglise Catholique. Non seulement cela, mais ils ont perpétué cette erreur, en remplaçant Israël par l'Eglise Protestante.

Comme l'Eglise Catholique, ils ont commencé à considérer cette alliance conclue avec les Juifs comme un document gréco-romain, dans leur manière de la comprendre et de l'interpréter.

Par exemple, le Livre de l'Apocalypse fait partie d'un genre apocalyptique qui s'est développé peu avant la période du Nouveau Testament, aussi bien dans la littérature hébraïque que dans la littérature hellénistique. Toutefois, son style et sa typologie sont nettement judaïques.

L'apparition de Yeshua au chapitre 1, dans un environnement Lévitique, nous donne une révélation imagée de Jésus en tant que Souverain Sacrificateur, révélation dont les Hébreux comprenaient très bien la signification doctrinale. Plus loin, au chapitre 3, dans Son message à l'Eglise de Philadelphie, nous voyons Yeshua dans un rôle davidien.

Tout au long de l'Apocalypse, nous rencontrons des allusions thématiques et typologiques à de nombreux livres de l'Ancien Testament, depuis la Genèse, en passant par l'Exode, Josué, Daniel, et Ezéchiel.

Tout comme les évangiles de Jean et de Matthieu, ainsi que les épîtres de Jacques, de 2 Pierre et aux Hébreux, l'Apocalypse est un livre nettement Hébreu dans son inspiration, même si l'Eglise est majoritairement composée de Gentils.

En d'autres termes, Dieu révèle Son message final à l'Eglise dans le style propre aux Hébreux.

Paul lui-même relate la description du salut des Juifs et des Gentils en rappelant l'expérience des Hébreux après leur sortie d'Egypte (1 Corinthiens 10 :1-3). Il dit aussi que l'Eglise finit par redécouvrir ses racines juives (Romains 11 :18 et 25).

Les Ecritures décrivent aussi la relation de Christ avec Son Eglise comme celle qui existe au sein d'un couple juif (Cantique des Cantiques, Apocalypse 20, Ephésiens 5, Matthieu 25).

Sans cesse, Dieu, dans Sa Parole, Dieu révèle les vérités essentielles, concernant Sa relation avec l'Eglise, en employant un cadre de référence judaïque. La révélation donnée par le Seigneur de l'Histoire et de la destinée eschatologique de l'Eglise n'échappe pas à cette règle.

Le problème que nous évoquons est le suivant : sauf quelques rares exceptions, la plupart des traditions chrétiennes qui nous viennent de la Réforme s'écartent de l'Ecriture, en ignorent le contenu judaïque, et la considèrent comme de la littérature hellénistique. Même si nous apprécions certains des enseignements de Luther, ce dernier rejetait par exemple le Livre de l'Apocalypse, et le considérait comme inutile et non canonique. Il est vrai aussi que le message de l'Apocalypse était en partie réservé à une époque bien définie.

L'Apocalypse ne s'est que très partiellement accomplie à l'époque du début de l'Eglise. Son message concerne toutes les époques de l'Eglise. Toutefois, les Réformateurs Suisses, dans leur grande majorité, étaient des historiens qui considéraient que l'Apocalypse s'était complètement accomplie au temps de l'Eglise primitive. Ils se contentaient de spiritualiser des événements qui ne s'étaient manifestement pas accomplis dans les premiers siècles de l'Histoire de l'Eglise.

Une telle attitude est à la fois ironique et contradictoire, car l'une des caractéristiques essentielles de la théologie Réformée, sous l'influence de l'humanisme du 16e siècle, était une manière d'interpréter la Bible qui obéissait à des règles strictement grammaticales et historiques. La théologie Réformée s'écarte ainsi de ses propres principes, et "spiritualise" automatiquement tout ce qui concerne Israël, en l'appliquant à l'Eglise.

Même si la théologie Réformée admet qu'un texte concerne bien les Juifs, dans un contexte culturel et historique, elle ne considère pas que ce texte s'applique aussi à l'Eglise, tout en s'appliquant prioritairement à Israël, ni que ce texte puisse s'appliquer à l'Eglise de manière simplement symbolique, ou pour en retirer un principe spirituel.

Elle a préféré remplacer carrément Israël et les Juifs par une Eglise majoritairement composée de Gentils, oubliant pratiquement tout de ses racines juives, dont parle pourtant la Bible, et en contradiction directe avec les chapitres 9 à 11 de l'épître aux Romains.

Pourtant, les Réformés avaient eu raison de s'opposer à la Scholastique médiévale de l'Eglise Romaine, avec sa forme particulière de gnosticisme papal (redéfini plus tard comme "Sensus Plenior"), où la typologie et l'allégorie étaient employées simplement pour illustrer et éclairer la doctrine, et non pour fonder la doctrine. Malgré cela, l'Eglise médiévale a formulé ses doctrines en ayant abondamment recours aux allégories.

Nous continuons à voir les mêmes pratiques aujourd'hui, non seulement dans le Catholicisme Romain, mais aussi dans le néo-gnosticisme du Mouvement Vineyard, ou dans des groupes pseudo chrétiens comme celui des "Promise Keepers" (NDE : dont la branche française s'intitule "Les Compagnons d'Elie"), qui sont influencés par le Nouvel Age, et qui fondent leurs enseignements non sur une exégèse rigoureuse, mais sur une interprétation allégorique des Ecritures.

C'est pour cela que, dans leur volonté de réagir contre ces méthodes typologiques et allégoriques, beaucoup de théologiens évangéliques conservateurs finissent par se comporter comme les premiers Réformateurs, et par "jeter le bébé avec l'eau du bain".

C'est pour cela que l'on coupe la Bible Juive de ses propres racines culturelles, et que l'on finit par l'interpréter sans tenir compte de son contexte, en utilisant des méthodes mises au point par les Humanistes du 16e siècle.

On peut à la rigueur se servir de ces méthodes grammaticales et historiques pour lire les épîtres, en les considérant simplement comme des lettres.

Les épîtres peuvent être comparées à un prisme apostolique, qui nous permet de comprendre les autres Ecritures. Mais les épîtres elles-mêmes emploient la typologie et l'allégorie du Midrash pour commenter les autres Ecritures, comme les textes narratifs, apocalyptiques ou poétiques hébreux.

Les méthodes grammaticales et historiques sont essentielles et appropriées pour comprendre certaines vérités bibliques fondamentales, comme le plan du salut ou la marche chrétienne. Mais elles sont inadéquates pour comprendre les révélations profondes contenues dans la Parole de Dieu, dans des livres comme ceux d'Ezéchiel, de l'Apocalypse ou de Zacharie, ou pour suivre le fil eschatologique invisible qui parcourt les Evangiles. Pour cela, il nous faut avoir recours à l'antique perspective juive orientale, et abandonner notre perspective hellénistique occidentale.

A mesure que nous approchons du retour du Seigneur, alors que les signes de ce retour deviennent de plus en plus évidents, il devient toujours plus important de comprendre la signification complète de ces textes.

Cela n'a rien à voir avec les pratiques des écoles d'Alexandrie ou même d'Antioche, au temps de l'Eglise primitive, ni avec les écrits de Philon, ni avec le gnosticisme christianisé d'Origène. A fortiori, les interprétations midrashiques n'ont rien à voir avec le "Sensus Plenior" du Vatican.

Il faut interpréter la Parole de Dieu en tenant compte des paramètres utilisés par Dieu quand Il nous l'a donnée.

En ayant recours à des modèles stricts d'exégèse grammaticale et historique, les Réformateurs ont voulu mettre au point un mécanisme qui pouvait les protéger de l'erreur et de la séduction. Mais, trop souvent, cet instrument de protection est lui-même devenu un moyen de les induire en erreur.

Nous ne devons jamais oublier que les Réformateurs étaient des Humanistes. Leur approche exégétique était humaniste avant tout. Cela signifie qu'elle était centrée sur l'homme.

Nous devons demander à Dieu de nous guider dans l'interprétation de Sa Parole par Son Esprit. Toutefois, les méthodes d'exégèse grammaticale et historique, séparées de l'herméneutique Juive de la période du second Temple, ont réduit la compréhension de la Bible à un simple exercice intellectuel.

Des érudits profondément athées, qui sont des Humanistes du monde, contrairement aux Réformateurs, qui étaient des Humanistes chrétiens, ont employé les mêmes méthodes grammaticales et historiques pour justifier une apostasie inspirée par Satan.

Devons-nous rejeter les méthodes grammaticales et historiques, sous prétexte que certains les emploient pour prouver la folie du Christianisme évangélique, appelé avec mépris "fondamentalisme" ? Bien sûr que non !

Certes, nous devons lire les épîtres comme des lettres. Aucune autre méthode ne serait valide pour interpréter les épîtres. Mais les méthodes du Midrash Juif ne rejettent pas les méthodes grammaticales et historiques. Elles ne les considèrent que comme une première étape de l'exégèse.

Nous ne devons pas rejeter les méthodes grammaticales et historiques, sous prétexte que certains apostats les emploient à tort. De même, nous ne devons pas rejeter les méthodes de l'herméneutique Juive.

Comme dans le cas des dons de l'Esprit, Satan ne corrompt que les choses qu'il juge dignes d'être corrompues. Malgré ses limites, nous ne devons pas rejeter l'approche grammaticale et historique pour interpréter la Bible, approche que nous ont léguée les Réformateurs, sous prétexte que certains apostats utilisent à tort ces méthodes. De même, il ne faut pas rejeter l'herméneutique Juive, sous prétexte que des sectes, que l'Eglise Romaine, que des critiques libéraux, ou que des gnostiques modernes comme John Wimber ou les Promise Keepers font un mauvais usage de l'allégorie et de la typologie, pour promouvoir l'erreur et la séduction.

