Envoyer à un ami

A380 Difficultés concernant la foi. Ne compliquons pas ce que Dieu a voulu simple !

Hannah Whitall Smith (1/14)

Source  http://www.ccel.org
(Christian Classics Ethereal Library, Calvin College).

Article traduit par Henri Viaud-Murat, publié autrefois sur le site Internet paroledevie.org (site fermé depuis Août 2007).

Premier article d'une série de 14 articles.

Cet article est un des chapitres du livre : "Christian's Secret of a Happy Life" (Le secret d'une vie chrétienne heureuse). L'auteur explique ce qu'est la vraie foi, et comment l'exercer.

Dans la progression de notre âme, hors du désert de l'expérience chrétienne, et jusqu'à notre entrée dans la terre où coule le lait et le miel, la première étape est celle de la consécration. La seconde est celle de la foi. Là, comme pour la première étape, l'ennemi est très habile pour accumuler devant nous des obstacles et des difficultés.

Quand l'enfant de Dieu ouvre ses yeux spirituels pour réaliser la plénitude qui l'attend en Jésus, il désire ardemment s'approprier cette plénitude. Il entend alors de tous les côtés, de la part de tous ceux qui l'enseignent, qu'il ne peut recevoir cette plénitude que par la foi. Mais ce thème de la foi est enveloppé d'un tel mystère dans son intelligence, que cette déclaration, au lieu de l'éclairer sur les moyens d'entrer dans cette plénitude, l'enfonce dans un abîme de perplexité.

Il se dit : "Bien entendu, tout s'obtient par la foi. Je sais que toutes choses, dans la vie chrétienne, se reçoivent par la foi. Et c'est bien cela qui rend les choses si difficiles. Car je vois bien que je n'ai pas la foi. Je ne sais même pas ce que c'est, ni comment l'obtenir !" Alors, l'enfant de Dieu, dérouté dès le début par cette insurmontable difficulté, est plongé dans les ténèbres, et frôle le désespoir.

Son problème vient du fait que tout ce thème de la foi est en général très mal compris. Car, en réalité, la foi est la chose la plus simple et la plus évidente du monde, et aussi la plus facile à obtenir !

Je suppose que votre idée de la foi est quelque chose comme cela : vous considérez la foi comme un travail religieux de l'âme, ou comme une disposition intérieure du cœur, reçue par grâce. C'est, pour vous, quelque chose de tangible, que vous pouvez acquérir et posséder comme une sorte de trésor. Une fois que vous l'aurez reçu, vous l'utiliserez avec joie, comme un passeport qui vous permettra de recevoir les faveurs de Dieu, ou comme une monnaie avec laquelle vous pourrez acquérir Ses dons. Vous avez beaucoup prié pour avoir cette foi, vous attendant tout le temps à recevoir ce précieux sésame. Mais vous n'avez encore rien reçu de semblable, et vous en concluez que, jusqu'à présent, vous n'avez pas la foi !

En fait, la foi n'a absolument rien à voir avec cela ! Il ne s'agit pas de quelque chose de tangible, comme un bien que vous possédez. La foi, c'est tout simplement croire ce que Dieu vous dit. Elle ressemble à la vue, et ne peut être séparée de son objet. Elle n'existe pas de manière indépendante.

Supposez que vous fermiez un moment les yeux. Vous perdriez votre temps si vous vous demandiez tout le temps, alors que vos yeux sont fermés, si vous êtes capable de voir ! Ouvrez donc les yeux et exercez votre faculté de voir ! C'est en voyant quelque chose que vous savez que vous pouvez voir ! Il en est de même pour la foi. Cela ne sert à rien de vous examiner tout le temps pour savoir si vous avez la foi. C'est en croyant quelque chose que vous savez que vous avez la foi !

