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A386 La volonté. L'importance de la volonté sanctifiée dans notre marche par la foi.

Article de Hannah Whitall Smith (7/14)

Source http://www.ccel.org 
(Christian Classics Ethereal Library, Calvin College).

Article traduit par Henri Viaud-Murat, publié autrefois sur le site Internet paroledevie.org (site fermé depuis Août 2007).

Septième article d'une série de 14 articles.

Cet article est un des chapitres du livre : "Christian's Secret of a Happy Life" (Le secret d'une vie chrétienne heureuse). L'auteur insiste sur l'importance de notre volonté dans la marche chrétienne.

L'enfant de Dieu qui s'est entièrement abandonné au Seigneur, dans une confiance parfaite, a commencé à savoir quelque chose de la bénédiction d'une vie cachée avec Christ en Dieu. Mais une difficulté particulière se présente en général dès le départ. Quand les premières émotions de paix et de repos commencent à s'estomper ou, comme c'est parfois le cas, quand aucune émotion particulière n'a été ressentie, le Chrétien commence à penser que les expériences qu'il vient de traverser étaient parfaitement irréelles. Quand il se dit qu'elles étaient bien réelles, il tend à se considérer comme un hypocrite. Il lui semble que sa foi est très superficielle, qu'il ne s'est converti que du bout des lèvres, et qu'il ne s'est pas consacré du fond de son cœur. Par conséquent, toute sa démarche n'a aucune valeur, et ne peut pas être considérée comme acceptable par Dieu. Il craint de témoigner de sa conversion au Seigneur, de peur de dire un mensonge. Et pourtant, il ne peut se résoudre à dire qu'il ne s'est pas converti, parce qu'il désire ardemment cette conversion. Cette difficulté est donc réelle et très décourageante.

Pourtant, il n'y a là rien qui ne puisse être aisément résolu, quand le Chrétien est parvenu à comprendre les principes de la vie nouvelle en Christ, et qu'il a appris à les appliquer concrètement. La plupart des Chrétiens pensent que cette vie cachée avec Christ en Dieu doit être vécue au niveau des émotions. Par conséquent, toute l'attention de leur âme est concentrée sur leurs émotions. Si celles-ci sont satisfaisantes, ils sont tranquilles. Mais si elles sont désagréables, ils sont troublés.

Il faut dire en vérité que la vie chrétienne ne doit absolument pas être vécue sur le plan des émotions, mais sur celui de la volonté. Dans ce cas, les variations de nos émotions ne perturbent en rien la réalité de notre vie spirituelle, à condition que notre volonté reste fermement centrée sur la volonté de Dieu.

Pour parler clairement, il me faut développer un peu plus mes arguments. Fénelon a écrit quelque part que la "pure religion réside dans la seule volonté." Par là, il voulait dire que lorsque la volonté, qui est la puissance qui gouverne notre vie, est employée de la bonne manière, tout le reste de notre nature doit suivre harmonieusement. Quand je parle de la volonté, je ne parle pas des désirs, ni même de nos aspirations et de nos objectifs. Je veux parler de notre faculté de choisir, de notre pouvoir de décider, qui est la force suprême de notre nature, force à laquelle tout notre être doit obéir. Je veux donc parler de notre "ego," puissance qui anime notre nature humaine, et qui est le centre de notre personnalité, On pense parfois que ce sont nos émotions qui représentent la principale puissance qui dirige notre nature humaine. Pourtant, et c'est une matière d'expérience personnelle, je crois que nous savons tous qu'il y a en nous quelque chose qui dépasse nos émotions et nos désirs. Il s'agit de notre "moi" indépendant, qui décide en dernier ressort de toutes choses, et qui contrôle le cours de notre vie. Nos émotions nous appartiennent. Elles nous font souffrir ou nous réjouissent. Mais elles ne constituent pas le centre de notre personnalité. Si Dieu doit prendre possession de notre vie, Il doit occuper le centre de notre personnalité, c'est-à-dire notre volonté. S'Il règne sur notre volonté par la puissance de Son Esprit, c'est notre nature tout entière qui doit se soumettre à Son autorité. Car ce qui caractérise un être humain, c'est d'abord sa volonté.

Les conséquences de cette vérité, en ce qui concerne la solution de la difficulté que j'évoquais, sont capitales. Les décisions de notre volonté sont très souvent complètement opposées à celles de nos émotions. Si nous avons l'habitude de nous laisser diriger par nos émotions, nous n'aurons aucune difficulté à nous considérer comme des hypocrites, après avoir pris une décision de notre volonté. Mais dès que nous aurons compris que c'est notre volonté qui doit régner, nous considèrerons avec le plus profond mépris toute émotion contraire. La réalité, c'est ce que notre volonté aura décidé. Que nos émotions se rebellent, peu importe !

Je suis consciente qu'il s'agit d'un sujet difficile à traiter. Mais c'est en même temps quelque chose de très pratique en ce qui concerne la vie de notre foi. Je dois donc vous supplier, cher lecteur, de ne pas vous détourner de ce thème, tant que vous ne l'aurez pas bien compris et maîtrisé.