Même si ce problème remonte à la Réforme, nous le retrouvons toujours aujourd'hui, chez divers théologiens évangéliques et Réformés, dont la plupart sont partisans de la théologie du remplacement d'Israël par l'Eglise.

Ces frères, nous le reconnaissons, luttent pourtant pour défendre l'orthodoxie biblique contre l'hérésie et l'incrédulité. Mais, ce faisant, tout comme les Réformés, ils traitent la Bible, Livre Juif, comme un livre issu de la culture grecque. Ils perdent de vue la racine d'où il est issu, et passent à côté de la profondeur de son contenu. On ne peut comprendre ce contenu que quand on lit les textes en ayant recours à une compréhension hébraïque de la foi chrétienne.

J'avoue que les idées de nombreux théologiens ne sont pas vraiment fondées, et ne méritent pas l'attention qu'elles reçoivent. Toutefois, certains théologiens de l'Ecole de Jérusalem, comme Joseph Frankovic (qui admet pourtant avoir encore beaucoup à faire pour maîtriser l'herméneutique Juive dans l'interprétation du Nouveau Testament), posent cependant les vraies questions.

D'autres théologiens messianiques, comme Dwight Pryor et Arnold Fruchtenbaum, bien qu'ils ne soient pas centrés sur l'herméneutique Juive, mettent toutefois en lumière des parallélismes entre la pensée des premiers Chrétiens et la pensée rabbinique de leur époque. Nous pouvons donc constater quelque progression de bon aloi dans la redécouverte actuelle des racines Juives de l'Eglise. Il n'en est pas de même en ce qui concerne les inepties observées aux extrêmes du mouvement messianique, où l'on s'efforce de redéfinir le Christianisme messianique en mettant lourdement l'accent sur tout ce qui touche à la culture Juive (ou, plus exactement, à la culture de la diaspora Ashkénaze), au lieu de le mettre sur la connaissance de Yeshua.

Dans une synagogue messianique, une véritable liturgie "siddur," conduite par un véritable rabbi ou kantor messianique (comme Stuart Dauerman à Los Angeles, ou à Netiv Ya à Jérusalem), peut avoir une authentique valeur d'évangélisation des Juifs dans l'adaptation du message de l'Evangile, afin de conduire des Juifs au salut. Mais la culture de la diaspora Ashkénaze actuelle n'est pas la culture originelle de la Bible, et n'a que peu de valeur pour redécouvrir les racines Juives de notre foi.

Une simple défense de la culture Juive ne peut se substituer à une véritable exégèse dirigée par le Saint-Esprit, pour révéler le caractère Juif de la Parole de Dieu. Elle ne peut non plus remplacer notre capacité à comprendre véritablement la Bible, comme son auteur divin désire que nous la comprenions. Les mystères qui doivent être dévoilés à l’Eglise, concernant les derniers jours et notre préparation finale, sont contenus dans les livres apocalyptiques de la Bible, et resteront scellés jusqu’au temps marqué (Daniel 12 : 4).

Ils ne seront jamais révélés tant que nous n’aurons pas redécouvert les racines Juives de notre foi, ni le caractère Hébreu de la Bible, ni les méthodes d’interprétation Juives employées par Jésus et les apôtres.

Il est étonnant et impressionnant de réaliser que ce sont pourtant des théologiens Réformés (des "Pères Puritains" comme John Lightfoot et John Robinson), qui ont commencé à comprendre ces vérités, il y a plus de trois siècles.

Dans la pensée Réformée, une exégèse biblique correcte implique, sous la direction de Dieu, l'usage de l'intellect humain et l'emploi de l'approche grammaticale et historique. Cette approche rejette toute "spiritualisation" de l'exégèse biblique, en réaction au gnosticisme de l'Eglise Romaine médiévale, qui élaborait souvent des doctrines s'appuyant sur des interprétations allégoriques farfelues, qui n'ont presque rien de commun avec les méthodes allégoriques et typologiques Juives du Midrash.

Toutefois, dès qu'il s'agit d'Israël et des Juifs, la théologie Réformée finit par aboutir aux résultats mêmes qu'elle voulait corriger : elle spiritualise la signification des Ecritures, donnant aux textes une signification allégorique qui ne s'y trouve pas. Israël devient l'Eglise, sans tenir compte de la signification littérale du texte. Au lieu de considérer que l'Eglise a été greffée sur Israël, comme l'enseigne clairement Romains 11, les Réformés ont commis l'erreur de remplacer Israël par l'Eglise.

Au lieu d'appliquer ce texte à Israël, en l'étendant ensuite à l'Eglise, les Réformés ont fini par donner au texte littéral une interprétation allégorique, violant ainsi leurs propres principes, et finissant par rejoindre l'Eglise Catholique dans sa "théologie du remplacement."

L'approche grammaticale et historique exige pourtant de la rigueur et de la cohérence. En cela, les Réformés n'ont pas respecté les exigences de leur propre méthode d'interprétation biblique. Ils ne l'ont appliquée que quand cela leur plaisait. Par exemple, ils ont gardé pour Israël les malédictions annoncées dans l'Ancien Testament, en attribuant à l'Eglise les bénédictions "spiritualisées." Cela, en dépit du fait que la plus grande partie de l'Eglise, en Occident, était rétrograde et rejettait Jésus-Christ, tout comme Israël et les Juifs l'ont fait dans le passé.

Dieu est un Dieu de justice, qui hait les balances fausses (Proverbes 11 :1).

S'Il en a fini avec les Juifs, j'aimerais connaître une seule raison pour laquelle Il n'en aurait pas non plus fini avec l'Eglise !

Heureusement, pour Israël comme pour l'Eglise, la validité d'une alliance divine dépend non pas de l'infidélité de l'homme, mais de la fidélité de Dieu !

Il est vrai que Dieu, pour un temps, a détourné Sa grâce d'Israël, pour l'accorder aux nations des Gentils, mais ce n'est qu'une mesure partielle et temporaire (Romains 11 :25-29).

Le temps vient, et il est déjà venu, où Dieu va retirer Sa grâce aux nations, pour la redonner à Israël, Son peuple depuis l'Antiquité (Romains 11 :25). Sachant cela, qui pourrait prétendre qu'Israël va remplacer l'Eglise ?

Ce que les Réformateurs ont oublié, en ce qui concerne l'alliance et l'ecclésiologie.

Jérémie 31 :31 nous dit que la Nouvelle Alliance ne sera pas comme celle que Dieu avait conclue avec les patriarches d'Israël et avec Moïse.

Jérémie s'opposait à la déconfiture d'un Etat théocratique. On continuait à circoncire les bébés Juifs, pour les introduire dans l'alliance faite avec la nation d'Israël. A cause de cela, on en concluait que les choses étaient en règle avec Dieu.

D'autres prophètes, comme Amos, ont dû affronter le même problème. Les gens continuaient à apporter au Temple leurs sacrifices, oubliant qu'il fallait les offrir avec une foi et une repentance authentiques, pour que leurs offrandes soient agréées.

Jean-Baptiste devait faire face à la même situation. Certains pensaient qu'ils étaient automatiquement en règle avec Dieu, sous prétexte qu'ils étaient les descendants biologiques d'Abraham, circoncis selon la Loi de leurs pères.

La Nouvelle Alliance inaugurée par le Messie devait corriger ces anomalies, car ce ne devait pas prévoir une incorporation collective automatique dans un pacte fondé sur le sang, sur une ethnie, sur une identité culturelle, ou sur la foi des ancêtres. Mais elle devait impliquer une réponse individuelle au message de l'Evangile.

Dès lors, la nouvelle naissance ne peut être le résultat d'une volonté humaine. La régénération doit se produire en vertu de la grâce souveraine de Dieu, qui attire individuellement des hommes à Jésus, et qui attend que chacun accepte personnellement le Seigneur. Dieu peut alors inscrire Sa Loi dans leur cœur.

Les erreurs Anglicanes.

Pour prendre un autre exemple, nous pouvons voir, dans la liturgie baptismale de l'Eglise Anglicane, que l'on déclare qu'un bébé est "né de nouveau" et devient membre de l'Eglise de Jésus-Christ, simplement parce que ses parents ont décidé de le présenter au baptême, et parce qu'ils sont eux-mêmes nés dans l'Eglise Nationale Anglaise.

Contrairement aux dispositions de la Nouvelle Alliance, on a fait du baptême chrétien une nouvelle circoncision Juive. On déclare qu'un bébé est devenu Chrétien suite à la décision de ses parents. On rejette ainsi clairement Jean 1 :13, en faisant de la nouvelle naissance un acte qui résulte de la volonté des hommes, et non de la volonté de Dieu.

Thomas Hooker avait proclamé ceci : "Un membre de l'Eglise d'Angleterre est aussi un citoyen du Commonwealth, de même qu'un citoyen du Commonwealth est aussi membre de l'Eglise d'Angleterre". Il faisait ainsi d'une Eglise d'Etat, dirigée par son monarque, l'égale d'Israël et de la Maison de David.

Ce que nous avons, en fait, est une sorte de Papauté Royale, dont le prochain souverain, Chef en titre de l'Eglise Anglicane, le Prince Charles, est un divorcé adepte du Nouvel Age, ouvert aux doctrines Bouddhistes, Hindoues et Islamiques ! Alors que la Réforme, sur le continent européen, malgré toutes ses erreurs, a quand même été le résultat de convictions chrétiennes.

En revanche, en Angleterre, c'est un fait historique que l'Eglise d'Angleterre est née de la volonté lubrique d'un souverain despotique avide de femmes, qui a massacré 70.000 de ses propres sujets.

La Réforma anglaise a résulté des ambitions d'Henri VIII. Il est absurde de constater que la monarchie britannique a toujours conservé le titre de "Défenseur de la Foi," alors que ce titre avait été attribué au Pape de Rome, lorsqu'il persécutait les Protestants.