De même que la vue est le fait de voir, la foi n'est rien d'autre que le fait de croire. La seule chose qui vous est nécessaire pour savoir que vous pouvez voir, c'est de regarder quelque chose et de voir cette chose telle qu'elle est. La seule chose qui est nécessaire pour savoir que vous avez la foi, c'est de croire quelque chose, et d'accepter cette chose telle qu'elle est. L'important n'est pas le fait de croire, mais la chose que nous croyons ! Si vous croyez en la vérité, vous êtes sauvé. Mais si vous croyez un mensonge, vous êtes perdu ! Dans les deux cas, la foi est la même, mais son objet est différent. Les choses que vous croyez peuvent être diamétralement opposées, et c'est cela qui fait toute la différence !

Votre salut, en réalité, ne réside pas dans la qualité propre de votre foi. Ce n'est pas elle, en réalité, qui vous sauve en elle-même. Mais c'est le fait d'être mis en relation, par la foi, avec le Sauveur qui vous sauve ! Votre foi, en fait, n'est rien d'autre qu'un lien, qui vous met en relation avec le Sauveur, si vous vous servez de ce lien pour vous attacher à Lui et à Sa Parole. Mais vous pourriez vous servir de ce même lien pour vous attacher à un mensonge, qui vous conduirait alors à la perdition.

(NDE : L'incrédulité, dans ce cas, n'est pas le fait de ne pas croire. Mais c'est le fait de croire autre chose que la Parole de Dieu ! Le Seigneur a donné à tous les hommes la capacité de croire. Il a donné à tous Ses enfants une mesure de foi. Nous pouvons nous servir de cette foi pour croire en la Parole de Dieu, ou en la parole des hommes et du Malin. Ceux qui affirment ne croire en rien croient en fait qu'il n'y a rien ! Ils ont choisi d'utiliser leur foi pour croire au néant).

Je vous supplie donc de reconnaître l'extrême simplicité de la foi. Elle n'est rien de plus, et rien de moins, que croire ce que Dieu dit, quand Il dit qu'Il a fait quelque chose pour nous, ou qu'Il va faire quelque chose pour nous. Il suffit alors de placer en Lui notre confiance, pour Le laisser faire ce qu'Il a dit qu'Il ferait !

C'est tellement simple que c'est difficile à expliquer ! Si l'on me demande ce que signifie le fait de faire confiance à quelqu'un pour qu'il fasse un certain travail pour moi, je répondrais simplement que cela signifie que je dois laisser cette personne faire ce travail pour moi, et que je ne dois plus m'en occuper moi-même ! Chacun de nous a eu l'occasion de confier quelque chose de très important à quelqu'un d'autre, tout en étant parfaitement en paix, à cause de la confiance que nous avions en cette personne. Par exemple, il arrive très souvent que des mères, sans éprouver la moindre anxiété, confient leurs précieux enfants à d'autres personnes qui s'en occupent. Nous tous, nous confions continuellement, sans aucune crainte, notre santé, et même notre vie, à des cuisiniers, des domestiques, ou des conducteurs de trains et de tramways. Nous sommes complètement entre les mains de toutes ces personnes, qui pourraient nous causer beaucoup de problèmes, et même nous faire mourir, s'ils le voulaient, ou s'ils cessaient de bien faire leur métier ! Nous faisons cela constamment, et nous n'en faisons pas toute une histoire ! Nous faisons souvent confiance à toutes sortes de personnes que nous connaissons à peine, simplement sur la base d'une connaissance générale de la nature humaine, ou des règles communes qui régissent les rapports sociaux. Nous n'avons pourtant pas le sentiment que nous sommes en train de faire quelque chose de remarquable !

Cher lecteur, vous avez fait tout cela vous-même, et vous le faites continuellement. Vous ne pourriez pas vivre un seul jour dans ce monde, et accomplir toutes les actions quotidiennes de la vie, sans faire confiance à vos semblables. Et il ne vous est jamais venu à l'esprit que vous ne pouviez pas le faire !

Et pourtant, vous n'hésitez pas à dire, continuellement, que vous ne pouvez pas faire confiance à votre Dieu !

J'aimerais que vous puissiez essayer de vous imaginer en train de conduire vos relations humaines dans ce monde de la même manière que vous le faites pour vos relations spirituelles. Supposons qu'à partir de demain, vous vous mettiez en tête que vous ne pouvez plus faire confiance à personne, parce que vous n'avez pas la foi. Vous vous asseyez à table pour prendre votre petit-déjeuner, et vous dites : "Je ne peux rien manger aujourd'hui, parce que je n'ai pas la foi. Je ne peux pas croire que la cuisinière n'a pas mis du poison dans mon café, ni que le boucher ne nous a pas vendu du jambon avarié." Vous ne tarderiez pas à mourir de faim !

Vous vous rendez ensuite à vos occupations habituelles, en vous disant : "Je ne peux pas prendre le tram aujourd'hui, car je n'ai pas la foi. Je ne peux pas faire confiance au conducteur, ni à l'ingénieur qui a construit le tram, ni à ceux qui ont construit la ligne de chemin de fer ou la route." Vous seriez obligé de marcher tout le temps, et vous seriez vite épuisé. En outre, vous seriez incapable d'aller à tous les endroits où vous devez vous rendre, car vous n'auriez plus confiance en aucun moyen de transport.

Vous diriez ensuite à tous vos amis, ou à vos contacts de travail : "Je regrette, mais je ne peux plus vous croire, parce que je n'ai pas la foi. Je ne peux plus croire personne !" Vous ouvririez votre journal, mais vous seriez obligé de le reposer aussitôt, en disant : "Je ne peux pas croire un mot de ce qui est écrit dans ce journal, parce que je n'ai pas la foi ! Je ne crois même pas que nous avons une Reine, car je ne l'ai jamais vue personnellement. Je ne crois pas que l'Irlande existe, parce que je n'y suis jamais allé ! Je n'ai pas la foi ! Alors, bien entendu, je ne peux plus croire en rien, à moins de ne l'avoir moi-même vu ou touché. C'est une grande épreuve, mais je ne peux pas faire autrement ! Car je n'ai pas la foi !"

Imaginez que vous passiez un seul jour de votre vie dans cet état d'esprit ! Vous réalisez à quel point ce serait désastreux ! Tous ceux qui vous observeraient seraient persuadés que vous êtes devenu vraiment fou ! Comprenez-vous aussi que tous vos amis se sentiraient réellement offensés et insultés ? Si vous avez des domestiques, ils refuseraient de vous servir un jour de plus !

Posez-vous ensuite cette question : "Si un tel manque de foi envers mes semblables peut produire des résultats aussi désastreux, et si mon comportement en devient complètement insensé, qu'est-ce que cela doit être, sur le plan spirituel, si je dis à Dieu que je ne peux pas Lui faire confiance, ni croire en Sa Parole, et que c'est une grande épreuve, mais que je ne peux pas m'en empêcher, parce que je n'ai pas la foi ?"

Est-il possible que vous puissiez faire confiance à vos semblables, mais que vous ne puissiez pas faire confiance à votre Dieu ? Pouvez-vous accepter sans problème le témoignage des hommes, et ne pas recevoir le témoignage de Dieu ? Pouvez-vous croire ce que disent les hommes, et ne pas croire ce que Dieu dit ? Pouvez-vous confier sans crainte ce que vous avez de plus cher sur cette terre à des hommes faibles et faillibles, et craindre de confier vos intérêts spirituels à notre Sauveur béni, qui a versé Son sang pour vous sauver, et qui a déclaré qu'Il était "capable de vous sauver parfaitement" ?

Certainement, oui, certainement, cher croyant (ce terme même de "croyant" implique que vous pouvez croire), vous n'allez plus oser vous trouver des excuses, sous prétexte que vous n'avez pas la foi. Car, en disant cela, vous savez que vous voulez dire que vous n'avez pas foi en Dieu. Car il ne vous est pas demandé d'avoir foi en vous-même ! D'ailleurs, votre âme serait en fort mauvaise posture si vous aviez foi en vous-même ! Je vous en supplie donc, quand vous dites que vous n'avez pas la foi, ayez le courage de compléter votre phrase, et de dire : "Je n'ai pas foi en Dieu. Je ne peux pas croire en Dieu." Assurément, je crois que cette pensée deviendra tellement terrible pour vous, que vous n'oserez pas continuer à la garder !