Aujourd'hui, des membres de la famille royale britannique se convertissent au Catholicisme, l'Archevêque de Canterbury participe à Walsingham à une procession Mariale et appelle à rejoindre le giron de Rome, tandis que la Reine nomme un prêtre Catholique Romain comme Chapelain de la Cour.

Pourtant, après la mort d'Henry VIII, il y eut une réforme de l'Eglise Anglicane, à la suite de laquelle les Chrétiens évangéliques Anglicans furent martyrisés en masse, à l'instigation de la Reine Mary, poussée par le clergé Catholique. Parmi ces martyrs ont figuré des hommes comme Nicholas Ridley, Hugh Latimer, John Hooper, et Thomas Cranmer.

Mais ce sont des facteurs politiques qui ont conduit à la création de l'Eglise Anglicane, et non des facteurs moraux ou théologiques. Aujourd'hui, avec la déliquescence morale de la famille royale, il redevient politiquement expédient de retourner à Rome. Car ce retour ne s'effectue pas en raison de considérations doctrinales ou éthiques.

L'Anglicanisme est né de Rome et non des Ecritures. Sur le plan de la doctrine et de la vie de l'Eglise, il n'a jamais clairement coupé avec Rome. Et c'est à Rome qu'à présent il retourne. Il faut voir les raisons de cet échec dans les fondations doctrinales très superficielles posées par les Réformateurs.

A cause de cela, les Anglicans, comme la plupart des autres Protestants traditionnels, sont tombés dans de nombreuses erreurs, erreurs qu'ont pu éviter les églises évangéliques qui enseignaient le baptême des adultes convertis.

Lorsqu'un jeune Anglican, qui a été déclaré "né de nouveau" par son baptême de bébé, finit par accepter Jésus-Christ comme son Sauveur personnel, et passe par une véritable nouvelle naissance, son église est bien en peine de lui dire laquelle de ces deux expériences de "nouvelle naissance" est la bonne !

Son pasteur lui disait-il la vérité, quand il lui a affirmé qu'il était déjà Chrétien, suite à son baptême de bébé ? Comment qualifier ensuite son expérience de conversion réelle, à l'âge adulte ?

Dire aux gens qu'ils sont Chrétiens, alors qu'ils ne le sont pas, et qu'ils ont besoin de se convertir à Christ, c'est le meilleur moyen d'empêcher des âmes d'atteindre le salut !

Toutes les églises Protestantes traditionnelles nées de la Réforme doivent faire face à ce dilemme structurel !

Un Israël Britannique ?

Le fait de ne pas avoir reconnu que la Nouvelle Alliance a été conclue avec Israël a entraîné une autre erreur, au milieu des Protestants de Grande-Bretagne et d'Irlande. C'est l'erreur de "l'Israël Britannique," qui ne repose sur aucun fondement biblique ou ethnologique, et qui rattache, elle aussi, la Couronne Britannique au trône de David.

L'un des ténors de cette fausse doctrine est James McConnell. Il était déjà engagé dans l'hérésie de Sabellius, qui rejette la Trinité (un seul Dieu en Trois Personnes) et défend la doctrine de "Jésus Seul." Toutefois, on ne sait pas très clairement s'il croit réellement en la Trinité biblique, ou s'il croit que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois manifestations de Jésus Seul.

McConnell est pasteur de la plus grande église Elim de Belfast. Il défie ouvertement quiconque de venir débattre avec lui de sa doctrine, selon laquelle les Britanniques sont les dix tribus perdues d'Israël. Cette idée fut acceptée par le fondateur des églises Elim, George Jeffries, mais fut rejetée par le mouvement Elim dans son ensemble, qui a conservé les autres enseignements de Jeffries. Aujourd'hui, les nouveaux dirigeants d'Elim, grâce à McConnell, s'ouvrent de nouveau à cette fausse doctrine.

Religion d'Etat et fausse doctrine.

L'Anglicanisme n'est que l'une des expressions des erreurs des Réformés. Les Presbytériens, les Luthériens et les églises Réformées ont tous accepté la même erreur fondamentale, celle d'une religion d'Etat, dans laquelle on entre, non à la suite d'une nouvelle naissance spirituelle, mais parce qu'on est né dans cette église d'Etat et dans cette culture, après y avoir été initié par le baptême des bébés.

Ce précédent ne date pas des Anglicans, mais de Luther.

S'ils avaient voulu vraiment réformer l'Eglise selon des critères bibliques, la première chose que les Réformés auraient dû faire était de renoncer à cette union non-biblique entre l'Eglise et l'Etat, et à condamner la fausse doctrine Augustinienne de l'Eglise, qui cherchait à justifier cette union.

En outre, ils auraient dû restaurer la révélation biblique du baptême des croyants convertis, comme l'ont fait les églises Baptistes, que les Protestants, normalement, haïssent.

Au lieu de cela, Luther a enseigné sa doctrine du "Cujus Regio, Ejus Religio" (Ta religion est celle de ton Etat). Si ton gouvernement est Catholique Romain, tu dois être Catholique Romain. S'il est Protestant, tu dois l'être aussi, continuer à asperger tes enfants, et à les proclamer "Chrétiens" par la volonté des hommes et non par la nouvelle naissance, selon la volonté de Dieu. Les Réformés ont échoué dans l'introduction de cette réforme, tout en ayant accompli des choses dignes d'intérêt, quoique inadéquates.

D'où provient cette erreur ?

Le mot Grec "ekklesia," traduit par "Eglise", signifie "ceux qui sont appelés hors de…" Pour entrer dans l'Eglise véritable et devenir Chrétiens, nous devons quitter notre culture, notre famille, etc… (Matthieu 10 :35-37).

L'Eglise n'est pas composée de ceux qui sont nés dans une certaine religion ou une certaine culture, mais de ceux qui sont spirituellement nés de nouveau, dans une réalité qui transcende leur identité temporelle, culturelle ou religieuse, même quand cette identité est celle d'une culture chrétienne.

La source de cette erreur remonte à l'Empereur Constantin, lorsqu'il fit du Christianisme une religion d'Etat. Elle remonte aussi aux enseignements erronés de Saint Augustin, et à sa doctrine de "l'Eglise visible et de l'Eglise invisible." Il cherchait par cette doctrine à justifier la nécessité d'une identité chrétienne nationale et culturelle. Saint Augustin a commis de nombreuses erreurs doctrinales, au point de refonder complètement le Christianisme biblique, pour en faire une religion Platonicienne. Il s'est inspiré des erreurs de son mentor, Saint Ambroise, ainsi que de certaines influences malheureuses de Saint Cyprien de Carthage, et même de certaines influences gnostiques provenant d'Alexandrie. Il a accepté les doctrines du Concile de Chalcédoine concernant Christ et le Saint-Esprit. Quoique non franchement hérétiques, ces doctrines comportaient de nombreuses erreurs et ont entraîné de graves problèmes.

Selon cette doctrine, Saint Augustin soutenait que "l'Eglise visible" est composée d'hommes qui sont sauvés et d'autres qui ne le sont pas, alors que la vraie doctrine biblique de l'Eglise est celle d'un "Corps spirituel" composé exclusivement de tous ceux qui sont passés par une nouvelle naissance spirituelle, et qui ont hérité du salut par la foi en Christ. Saint Augustin s'est appuyé sur la parabole de Matthieu 13 :38-42, parabole prise hors de son contexte, dans laquelle Jésus parle du champ où croissent ensemble le bon grain et l'ivraie. Pour Saint Augustin, ce champ était l'Eglise, alors que Jésus dit clairement que ce champ est le monde.

Nous devons donc laisser ceux qui sont sauvés et ceux qui sont perdus croître ensemble dans le même monde. C'est Jésus qui fera le tri pour rassembler les membres de Son Eglise. Alors que Saint Augustin enseignait qu'il faut laisser dans l'Eglise ceux qui sont sauvés et ceux qui ne le sont pas, et que Jésus fera le tri lors de Son retour.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y avait pas de faux Chrétiens dans l'Eglise primitive. Mais, du moins, il était clairement enseigné que l'entrée dans l'Eglise était le résultat d'une régénération personnelle, dont le baptême était le signe.

Il est vrai qu'il y a dans la Bible des passages concernant le baptême qui montrent clairement qu'il s'agit d'un baptême de personnes qui se sont préalablement converties. Mais il y en a d'autres qui sont ambigus.

Au lieu d'interpréter les passages ambigus à la lumière de ceux qui sont tout à fait clairs, on a eu recours à cette pratique illogique qui consiste à jeter le doute sur les passages clairs, en réinterprétant ces passages clairs en invoquant ceux qui sont ambigus, jusqu'à ce que l'on fasse dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas ! C'est ainsi qu'on parvient à construire toute une doctrine, qui nous ramène aux dispositions de l'Ancienne Alliance !

Nous devons nous rappeler que le premier moyen utilisé par Satan pour tenter de détruire l'Eglise fut d'essayer de la faire retomber dans une forme de Judaïsme (voir l'épître aux Galates).

En disant que l'Eglise est devenue le Nouvel Israël (alors que Romains 11 parle d'incorporation, non de remplacement), et en réduisant le baptême à une forme de circoncision, c'est ainsi que l'on a fait retomber l'Eglise dans une forme de Judaïsme.

La Nouvelle Alliance en Christ, que Jérémie et Jean-Baptiste avaient annoncée, et que Paul nous décrit dans l'épître aux Romains, Constantin et Saint Augustin sont venus la détruire pour la remplacer par l'Ancienne ! La Papauté du Moyen Age n'a fait ensuite que s'enfoncer encore plus dans la débâcle, où les ont rejoints par la suite les Réformés.

Ces derniers, au lieu de réformer véritablement l'Eglise en ôtant l'erreur du milieu d'elle, l'ont carrément fait retomber dans cette même erreur.

Ils n'ont pas compris que l'Eglise avait des racines Juives. Ils n'ont pas compris que la Nouvelle Alliance était une alliance conclue avec Israël, ni que le Nouveau Testament était un acte légal Juif. C'est pour tout cela que les Réformés n'ont pas réussi à réformer le Christianisme, en plein accord avec la Bible.

Même s'ils ont restauré la justification par la foi et la suprématie des Ecritures sur la tradition, ils n'auraient jamais pu restaurer l'Eglise sur ses véritables fondements apostoliques, sans redécouvrir que ces fondements sont Juifs !

C'est pour cela que le Protestantisme libéral est tout autant une hérésie que le Catholicisme Romain.

Aujourd'hui, les médias sont remplis d'histoires qui révèlent le caractère abominable du clergé Catholique, avec sa cohorte de pédophiles criminels, d'homosexuels et de dangereux pervers. Pourtant, l'Eglise Romaine elle-même, en tant qu'institution, n'accepterait jamais de conduire des services religieux regroupant des homosexuels et des lesbiennes, comme cela s'est produit dans l'une des cathédrales Anglicanes. Elle ne reconnaîtrait certainement pas, d'une manière officielle, des membres de son clergé qui sont des sodomites avérés, comme l'ont fait les Méthodistes.

De même, pour des raisons qui lui sont propres, certes, l'Eglise Romaine, pendant des décennies, n'a jamais toléré la Franc-Maçonnerie, tout au moins d'une manière formelle, tandis que les Francs-Maçons étaient (et sont toujours) nombreux parmi les membres du clergé Réformé et Presbytérien.

Erasme de Rotterdam.

Tous ces échecs des Réformés furent reconnus par leur propre chef de file, Erasme de Rotterdam, qui se fit l'avocat d'un nouveau baptême, dans sa traduction de l'Evangile de Matthieu.

Erasme écrivit au Pape pour lui dire que c'étaient plutôt les Anabaptistes, persécutés à la fois par Rome et par les Protestants, qui étaient les plus proches de la vérité biblique. Erasme, réalisant l'échec de Luther dans de nombreux domaines, a dit que la Réforme était une farce, dont il préférait rester spectateur. Il avait pourtant brillamment fustigé la corruption et l'hypocrisie du Catholicisme médiéval pour son hérésie, dans des œuvres satiriques brillantes comme "L'éloge de la folie," et "Julius Exclusis."

Si les Réformés avaient des personnalités brillantes, ils n'étaient pas des penseurs brillants. Luther avait emprunté ses idées à Jan Huss, à Staupidz et à des humanistes comme Le Fèvre. Calvin s'était inspiré de Luther, de Farel, d'Oeclampadius et de Bucer. Les Réformateurs Anglais comme Cranmer s'étaient inspirés de Calvin et de Luther.

Tous, cependant, étaient directement ou indirectement redevables à Erasme, le plus grand de tous les Humanistes Chrétiens. Hélas, l'Histoire de l'Eglise ne lui a jamais rendu justice, et lui a reproché d'avoir été indécis. En fait, et nous pouvons le constater dans ce qui deviendra le Protestantisme, il n'a pas été indécis, mais il a plutôt eu du discernement, et a parfaitement prévu ce que le Protestantisme allait devenir. Nous devons aussi nous rappeler que les Réformés n'ont pas redécouvert les Evangiles, comme leurs partisans le prétendent à tort jusqu'à aujourd'hui.

Longtemps avant la Réforme, Wycliffe en Angleterre, Jan Huss en Bohème, et Savonarole en Italie, avaient réuni autour d'eux un grand nombre de partisans, qui étaient de véritables Chrétiens, quoique imparfaits, qui croyaient en la Parole de Dieu, et qui s'efforçaient d'y revenir.

Tous ceux-là, bien sûr, furent férocement massacrés par la Papauté, qui se servit pour cela des Dominicains et du Saint Empire Romain, avant la Réforme, comme Rome s'est servi des Jésuites et des Habsbourg pour massacrer les vrais Chrétiens, après la Réforme.

Dans toutes les époques, Dieu a toujours eu des fidèles qui ont honoré Son Nom. Malgré leurs fautes, ils ont aimé Jésus, ils ont vécu pour Lui, ils sont morts pour Lui et ont vu leurs enfants mourir pour Lui, étant des témoins fidèles, bien avant la venue des Réformateurs.

Ce qui a permis aux Réformateurs de survivre, alors que leurs prédécesseurs furent exterminés par Rome et ses agents, fut tout simplement l'effondrement de la féodalité et du Saint Empire Romain, suivi de l'essor de l'Humanisme issu de la Renaissance, ainsi que de l'invention de l'imprimerie.

A l'époque de la Réforme et par la suite, ce furent les églises Baptistes qui s'efforcèrent, pour le meilleur ou pour le pire, de revenir directement aux Ecritures. Certaines de ces églises étaient bonnes, comme les Mennonites, disciples de Menno Simons. Mais d'autres étaient composées de fous dangereux, comme les Anabaptistes de Munster, qui suivaient les prophètes de Zwickau, les équivalents médiévaux de Mike Bickle, d'Earl Paul ou de Paul Cain.

Les Protestants qui ont suivi les Réformés, au lieu de revenir directement aux Ecritures, ont plutôt suivi Saint Augustin. Ainsi, le Catholicisme Romain, comme le Protestantisme, ne sont pas issus directement des Ecritures, mais de la réinterprétation platonicienne qu'en a fait Saint Augustin. Ils ont fait de l'identité Chrétienne une identité nationale et culturelle. Ils ont fait de l'Eglise un "Nouvel Israël." Il ne pouvait en résulter que la mort, et c'était prévisible.

C'est aussi la mort qu'ont introduite dans l'Eglise primitive Constantin et Saint Augustin, en faisant de l'Eglise une puissance politique temporelle, comme l'ont fait par la suite Calvin à Genève avec son Etat policier, Zwingli à Zurich, Knox en Ecosse, etc…

De même que la Rome païenne avait été remplacée par l'Etat Romain du Pape, ainsi, cet Etat Romain fut suivi à son tour par un Etat religieux Protestant.

Malgré leurs réalisations positives, comme l'instauration d'une démocratie parlementaire fondée sur des principes bibliques, les Puritains Anglais, tout comme les "Père Pèlerins" Américains (Pilgrim Fathers), ne tardèrent pas à s'engager dans des génocides et des crimes de guerre, que ce soit contre les pauvres paysans en Irlande, ou les prétendues sorcières du Massachusetts.

Jésus a dit que Son Royaume n'était pas de ce monde.

Pourtant, Constantin, les Papes du Moyen Age, et les Réformateurs, ont dit le contraire.

N'oublions pas que la raison principale du rejet de Jésus par les Juifs fut Son refus d'exercer le pouvoir politique temporel avant le Millénium, alors que les Réformateurs n'ont pas hésité à exercer ce pouvoir.

Nous devons bien comprendre que les erreurs contemporaines de certains mouvements (comme celui de la Restauration, ou du Royaume Maintenant, avec leur triomphalisme et leur intention de conquérir le monde pour Christ), sont fondées sur le néo-gnosticisme et les excès des "charismaniaques," ainsi que sur la volonté de "reconstruire le monde pour Dieu" du Protestantisme Réformé, en particulier de l'hyper Calvinisme.

Certains extrémistes charismatiques de la "théologie du remplacement", comme Rick Godwin, (qui enseigne que l'on perd son temps et son argent à s'intéresser à Israël, et que les Juifs n'ont aucun droit d'occuper la terre d'Israël), tirent leur vision de la fin des temps de l'enseignement Calviniste extrémiste d'hommes comme David Chilton, ardent partisan de la "Reconstruction." Pour ceux-là, Israël a été remplacé par l'Eglise, et un "Nouvel Israël" doit être instauré sur la terre, c'est-à-dire un "Royaume de Dieu" théocratique, un nouveau régime politique qui consacrera le triomphe mondial du Christianisme. Cela revient à retomber dans les erreurs de l'Eglise Constantinienne postérieure au Concile de Nicée. Il est compréhensible qu'aucune place ne soit laissée à Israël dans ce schéma !

Il est curieux de constater que chaque fois qu'un Calvinisme extrême a réussi à s'imposer, avec ses conceptions extrémistes de la prédestination, cela a toujours abouti à l'instauration d'une Eglise d'Etat, et à une injustice sociale manifeste.

On peut le constater, historiquement, dans les politiques esclavagistes, puis ségrégationnistes, des Baptistes du Sud Américains, de l'Eglise Réformée Hollandaise d'Afrique du Sud, ou des Unionistes Orangistes, strictement Presbytériens, d'Irlande du Nord. Cette théologie hyper Réformée, théocratique et adepte de la "Reconstruction," représente le Protestantisme dans ce qu'il offre de pire, tout comme le pouvoir théocratique absolu du Pape représente Rome dans ce qu'elle offre de pire !

Une telle théologie ne peut que produire une Eglise construite sur le modèle du Judaïsme de l'Ancienne Alliance, aboutissant à un gouvernement théocratique aussi oppresseur et hypocrite que celui du Sanhédrin. C'est ce qui me fait dire que la Réforme était théologiquement incomplète. Elle n'a donc représenté qu'un événement spirituel incomplet.

On peut donc la considérer comme un effort avorté de restaurer le Christianisme selon le modèle biblique, contrairement aux mouvements qui ont réussi à opérer cette restauration spirituelle.

C'est cette même religion nominale qui a failli détruire complètement l'Israël de l'Ancien Testament, et qui a produit la fausse Eglise du Moyen Age. Elle est toujours la composante principale du Protestantisme, depuis le début, à cause des erreurs commises par les Réformateurs.

Cela a été reconnu au sein du Protestantisme lui-même depuis quelques générations. Les Piétistes de Zinzendorf en Allemagne, comme les Méthodistes de Wesley en Angleterre, se sont efforcés de réformer le Protestantisme de l'intérieur, de même que les Réformateurs s'étaient efforcés de réformer la Catholicisme de l'intérieur.