Vous direz peut-être : "Je ne peux pas croire sans le Saint-Esprit." C'est vrai. Mais voulez-vous en conclure que si vous manquez de foi, c'est parce que le Saint-Esprit béni n'a pas accompli Son œuvre ? Si c'était le cas, il est certain que vous ne seriez pas à blâmer, et que vous n'auriez pas besoin de vous sentir condamné. Toutes les exhortations que l'on pourrait vous faire pour croire seraient inutiles.

Mais non ! Ne voyez-vous pas qu'en prenant cette position, en disant que vous n'avez pas la foi et que vous ne pouvez pas croire, en fait, non seulement vous faites Dieu menteur, mais vous manifestez aussi un flagrant manque de confiance dans le Saint-Esprit ? Car Il est toujours prêt à nous aider dans nos faiblesses. Nous n'avons jamais à attendre qu'Il agisse, c'est Lui qui attend que nous croyions ! Pour ma part, j'ai toujours une confiance absolue dans le Saint-Esprit béni ! Il est toujours prêt à accomplir Son œuvre. C'est pourquoi j'ose dire à chacun d'entre vous que vous pouvez croire maintenant, en ce moment même, et que, si vous ne le faites pas, ce n'est pas la faute du Saint-Esprit, c'est votre faute !

Mettez donc votre volonté en action, et décidez de croire ! Dites : "Seigneur, je veux croire ! Je crois !" Et continuez à le dire. Soyez déterminé à croire, en face de toutes les suggestions de doute qui peuvent venir vous tenter. Sortez délibérément de votre incrédulité, embrassez résolument la Parole et les promesses de Dieu, et osez vous abandonner à la puissance du Seigneur Jésus, qui est capable de vous garder et de vous sauver. Si vous avez déjà pu confier certains de vos précieux intérêts entre les mains d'un ami terrestre, je vous en conjure, confiez tous vos intérêts spirituels entre les mains de votre Ami Céleste ! Ne vous permettez plus jamais, JAMAIS, de douter à nouveau !

Rappelez-vous encore ceci : il y a deux choses qui ne peuvent absolument pas se mêler, tout comme l'huile et l'eau. Ce sont la confiance et l'inquiétude. Diriez-vous que vous faites confiance à un ami, à qui vous avez donné quelque chose pour qu'il s'en occupe, si vous passez ensuite vos nuits et vos jours à vous demander avec anxiété et inquiétude si vous avez bien fait, et si votre ami va réussir ? Pouvez-vous appeler cela de la confiance, si vous avez confié votre vie entre les mains du Seigneur, et si vous passez ensuite vos nuits et vos jours à vous demander avec anxiété si vous avez bien fait ? Un Chrétien qui fait réellement confiance au Seigneur, et qui Lui confie quelque chose, cesse de s'inquiéter à ce sujet, puisqu'il l'a confié au Seigneur. S'il s'inquiète, c'est la preuve certaine qu'il ne fait pas confiance au Seigneur. Si nous appliquons cette simple règle, nous constatons à quel point l'Eglise de Jésus-Christ fait bien peu confiance à Son Seigneur ! Il n'est pas étonnant que le Seigneur ait posé cette question pathétique : "Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (Luc 18 : 8). Il trouvera beaucoup de Chrétiens en pleine activité, certainement beaucoup de cœurs sérieux et consacrés. Mais trouvera-t-Il la foi, la seule chose à laquelle Il attache le plus de valeur ? C'est une question solennelle, et j'aimerais que chaque Chrétien l'examine sérieusement. Puisse s'achever le temps que nous avons passé dans l'incrédulité de ce monde ! Et que tous ceux qui connaissent notre Seigneur béni, qui est parfaitement digne de confiance, soient définitivement convaincus qu'Il est le Véritable et qu'Il ne ment pas, en Lui faisant pleinement confiance !

Je me rappelle, au début de ma vie chrétienne, avoir été profondément stimulée par ce que j'avais lu dans un recueil d'anciennes prédications, un appel adressé à tous ceux qui aiment le Seigneur Jésus, pour qu'ils montrent à tous à quel point le Seigneur est digne de confiance, par la fermeté de leur propre foi en Lui. Je me rappelle que mon âme avait profondément aspiré à être appelée à marcher dans des voies si sombres, que mon privilège glorieux et béni serait alors de m'abandonner au Seigneur dans une confiance complète.