L'échec du Protestantisme a été accompagné, sur le plan spirituel, par le déclin de l'exégèse grammaticale et historique, passée du statut d'outil humaniste au service du Christianisme, à celui d'outil humaniste au service de l'athéisme.

Luther affirmait qu'il avait foi en l'Ecriture seule ("Sola Scriptura"). Mais ce n'était qu'une prétention. Les Baptistes, qui s'efforçaient de revenir sincèrement à cette foi, furent terriblement persécutés, et souvent mis à mort par les Protestants.

Même aujourd'hui, certaines églises évangéliques, comme les églises Baptistes, les églises Pentecôtistes, les églises de Frères, et les églises Libres, ne sont pas véritablement des églises Protestantes, selon les critères historiques classiques, même si la définition historique du Protestantisme peut leur être appliquée, en ce qu'elles luttent pour défendre la vérité.

Mais elles ne sont pas Protestantes, en ce qu'elles ne défendent pas l'idée d'une Eglise d'Etat, ni le baptême des nourrissons. Elles sont plutôt les héritières doctrinales des Anabaptistes, qui furent persécutés à la fois par les Protestants et les Catholiques.

La source de toute cette tragédie remonte, je le répète, à cette "théologie du remplacement," qui a écarté Israël pour le remplacer par l'Eglise. Les luttes et divisions incessantes entre Chrétiens évangéliques, les affrontements incessants de la théologie systématique, découlent tous de cette incapacité à comprendre que la Nouvelle Alliance a été d'abord conclue avec Israël et les Juifs, comme le révèle Jérémie 31 :31.

La "théologie des dispensations" met l'accent sur la continuité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. Elle fait remarquer, par exemple, qu'Abraham est le "père de tous les croyants" (Genèse 12 :1-3, Galates 3 :8, Esaïe 63 :l16), ou que nous voyons des expressions extraordinaires de la grâce de Dieu dans l'Ancien Testament (comme pour le Roi Manassé), et des expressions extraordinaires de la colère de Dieu dans le Nouveau Testament (comme pour Ananias et Saphira). C'est pour cela que la "théologie des dispensations" d'un Darby, par exemple, est excessive et erronée.

Pourtant, les théologiens des dispensations, ceux du moins dont l'enseignement est plus modéré, font davantage justice à Jérémie 31 :31. Ils ont compris qu'il existe une relation spirituelle et théologique entre l'Eglise et Israël, sans confondre les deux. Tandis que la théologie Réformée Calviniste souligne la continuité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance, aboutissant au remplacement d'Israël par l'Eglise.

C'est ainsi que l'antique Etat théocratique d'Israël a été remplacé par l'Etat théocratique du Vatican et de l'Eglise Romaine, puis par une version Protestante de même nature.

Certes, nous devons exercer notre influence chrétienne pour être le sel et la lumière de ce monde perdu, et lui faire connaître la Bible. Mais le véritable Royaume de Jésus n'est pas de ce monde, quoi qu'en disent le Pape, Constantin, ou leurs héritiers modernes. Notre seule espérance n'est pas dans ce monde, mais dans la résurrection et le retour de Jésus.

Une telle théologie n'a abouti, et n'aboutira jamais, qu'à des massacres sanglants, qu'il s'agisse des Croisades impies, ou de la Guerre de Sept Ans.

Si les Baptistes ont tenté de restaurer certaines vérités que les Réformateurs avaient négligées, comme le baptême des croyants, l'autonomie des congrégations, et la séparation de l'Eglise et de l'Etat, les Pentecôtistes, par définition, ont tenté de restaurer ce que les Réformateurs et les Baptistes n'étaient pas parvenus à restaurer, c'est-à-dire les dons de l'Esprit, la préparation du retour imminent de Jésus, et le prémillénarisme. Pourtant aujourd'hui, ce sont des prédicateurs Pentecôtistes qui se repentent publiquement d'avoir cru que le "Royaume n'était pas de ce monde" !

Des enseignements aussi faux et dangereux n'ont sans doute aucun rapport avec le Pentecôtisme classique, que certains Pentecôtistes modernes dénigrent à présent. Mais ils sont parfaitement compatibles avec les enseignements du Protestantisme classique, contre lesquels les premiers Pentecôtistes s'étaient opposés.

Une nouvelle génération de Pentecôtistes est apparue. Ils rejettent les croyances de leurs pères, tout en se définissant toujours comme Pentecôtistes. Ils ont oublié eux aussi ce que les Réformateurs avaient oublié. Au Moyen Age, l’Eglise Romaine prétendait que le Royaume de Dieu était bien de ce monde, et que ce Royaume, c’était elle. De même, aujourd’hui, ces nouveaux Pentecôtistes déclarent vouloir restaurer le Royaume de Dieu dans ce monde, prétendant eux aussi que ce Royaume, c’est eux. Tout cela, à cause de leur théologie du remplacement d’Israël par l’Eglise. Comme le dit l’adage bien connu : "Refuser d'apprendre les leçons de l'Histoire nous condamne à répéter les mêmes erreurs, et à en subir les mêmes conséquences".

Ce que les Réformateurs ont oublié, en ce qui concerne l'élection divine d'Israël et les dons de Dieu.

Mais il y a une autre conséquence de cette mauvaise interprétation de la Nouvelle Alliance prophétisée par Jérémie 31 :31. Il s'agit de la relation entre la théologie du remplacement et la croyance que les dons charismatiques du Saint-Esprit ont cessé avec la fin de l'époque des apôtres. Romains 11 nous met en garde contre ces deux erreurs jumelles, et nous indique clairement que ces deux erreurs découlent de la même source. Romains 11 :29 nous dit : "Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel." Paul emploie ici un verbe grec, traduit par "se repentir," qui n'est que la traduction du concept hébreu de "teshuva," qui signifie "revenir, retourner, s'en retourner."

Il affirme que les Juifs restent les bien-aimés de Dieu, et que le Seigneur n'annulera pas l'appel souverain qu'Il a adressé à Israël en tant que nation, grâce à leurs pères, avec lesquels Il avait conclu une alliance. De même, Dieu ne révoquera pas les dons qu'Il a accordés.

Que veut dire Paul ici, quand il parle des "dons" de Dieu ? Quel rapport fait-il entre le fait que Dieu ne Se repend pas de Ses dons, et le fait qu'Il ne Se repend pas de l'appel qu'Il a adressé à Israël ?

La réponse nous est donnée par l'examen du contexte de Romains 11 et par la structure de l'épître, conçue comme une lettre.

Pour commencer, il n'existe pas de chapitres dans le manuscrit original. Le chapitre 11 doit être lu à la lumière des chapitres 9 et 10 qui le précèdent, et en n'oubliant pas le chapitre 12 qui le suit.

Les chapitres 9 à 11 concernent l'élection d'Israël, et les objectifs prophétiques d'Israël en ce qui concerne l'Eglise. Après avoir rappelé que la Loi avait été accomplie par le Messie, Paul développe ensuite le thème du reste fidèle d'Israël et, par implication, du reste fidèle parmi les Gentils.

Greffé sur l'olivier franc.

Le chapitre 11 répète par trois fois que Dieu n'en a pas fini avec Israël et les Juifs.

Bien que certains Juifs, à titre individuel, puissent accepter Jésus, et restent donc attachés à leur propre olivier, la plupart l'ont rejeté. Ils ont donc été coupés de l'olivier, pour être remplacés par des Gentils convertis à Christ. Par la suite, certains Juifs, qui avaient d'abord rejeté Jésus, en viennent à L'accepter, ce qui signifie qu'ils sont greffés à nouveau sur leur propre olivier.

Mais l'olivier reste le même. Les Gentils qui ont cru remplacent sur l'olivier les Juifs qui n'ont pas cru, et sont incorporés à Israël, dans un sens spirituel. L'olivier continue à être Israël, et certaines de ses branches finales seront de nouveau des Juifs convertis à Jésus, tout comme l'étaient les premières branches.

Après cela, au chapitre 12, Paul exhorte ses lecteurs à être transformés par le renouvellement de leur intelligence, et à ne pas se conformer au monde.

Paul parle ensuite de la question des dons spirituels dans la vie du Corps. Ces dons comprennent non seulement les dons de service, d'enseignement et de direction spirituelle, mais aussi les dons charismatiques, comme celui de prophétie (verset 5).

Ainsi, Romains 11 :29 sert de transition naturelle entre ce qui précède, et ce qui sera expliqué par la suite. Le contexte exégétique de ce verset révèle une progression thématique claire entre les divers aspects de la vie de l'Eglise, chacun conduisant aux autres. D'où le thème expliquant que tous, Juifs et Grecs, sont perdus et ont besoin d'être sauvés. Cela est expliqué dans les premiers chapitres de l'épître, puis est suivi logiquement par l'exposé de Paul sur la nécessité de la Loi, qui conduit notre nature déchue au salut par la foi et à la nécessité d'un Sauveur.

Puisque la Loi a été accomplie par Jésus, on doit logiquement se poser la question de ce qu'il va advenir des Juifs, à présent que le Messie est venu pour accomplir la Torah.

Ainsi, Romains 9 à 11 constituent l'étape suivante naturelle. Paul appuie ces chapitres sur le fondement qu'il a posé précédemment.

Là encore, nous constatons une progression naturelle des thèmes, en une suite logique de questions théologiques et doctrinales, qui trouvent leur réponse dans les sections suivantes.

L'épître traite ensuite des points suivants dans le même ordre logique : de quelle manière notre vie chrétienne, en tant qu'individus, ainsi que la vie de l'Eglise,, en tant que Corps, doit être menée pour transmettre cette nouvelle Loi de la Grâce. Ainsi, après nous avoir exhortés à la sainteté et à l'humilité, Paul nous parle de la vie du Corps, et du rôle de chaque membre de l'Eglise dans l'exercice des dons spirituels qu'il a reçus.