Il se peut que vous ne soyez pas encore passé par de telles voies. Mais c'est aujourd'hui votre heureux privilège, plus que jamais auparavant, de prouver votre loyale confiance dans le Seigneur, en commençant à marcher avec Lui dans une vie de foi, et à passer chaque instant dans une confiance enfantine et absolue en Lui.

Vous Lui avez déjà fait confiance pour certaines choses, et Il ne vous a pas déçu. Faites-Lui maintenant confiance pour toutes choses. Et vous verrez s'Il ne fait pas pour vous infiniment au-delà de tout ce que vous pourrez penser ou demander ! Il agira dans votre vie non pas en fonction de vos capacités et de votre puissance, mais en raison de Sa puissance infinie, qui accomplira en vous tout le bon plaisir de Sa volonté bénie.

Vous n'avez pas de mal à faire confiance au Seigneur pour la direction de l'univers et de toute la création visible. Vos problèmes sont-ils plus difficiles à régler que ceux-là, au point d'être inquiet et anxieux quant à leur solution ? Loin de vous de tels doutes indignes ! Prenez fermement appui sur la puissance et la fidélité de votre Dieu, et vous verrez avec quelle rapidité toutes les difficultés s'évanouiront devant votre ferme détermination à croire ! Faites confiance quand vous traversez des ténèbres, faites confiance quand vous êtes dans la lumière, faites confiance la nuit, faites confiance dès le matin, et vous verrez que la foi deviendra de plus en plus pour votre âme une habitude facile et naturelle, même si cela peut exiger un certain effort au début.

Toutes choses sont possibles à Dieu, et tout est possible à celui qui croit ! Dans le passé, c'est par la foi qu'ils ont "vaincu des royaumes, exercé la justice, obtenu des promesses, fermé la gueule des lions, éteint la puissance du feu, échappé au tranchant de l'épée, guéri de leurs maladies, été vaillants à la guerre, mis en fuite des armées étrangères" (Hébreux 11 : 33-34).

Par la foi, vous pouvez encore le faire ! Car c'est le Seigneur Lui-même qui nous a dit : "Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible" (Matthieu 17 : 20).

Si vous êtes un enfant de Dieu, tout ce qu'il vous faut, c'est avoir au moins un grain de sénevé de foi. Vous ne devez donc plus oser répéter que vous ne pouvez pas faire confiance au Seigneur, parce que vous n'avez pas la foi ! Dites plutôt : "Je peux faire confiance à mon Seigneur, et je Lui ferai confiance ! Toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne pourront jamais me faire douter de mon merveilleux, glorieux et fidèle Rédempteur !"

Le plus grand événement de notre siècle a été l'émancipation des esclaves. On peut y trouver une merveilleuse illustration de la foi. Les esclaves ont reçu leur émancipation par la foi, tout comme nous devons recevoir la nôtre par la foi. Ils ont reçu la bonne nouvelle que le gouvernement avait proclamé leur liberté. En fait, ils ont été libres dès le moment où la Proclamation d'Emancipation a été faite. Mais ils n'ont pu entrer réellement en possession de leur liberté qu'après avoir entendu cette bonne nouvelle, et après avoir cru ! Il y eut d'abord le fait de l'émancipation légale. Mais il a fallu que les esclaves croient, avant de pouvoir bénéficier de ce fait. Puis, après tout cela, ils ont pu ressentir la réalité de leur libération. C'est toujours l'ordre divin des choses, tout comme l'ordre du sens commun : d'abord le fait, ensuite la foi, puis, enfin, la sensation. Mais l'homme a inversé cet ordre ! Pour lui, c'est d'abord la sensation, puis la foi, et enfin le fait.