C'est là que Romains 11 :29 redevient essentiel. Dieu ne Se repentira des choses qu'Il a confiées à Israël comme à l'Eglise.

Si Dieu en avait fini avec Israël, à cause de son infidélité, j'aimerais trouver une seule raison pour laquelle ce même Dieu, qui hait les balances injustes, en aurait aussi fini avec l'Eglise, à cause de son infidélité.

Il est vrai qu'il n'y a jamais eu qu'un petit reste fidèle parmi Israël. Les Juifs convertis à Jésus font aujourd'hui partie de ce petit reste, tout comme ceux qui n'avaient pas fléchi le genou devant Baal à l'époque d'Elie (Romains 11 :1-5).

De même, il n'y a jamais eu qu'un petit nombre de Chrétiens qui soient vraiment restés fidèles au Seigneur. Comme nous l'avons souvent affirmé, il est heureux, pour Israël comme pour l'Eglise, que la validité d'une alliance dépende, non pas de l'infidélité des hommes, mais de la fidélité de Dieu !

Luther et le Troisième Reich.

Suivant en cela l'antisémitisme de Saint Jean Chrysostome, et non le "philosémitisme" de Paul, Luther a oublié Romains 9 à 11.

C'est quelque chose de réellement étrange, compte tenu du fait que Luther considérait l'épître aux Romains comme le texte central de toute la Bible, celui qui la résumait tout entière !

Luther attendait que tous les Juifs acceptent le Christ que leur présentait le Christianisme Protestant Evangélique, comme une alternative à l'idolâtrie de l'Eglise Romaine. Luther demandait que tous les Juifs qui n'accepteraient pas Jésus-Christ soient enfermés dans des enclos, et obligés de se convertir à la pointe de l'épée !

Il enseigna aux Luthériens qu'ils étaient condamnables, s'ils ne massacraient pas les Juifs pour prouver qu'ils étaient Chrétiens. Ils finirent par le faire, et tout cela s'acheva par l'Holocauste. Dans "Mein Kampf", Hitler citait Luther avec délices.

Ce même Luther, qui a inspiré la Réforme, a aussi inspiré l'Holocauste, parce qu'il avait oublié Jérémie 31 :31 et Romains 11 : 1-29.

Au lieu de purger l'Eglise de son Histoire antisémite, pour provoquer les Juifs à la jalousie, comme Dieu nous le demande dans Romains 11 :12-14, Luther acheva son ministère comme un vulgaire vieux tyran meurtrier, tout comme les Papes avant lui. Il avait simplement remplacé la haine du Juif propre à l'Inquisition espagnole par la haine du Juif propre au Protestantisme allemand, pavant ainsi la route au Troisième Reich.

En ne comprenant pas la vraie signification de Jérémie 31 :31, Luther n'a pu éviter de réunir l'Eglise et l'Etat. Il a judaïsé l'Eglise, finissant par prendre une position réactionnaire lors de la révolte des paysans allemands. Il appela à poignarder ces paysans dans le dos, afin de préserver l'union de son Eglise avec la noblesse gouvernante allemande.

L'ardeur meurtrière excessive de Luther poussa son propre protégé, Melanchthon, à se distancer de lui. Les Calvinistes étaient un peu mieux disposés envers les Juifs, comme le furent par la suite d'autres Protestants, en Hollande et en Angleterre. Mais ce ne fut pas le cas de Luther et des premiers Réformateurs.

Les dons spirituels n'ont pas été abolis.

La seconde moitié de Romains 11 :29 fait remarquer que Dieu ne révoquera pas Ses dons spirituels, dont Paul parle au chapitre 12. Nous pouvons voir ici ce dont le Saint-Esprit nous met en garde.

Romains 11 nous exhorte à ne pas oublier que c'est la racine qui porte l'Eglise, cette racine étant toujours Israël.

Romains 12 nous encourage à exercer nos dons, de concert avec les autres membres du Corps. Le Seigneur connaissait d'avance le danger de croire, à tort, que Dieu en avait fini avec Israël. De même, dans le même verset, le Seigneur nous met en garde contre le danger de croire, à tort, que le Seigneur en a fini avec Ses dons spirituels.

L'erreur de croire que Jésus en a fini avec les Juifs est aussi grave que celle de croire que Dieu en a fini avec les dons spirituels.

Ces deux erreurs ont la même source : une théologie déséquilibrée des dispensations, qui prétend que nous sommes à présent passés à une autre "dispensation," à un autre ensemble de règles que celles qui existaient à l'époque de l'Eglise apostolique. Cela revient à considérer que l'Eglise primitive était "parfaite." Cela revient aussi à considérer que "ce qui est parfait" nous est parvenu sous la forme d'un livre (le Nouveau Testament). On considère le Nouveau Testament avec le même état d'esprit que celui des Musulmans quand ils considèrent leur Coran, ou que celui des Mormons quand ils considèrent leur Livre de Mormon (sauf que, bien entendu, le Nouveau Testament est réellement la Parole de Dieu).

Ceux qui croient que les dons ont cessé se comportent, en essence, de la même manière que les Musulmans et les Mormons. Ils finissent par croire, comme les Musulmans et les Mormons, qu'ils sont entrés dans une sorte de "troisième alliance," distincte des deux premières, tout en disant que cette troisième alliance présente une certaine continuité avec les autres, mais aussi qu'elle a abandonné certaines dispositions des alliances précédentes.

On parvient à cette position par une mauvaise compréhension de 1 Corinthiens 13, en prétendant, à tort, que "ce qui est parfait," qui devait venir, est le Canon parfait du Nouveau Testament.

Toutefois, selon une exégèse correcte, si "ce qui est parfait" est déjà venu, comme le dit le texte, alors l'espérance et la foi ont aussi été abolies, et ne sont plus nécessaires. Seul l'amour devrait demeurer.

Pourtant, ceux qui croient que les dons ont cessé ne rejettent pas la nécessité de l'espérance et de la foi. Il est clair que leur argumentation ne peut que s'écrouler.

Même aujourd'hui, nous voyons certains de ceux qui croient que les dons ont cessé, comme Peter Masters et Jerry Falwell, faire dire à l'Ecriture des choses qu'elle ne dit pas, avec la même "liberté d'interprétation" que celle des partisans de "l'expérience de Toronto," qui affirment sans vergogne des choses que Dieu n'a jamais écrites dans Sa Parole.

Le "ce qui est parfait" de 1 Corinthiens 13 fait référence, bien sûr, au retour de Jésus-Christ. Avant le Concile de Nicée, les premiers Pères de l'Eglise, comme Saint Irénée, immédiatement après l'ère des apôtres, luttaient pour défendre l'enseignement apostolique (par exemple, celui de la Didache), contre les assauts des hérésies gnostiques, qui menaçaient de pervertir l'Eglise.

Ils ont clairement affirmé que les manifestations miraculeuses de l'Eglise apostolique n'avaient pas cessé avec la disparition des apôtres.

Selon Hégésippe, cité par Eusèbe, Irénée était dans la droite ligne de la succession apostolique, depuis l'apôtre Jean, à Ephèse, par l'intermédiaire du mentor d'Irénée, le martyr Polycarpe.

De même, les patriarches du Protestantisme Arminien, comme John Wesley (du moins ceux qui ne défendaient pas une interprétation particulière de l'élection ou du salut éternel inconditionnel), ainsi que les patriarches Réformés Calvinistes, comme Jonathan Edwards et George Whitefield, ont rendu témoignage dans leurs écrits que les dons charismatiques et les manifestations du Saint-Esprit étaient fréquents dans leur ministère. Car le Saint-Esprit y était réellement à l'œuvre, contrairement à ce qui se passe dans le mouvement de Toronto. D.L. Moody, comme R.A. Torrey, fondateurs de l'Institut Biblique Moody, ont témoigné dans leur biographie qu'ils avaient reçu le baptême du Saint-Esprit.

Pour ma part, je crois que le Saint-Esprit vient habiter dans le Chrétien dès l'instant de sa nouvelle naissance. Je crois en "une seule foi et un seul baptême." Mais je crois aussi en un baptême du Saint-Esprit qui peut être une première expérience chronologique, au moment de la nouvelle naissance, ou à la suite de la régénération, mais qui peut être suivi de nombreuses autres occasions où l'on peut être à nouveau "rempli."

Nous pouvons donc conclure que les partisans de la cessation des dons spirituels, tout comme les partisans d'un hyper "charismatisme" déséquilibré, fondent leurs prétentions sur une mauvaise exégèse biblique pour justifier leurs conclusions. En outre, tous ignorent certainement les témoignages historiques de ceux qu'ils considèrent comme leurs pères spirituels.

Par exemple, nous voyons que Guy Chevreau, ardent défenseur du "saint rire" de Toronto, n'hésitait pas à affirmer que les mêmes choses se sont produites lors des grands réveils historiques passés. Il citait par exemple les récits de Daniel Rowland.

Toutefois, quand nous lisons Daniel Rowland, nous constatons que ces manifestations extrêmes de rire étaient immédiatement arrêtées par les conducteurs spirituels, qui les considéraient comme des contrefaçons sataniques. Guy Chevreau n'a donc pas hésité à publier un mensonge pour promouvoir Toronto.

De même, les avocats les plus ardents de la cessation des dons spirituels citent ce qui se passait au cours des grands réveils qui ont accompagné le ministère de Jonathan Edwards. Mais ils veulent ignorer que ces hommes dont ils se réclament étaient manifestement des charismatiques. C'est encore une preuve de malhonnêteté.

A la racine de toutes ces erreurs, il faut encore remonter aux Réformateurs. En voulant réagir contre les faux miracles invoqués par l'Eglise Catholique médiévale, et contre toutes les pratiques frauduleuses de Rome, les Réformateurs ont fini par jeter le bébé avec l'eau du bain. Ils avaient en aversion les miracles et toutes les manifestations surnaturelles. Aujourd'hui, il en est de même pour tous les non-charismatiques, qui rejettent toutes les manifestations charismatiques, simplement à cause des excès de certains hérétiques comme Benny Hinn ou Marilyn Hickey.

Comme nous le faisons toujours remarquer, Paul nous dit que l'usage correct des dons spirituels doit donner à ceux qui ne sont pas sauvés le désir de l'être, et aux non charismatiques le désir de devenir charismatiques. Mais la présence de faux dons spirituels, comme le mauvais usage des vrais dons spirituels, permettront toujours aux non-charismatiques de nous traiter de fous, et de rejeter ce que nous avons (1 Corinthiens 14 :1-23).

Tous les croyants sont des sacrificateurs.

Une autre conséquence de toutes ces erreurs concerne le ministère de tous les croyants, en tant que sacrificateurs, comme nous le voyons dans 1 Pierre 2 :5. Je répète ici qu'avant de tenter de paganiser l'Eglise, Satan s'est d'abord efforcé de la judaïser, en instaurant une classe de "sacrificateurs et de prêtres", un clergé possédant des pouvoirs supérieurs à ceux des simples "laïcs."

D'après la Bible, il est clair que tous les Chrétiens ne sont pas appelés à être anciens, ni à exercer un ministère "à plein temps." Toutefois, chaque Chrétien est un sacrificateur et un "prêtre." Chacun possède un ministère. Le Corps de Christ doit être un organisme dans lequel chaque membre exerce sa fonction et ses dons.

On a remplacé la classe des Lévites, qui étaient les sacrificateurs de l'Ancien Testament, par un système religieux de "pasteurs" et de conducteurs spirituels, un clergé séparé, qui n'a plus rien à voir avec le ministère biblique de tous les Chrétiens. A cela, on a ajouté une lourde "couverture spirituelle," clairement condamnée par Ezéchiel 34 ou Matthieu 23. On appelle ce système religieux "la doctrine des Nicolaïtes" (Apocalypse 2 :6).

Luther, et c'est tout à son honneur, a justement réagi contre les abominations de l'Eucharistie et de la transsubstantiation, qui prétend que le pain et le vin de la Messe Catholique se transforment littéralement en vrai corps et vrai sang de Jésus, que l'on peut ensuite adorer comme une nouvelle incarnation de Jésus. On peut faire remonter cette croyance aux enseignements aristotéliciens de Thomas d'Aquin, qui furent ensuite promulgués par la Scholastique médiévale.

Luther et les Réformés ont justement mis l'accent sur la prêtrise de tous les Chrétiens. Ils se sont opposés à l'idolâtrie et au "cannibalisme" de la transsubstantiation, ainsi qu'à l'hérésie de la Messe, considérée par les Catholiques comme une réédition du sacrifice du Calvaire.

Luther croyait en une sorte de consubstantiation. Il croyait en une présence divine littérale, mais spirituelle. Il rejetait la transsubstantiation et le blasphème de la Messe. Le sacrifice de Jésus a été efficace une fois pour toutes, comme l'épître aux Hébreux le déclare clairement. Son expiation sur la Croix a été suffisante, et Jésus ne doit pas mourir sans cesse au cours de la Messe.

Les Réformateurs se sont donc justement opposés à la notion erronée d'un clergé qui serait seul dépositaire du ministère de sacrificateur et de prêtre. Cependant, en adoptant la doctrine de la cessation des dons spirituels, les Réformateurs ont fini par oublier ce qu'était le ministère universel de tous les Chrétiens.

Pour que le ministère de tous les Chrétiens puisse réellement s'exercer, il faut enseigner que tous les Chrétiens doivent exercer dans le Corps les dons spirituels qu'ils ont reçu du Seigneur. Au lieu de cela, les Réformateurs ont fini par retourner au modèle Catholique d'un clergé séparé.

Dans ce domaine également, les Réformateurs ont oublié d'aller jusqu'au bout de leur réforme !

Selon la Bible, les pasteurs et les anciens ne sont que des ministères particuliers dans le Corps. Parce qu'ils ont oublié que les dons spirituels incluent les signes charismatiques dont parle Romains 12 et 1 Corinthiens 12 à 14, les Réformateurs ont perpétué la plaie d'un clergé Protestant séparé, qui n'a fait que prendre la suite du clergé Catholique Romain.

Il faut toutefois reconnaître que certains mouvements non-charismatiques, comme les Baptistes et les églises de Frères, n'ont pas institué de clergé aussi pesant. Ils se sont rapprochés beaucoup plus du modèle biblique du ministère universel des Chrétiens, contrairement aux églises Protestantes traditionnelles.

Beaucoup de dénominations Pentecôtistes elles-mêmes se sont aujourd'hui hiérarchisées, et dotées d'un "clergé" séparé, au point qu'elles sont devenues presque des sectes, et ont dépassé la plupart des églises Protestantes modérées dans l'application de la "doctrine des Nicolaïtes" !

Pourtant, c'est bien aux Réformés qu'il faut faire remonter la source de tous ces maux. En oubliant ce que dit Romains 11 :29, que Dieu n'en a pas fini avec les Juifs, les Réformateurs ont simultanément oublié ce que Dieu dit aussi dans le même verset, que Dieu n'en a pas fini avec les dons spirituels.

Ce que les Réformateurs ont oublié, en ce qui concerne les missions.

A cause de leur doctrine du remplacement d'Israël par l'Eglise, et mis à part le très peu connu Caspar Schwenkelfeld, Réformateur de la Silésie, qui était de loin le Réformateur le plus proche de la doctrine biblique, les autres Réformateurs ont mal interprété beaucoup de choses. Cela ne pouvait qu'aboutir à la dégénérescence de la plupart des églises Protestantes. En raison de leurs erreurs fondamentales, ces églises ne pouvaient que dégénérer.

Même après avoir remis en vigueur la justification par la foi, et l'autorité de la Bible, le Protestantisme, dès son début, a laissé subsister en son sein beaucoup de membres qui n'étaient ni régénérés, ni justifiés, ni fondés sur la Bible. Car les racines du Protestantisme étaient humanistes, et il n'a pas réussi à extirper radicalement tout ce qui n'était pas conforme aux Ecritures, malgré les tentatives des Baptistes et, plus tard, des Pentecôtistes.

Aujourd'hui, le Protestantisme occidental est effectivement mort.

Nous pouvons le constater, par exemple, dans le réveil des nationalismes Ecossais et Gallois. Les Celtes et les Anglo-Saxons n'ont jamais pu réellement s'entendre. Seule leur crainte commune de Rome leur avait permis de se rapprocher. A présent, ce n'est plus le cas.

L'Eglise Romaine elle-même est sur le déclin. Ce qu'elle perd numériquement, elle ne le regagne que par l'œcuménisme, sauf en Amérique Latine et aux Philippines, où une autre réforme est en route au sein du Catholicisme, réforme qui s'est répandue dans les zones Catholiques de l'Amérique du Nord et dans certains pays Catholiques d'Europe.

Les missions.

Cela nous permet de parler des missions. Les Réformateurs n'ont pas manifesté le besoin de s'engager dans des missions. Ils n'ont pas considéré que l'évangélisation était le meilleur moyen de gagner les Catholiques.

Ils ont remplacé l'évangélisation par ce qui était, au mieux, un mélange de politique et de polémique et, au pire, par la guerre (quoique la plupart de leurs guerres aient été défensives).

A l'époque des Colloques de Marlborough, il a existé de réelles tentatives, de la part des Protestants, de se réconcilier avec Rome par le dialogue. Plus tard, les Protestants qui eurent des ambitions politiques ont pu chercher le soutien de Rome, ce qui les a empêchés de chercher à convertir les Catholiques. Nous voyons aujourd'hui se reproduire les mêmes choses sous nos yeux.

De prétendus Chrétiens évangéliques aux ambitions politiques, comme Pat Robertson (qui a abandonné l'orthodoxie biblique pour embrasser la doctrine du Royaume Maintenant et l'expérience de Toronto), ont rejoint Chuck Colson, J.I. Packer et Bill Bright, pour signer avec eux un engagement à ne pas évangéliser les Catholiques Romains, et à considérer l'Eglise Catholique comme une Eglise chrétienne.

Pourtant, l'Eglise Catholique est toujours restée fidèle au Concile de Trente, et aux doctrines antichristiques de l'infaillibilité pontificale, de la régénération par le sacrement du baptême, des prières aux morts (qui ne sont que de l'invocation des esprits et de la nécromancie), et de la transsubstantiation (qui nie l'efficacité du sacrifice de la Croix et qui n'est qu'une forme de cannibalisme).

J'écris ces lignes en me rappelant que ma mère était Catholique, et qu'elle a un grand fardeau pour les âmes Catholiques.

James Dobson et Michael Green soutiennent aussi les mêmes points de vue. Quant à George Carey, primat de l'Eglise Anglicane, il milite pour une réunification avec Rome, et décourage l'évangélisation des Juifs.

Carey, s'adressant à une Convention de Chrétiens et de Juifs, proposa une résolution condamnant la conversion des adeptes d'autres religions, en rébellion directe contre les commandements de Jésus.

Des organisations comme l'Ambassade Chrétienne Internationale ou l'Opération Exodus ont remplacé l'évangélisation des Juifs par une sorte de sionisme politico-social, en opposition directe avec la mission d'évangélisation que nous confie la Bible.

Nous pouvons assister aujourd'hui à des forums théologiques où l'on cherche une réconciliation avec Rome, au moyen d'un dialogue qui interdit toute évangélisation des Catholiques.

Il en est de même des dialogues interconfessionnels entre les Rabbins et le clergé Romain, qui considèrent ces forums comme des moyens d'empêcher les Chrétiens évangéliques de partager l'Evangile avec les adeptes de leurs religions.