Si les esclaves avaient suivi l'ordre des hommes, en ce qui concerne leur émancipation, et s'ils avaient refusé de croire avant d'avoir réellement senti qu'ils étaient libres, ils auraient pu rester longtemps encore dans la servitude ! J'ai entendu parler d'un témoignage où cela avait été le cas. Dans une petite ville retirée du Sud des Etats-Unis, une dame du Nord finit par découvrir, deux ou trois ans après la fin de la Guerre de Sécession, que certains de ses anciens esclaves n'avaient pas encore pris possession de leur liberté. Quand elle les informa que les Nordistes les avaient libérés, cela éveilla l'attention d'une vieille femme Noire, qui l'interrompit pour lui poser une question empressée :

  • Ma'ame, on est libwes ?
  • Bien sûr, vous êtes libres, répondit la dame.
  • Oh, ma'ame, es-tu cewtaine ? demanda la vieille femme avec un intérêt intense.
  • Mais oui, j'en suis tout à fait certaine, répondit la dame. Comment est-il possible que tu ne l'aies pas appris ?
  • Eh bien, dit la vieille femme, on a bien entendu diwe qu'on était libwes. On a demandé au maîtwe, et il a dit qu'on ne l'était pas. Alow, on a eu peuw de pawtiw. Et puis, on l'a entendu diwe à nouveau. On est allé voiw le colonel. Il a dit qu'on fewait mieux de wester avec le vieux maïtwe. Et on est westé comme ça. Pawfois, on a espéwé qu'on était libwes, et puis on a pensé qu'on ne l'était pas. Mais maintenant, ma'ame, si tu es sûwe qu'on est libwes, peux-tu bien m'expliquer tout ça ?

Voyant qu'il y avait là un problème sérieux, la dame prit la peine de tout expliquer à cette pauvre femme. Elle lui parla de la guerre entre le Nord et le Sud, d'Abraham Lincoln, de la victoire des Nordistes, de la Proclamation d'Emancipation des esclaves, et de leur liberté actuelle.

La pauvre esclave l'avait écoutée avec l'attention la plus soutenue. Elle entendit proclamer la bonne nouvelle. Et elle crut ! Quand l'histoire fut finie, elle dit à son ancienne maîtresse, en s'en allant : "Je suis libwe ! Je ne vais plus wester avec le vieux maîtwe !"

Elle avait enfin reçu sa liberté, et elle l'avait reçue par la foi ! Cela faisait longtemps que le gouvernement avait décrété sa liberté, mais cela ne lui avait nullement profité, car elle n'avait jamais réellement cru à cette proclamation. Cette bonne nouvelle ne lui avait fait aucun bien, car elle n'avait pas "trouvé la foi" en cette femme, qui l'avait pourtant entendue. Mais à présent elle croyait. Et, en croyant, elle osa se reconnaître elle-même comme libre ! Non pas parce qu'elle avait constaté un changement quelconque dans sa vie et dans son environnement, non pas parce qu'elle avait ressenti certaines émotions nouvelles dans son cœur, mais parce qu'elle avait eu confiance en la parole de quelqu'un qui lui annonçait la bonne nouvelle de sa libération.

Ai-je besoin de vous faire comprendre comment cela peut s'appliquer à votre vie chrétienne ? Dans une centaine de messages différents, Dieu nous a déclaré que nous étions libres. Et Il ne cesse de nous demander de nous considérer nous-mêmes comme réellement libres ! Que votre foi se saisisse de cette proclamation, et considérez-la comme vraie ! Déclarez à tous vos amis, à vous-même, et aussi à Dieu, dans le secret de votre âme, que vous êtes libre ! Refusez d'écouter, même une seconde, les déclarations mensongères de votre vieux maître, qui veut vous faire croire que vous êtes toujours son esclave ! Que rien ne vous décourage, aucun sentiment contraire à l'intérieur, aucun signe négatif à extérieur ! Tenez ferme à votre proclamation, face à toutes les oppositions ! Et je vous promets, en m'appuyant sur toute l'autorité de notre Dieu, qu'il vous sera fait selon votre foi !

Parmi tout ce que nous pouvons offrir à Dieu dans notre vie chrétienne, rien ne Lui est plus doux que notre confiance absolue en Lui, et rien ne Le glorifie autant ! Ainsi, au milieu des heures les plus sombres, rappelez-vous ceci :

"C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi" (1 Pierre 1 : 6-9).