L'Eglise Catholique déclare pourtant de plus en plus clairement que le dialogue œcuménique ne peut aboutir qu'à un retour à Rome.

Comme les Réformateurs, beaucoup de dirigeants Protestants Evangéliques oublient l'enseignement de la Bible en ce qui concerne les missions. En oubliant que la Nouvelle Alliance n'était pas comme l'Ancienne (Jérémie 31 :31), les Réformateurs ont considéré les missions comme on les considérait sous l'Ancien Testament.

Comme l'Europe était déjà christianisée, Luther avait déclaré que la Grande Commission avait déjà été accomplie, et qu'il ne fallait plus y penser. Comme l'Eglise était à présent le Nouvel Israël, il fallait continuer à faire ce que faisait l'Israël antique, c'est-à-dire "témoigner par l'exemple." Il oubliait en passant que le Judaïsme de la période du Second Temple était une religion qui faisait du prosélytisme (Matthieu 23 :15).

Luther n'a donc pas éprouvé le besoin d'envoyer des missionnaires. Comme les Croisés et les Musulmans l'avaient fait avant eux, les Protestants ont plutôt cherché à convertir les âmes à la pointe de l'épée.

La redécouverte des missions.

Plus tard, Justinien Welz a rejeté cette erreur, et a lui-même disparu comme missionnaire dans la jungle de l'Amérique Centrale.

Les premiers Baptistes pensaient davantage aux missions. Par la suite, les Baptistes devinrent plus "universalistes." Le mouvement Baptiste fut corrompu par des formes extrêmes de Calvinisme.

Ils poussèrent si loin les doctrines de la prédestination et de la "grâce irrésistible," qu'ils dénoncèrent William Carey, dans son désir d'envoyer des missionnaires à l'étranger. Ils lui dirent : "Reste tranquille ! Si Dieu veut convertir les païens, Il le fera Lui-même, sans ton aide ni la nôtre !"

Finalement, ce furent les églises non conformistes, principalement des Baptistes indépendants, des Mennonites, des Frères Moraves, des Méthodistes, puis des membres des églises de Frères, qui restaurèrent les missions.

Sous le règne de la reine Marie, les martyrs Protestants Anglais avaient continué à proclamer l'Evangile jusqu'à leur mort, et il avait existé une forme d'évangélisation dans la Genève de Calvin ou l'Ecosse de Knox.

Mais ce furent les Puritains comme Joseph Alleine et son "Cri d'alarme aux inconvertis" (qui eut une grande influence sur Whitefield et Spurgeon), qui ont réellement restauré l'évangélisation en Angleterre, comme certains l'avaient déjà fait en Ecosse.

Dans l'ensemble, les Réformateurs ne se sont pas souciés des missions, contrairement aux Chrétiens évangéliques antérieurs au Protestantisme, comme les Vaudois, qui furent cruellement persécutés, mais qui continuèrent à évangéliser.

William Carey, le Docteur Livingstone et Hudson Taylor furent des pionniers des missions. Plus tard, on assista aussi à la renaissance de l'évangélisation des Juifs, avec le Frère Rabinovitch en Europe orientale, Leopold Cohen, un rabbin orthodoxe qui se convertit en Amérique, ou David Barren, un Juif qui se convertit en Grande-Bretagne. Ils ressuscitèrent les missions consacrées aux Juifs, et ravivèrent les cendres de l'Histoire de l'Eglise. Tous ceux-là avaient compris que le Livre des Actes pouvait être aussi actuel aujourd'hui qu'à l'époque où il avait été écrit !

Une vie d'entre les morts.

Bien que je ne puisse pas négliger les erreurs et les manquements de la Réforme, je ne peux pas non plus condamner les Réformateurs eux-mêmes pour ces mêmes erreurs et manquements. La plupart étaient bien intentionnés. Comme nous-mêmes, c'étaient des hommes faillibles qui vivaient à une époque compliquée et difficile. Ils ont au moins essayé de faire ce qu'ils pensaient être le meilleur pour servir leur Seigneur.

Si j'avais été à leur place, je pense que je n'aurais pas pu éviter certaines de ces erreurs, qu'aujourd'hui, rétrospectivement, je peux critiquer aussi facilement.

Pourtant, en ce qui concerne Israël et le salut des Juifs, je ne peux que me lamenter de tout ce que les Réformateurs ont oublié. Mais je ne peux aussi que me réjouir de voir que nombreux sont aujourd'hui ceux qui se le rappellent à nouveau, après tant de longs siècles d'oubli.

"Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie d'entre les morts ?" (Romains 11 :15).

Puissions-nous ne jamais l'oublier !

Un petit glossaire :

Anabaptistes : Appelés parfois les "radicaux" ou "l'aile gauche" de la Réforme. Ils refusaient le baptême des nourrissons. Ils soutenaient que seuls ceux qui étaient assez âgés pour comprendre la signification de la foi et la repentance, pouvaient être baptisés. Ils furent partout persécutés. Des dizaines de milliers d'entre eux furent massacrés au cours du seizième siècle.

(Saint) Augustin (354-430) : Né à Hippo, en Afrique du Nord. Fut un auteur prolifique, qui a été appelé le "père de la théologie orthodoxe."

(Saint) Cyprien (200-258) : Evêque de Carthage. Enseignait que l'unité de l'Eglise était "épiscopale" et non théologique : le fait d'être séparé des évêques signifiait être séparé de la véritable Eglise. C'est lui qui a fait certaines déclarations classiques comme : "Celui qui n'a pas l'Eglise pour Mère ne peut avoir Dieu pour Père" ou "Hors de l'Eglise, point de salut."

(J.N.) Darby : Fut le dirigeant, mais non le fondateur, des "Frères de Plymouth." Il a joué un rôle majeur dans la division des Frères de Plymouth en "Frères larges" et "Frères étroits."

Erasme (1466-1536) : Desiderius Erasmus, appelé parfois Erasme de Rotterdam. Il faut le principal Humaniste Chrétien de l'ère de la Réforme. Fut particulièrement remarqué pour sa publication du Nouveau Testament en Grec, qu'il traduisit lui-même en Latin.

Eschatologie : Etude des derniers jours, de la consommation de l'Histoire, et de l'achèvement de l'œuvre de Dieu dans le monde.

(Mouvement) Evangélique : Mouvement informel attaché à la défense de l'Evangile (la Bonne Nouvelle), ou, du moins, ce qu'en a compris le Protestantisme historique. Il met l'accent sur la nécessité d'un engagement personnel envers Jésus, et sur l'autorité de la Bible.

Futurisme : Mouvement eschatologique qui considère les événements de la "fin des temps" comme essentiellement futurs.

Gnosticisme : Mouvement religieux qui enseignait un salut qui n'était pas reçu par la foi, ni par les œuvres, mais par la possession d'une connaissance secrète, la Gnose.

Hellénistique : Qui concerne la culture et la langue grecques, ainsi que la perspective historique propre aux Grecs.

Historicisme (1554-1600) : Mouvement eschatologique qui considérait que la "événements de la fin" se sont passés au moment où la Bible était rédigée, et qu'ils font donc partie du passé.

Humanisme : L'Humanisme Chrétien enseigne que les individus et leur culture ont une valeur intrinsèque, et que la poursuite de nos objectifs dans ce monde est non seulement licite, mais aussi méritoire. Les Humanistes accordent de l'importance à la culture, mais confessent aussi que les hommes ne trouvent leur plein développement que dans une relation juste avec Jésus-Christ.

Midrash : Mot Hébreu qui signifie "rechercher, examiner, investiguer." Employé pour décrire la méthode rabbinique d'exégèse biblique, utilisée à l'époque de Jésus et de Paul.

Montanisme : Mouvement prophétique né vers 172, et nommé d'après Montanus et ses disciples. Ils appelèrent le peuple à se préparer pour le retour de Christ, en écoutant la voix du Paraclet, parlant par la bouche de Ses prophètes. Leurs prédictions concernant l'imminence de la fin se révélèrent fausses.

Néo-Gnosticisme : Versions modernes du Gnosticisme, qui enseigne que le salut s'obtient sur la base d'une connaissance secrète.

Origène (185-254) : L'un des Pères Grecs de l'Eglise. L'un des premiers critiques textuels de la Bible : c'est lui qui fut l'un des premiers à rédiger une déclaration systématique de la foi, et l'un des premiers à commenter la Bible.

Parousie : Terme grec qui fait référence au retour de Jésus.

Philon : Ecrivain Juif prolifique qui vivait à l'époque de Jésus-Christ. Sa doctrine était un mélange de Stoïcisme et de Platonicisme, mais il restait fidèle au Judaïsme.

Prétérisme : Mouvement eschatologique qui considère que la plupart des événements de la fin des temps étaient futurs à l'époque de la rédaction de la Bible, mais qu'ils ont été accomplis au cours de l'Histoire de l'Eglise, et qu'ils sont donc aujourd'hui passés.

(Théologie du) remplacement : Théologie qui enseigne qu'Israël a manqué le plan de Dieu, à cause de ses péchés, et a été remplacé par l'Eglise.

(Hérésie) de Sabellius : Enseignait que la Trinité n'est pas constituée d'un seul Dieu en trois Personnes distinctes, mais d'une seule Personne, qui Se manifeste de trois manières différentes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Scholastique : Forme de philosophie et de théologie chrétiennes, qui s'est développée à l'époque médiévale en Europe, sous l'influence de théologiens considérés comme des "maîtres."

Tanach : Acronyme Juif, employé pour désigner l'Ancien Testament.

(Prophètes de) Zwickau : Désigne trois hommes originaires de Zwickau, qui visitèrent Wittemberg en 1521. Ils proclamaient que Dieu parlait directement à Son peuple par Ses prophètes, et révélait Sa volonté par des visions et des songes, plutôt que par les Ecritures. Ils firent de nombreuses prophéties qui ne s'accomplirent pas.