Une illustration vous aidera peut-être. Un jeune homme d'une grande intelligence, désireux de s'engager dans cette nouvelle vie en Christ, fut très découragé quand il découvrit qu'il était esclave d'une habitude invétérée de douter. Pour ses émotions, rien n'était vrai, rien ne semblait réel. Plus il luttait, et plus ce qu'il entendait de la vie chrétienne lui semblait éloigné de la réalité. Puis il apprit ce secret concernant la volonté. Il apprit qu'il lui suffisait de mettre sa volonté dans le même camp que celui de sa foi. Il devait choisir de croire, au plus profond de sa personnalité, et dire : "Je décide de croire ! Je crois !" Il ne devait plus se laisser troubler par ses émotions. Tôt ou tard, elles devront se soumettre. Il répondit : "Quoi ? Voulez-vous dire que je peux choisir de croire, même quand rien ne me semble vrai ? Mais est-ce que cette manière de croire sera réelle ?" - "Oui ! Vous n'avez qu'à utiliser votre volonté pour vous engager dans le camp de Dieu, et décider de croire. Dès que vous aurez fait cela, Dieu prendra immédiatement possession de ce que vous Lui donnerez, et travaillera en vous pour vous donner le vouloir et le faire, selon le bon plaisir de Sa volonté. Vous découvrirez bientôt que le Seigneur a conduit tout votre être à la soumission à Sa volonté." Le jeune homme répondit : "Bien, je peux faire cela. Je ne peux pas contrôler mes émotions, mais je peux contrôler ma volonté. Cette nouvelle vie commence à me sembler possible, si c'est seulement ma volonté qui doit être bien dirigée. Je peux donner ma volonté à Dieu, et je décide de le faire !"

Dès cet instant, sans tenir compte des clameurs pitoyables de ses émotions, qui l'accusaient constamment d'être un affreux hypocrite, ce jeune homme maintint fermement cette décision de sa volonté. Il répondit à toutes ces accusations en affirmant constamment qu'il avait choisi de croire, qu'il était décidé à croire, et qu'il croyait effectivement. Finalement, quelques jours plus tard, ce fut un triomphe complet. Toutes ses pensées avaient été amenées captives à l'obéissance de la merveilleuse puissance de l'Esprit de Dieu, qui avait pris possession de la volonté qui Lui avait été confiée. Ce jeune homme avait retenu fermement la profession de sa foi, sans douter, même s'il avait eu l'impression de n'avoir aucune foi réelle. Il avait parfois utilisé toute la puissance de sa volonté à confesser de ses lèvres qu'il croyait, malgré toute l'évidence contraire de ses sens et de ses émotions. Il avait compris cette vérité, selon laquelle sa volonté était le centre de sa personnalité, et que, s'il continuait à mettre sa volonté au service du Seigneur, Lui seul pouvait changer ses émotions et contrôler tout son être. Ce jeune homme finit par devenir l'une des plus belles personnalités chrétiennes que je connaisse, dans sa merveilleuse simplicité, sa franchise, et sa victoire sur le péché.

C'est là justement que réside le secret. Notre volonté, source de toutes nos actions, est, normalement, sous le contrôle de notre "moi," ce "moi" qui est aussi la cause de notre ruine et de notre misère. Mais Dieu nous dit : "Donne-toi entièrement à Moi, toi qui étais mort et qui es vivant en Christ, et je produirai en toi le vouloir et le faire, selon le bon plaisir de Ma volonté." Dès que nous nous sommes donnés entièrement à Dieu, Il prend possession de nous, et commence à œuvrer en nous, accomplissant en nous ce qui Lui est agréable, par Jésus-Christ, nous donnant la pensée de Christ, et nous transformant à Son image. (Voir Romains 12 : 1-2).

Je prendrai une autre illustration. Une certaine sœur, qui était entrée dans la vie cachée avec Christ en Dieu, fut confrontée à une grande épreuve qui se dressait devant elle. Toutes ses émotions se rebellaient en elle. Si elle avait capitulé devant ses émotions, elle aurait été complètement désespérée. Mais elle avait appris ce secret de la volonté. Elle savait, au fond d'elle même, qu'elle avait choisi d'obéir à la volonté de Dieu. Elle n'a pas accordé la moindre attention à ses émotions. Elle a continué à résister à toutes ses pensées, en répétant constamment ces paroles : "Seigneur, que Ta volonté soit faite ! Que Ta volonté soit faite !" Elle continua à affirmer, face à tous ses sentiments rebelles, qu'elle avait choisi de se soumettre à la volonté de Dieu, et qu'elle ferait ses délices de cette volonté ! Finalement, en un délai incroyablement court, toutes ses pensées finirent par se soumettre à l'obéissance de Christ, et elle commença à se rendre compte que même ses émotions finissaient par se réjouir à faire la volonté de Dieu.

Une autre sœur était confrontée à un péché tenace, qui lui donnait des émotions très agréables, mais qu'elle haïssait dans sa volonté. Comme elle pensait que c'étaient ses émotions qui la contrôlaient, elle était persuadée qu'elle ne pourrait pas vaincre ce péché, tant que ses émotions ne seraient pas d'abord changées. Un jour, elle apprit ce secret concernant la volonté. Se mettant à genoux, elle pria ainsi : "Seigneur, Tu sais qu'une partie de ma nature aime ce péché. Mais, au plus profond de ma personnalité et de ma volonté, je le hais. A présent, je décide de mettre ma volonté de Ton côté dans cette affaire. Je ne veux plus commettre ce péché. Délivre-moi !" Immédiatement, Dieu prit possession de sa volonté, qu'elle venait de Lui consacrer. Il commença à œuvrer en elle, jusqu'à ce que Sa volonté finisse par dominer complètement les émotions de cette soeur. Elle découvrit qu'elle avait été complètement délivrée, non pas par la puissance d'un commandement extérieur, mais par la puissance intérieure du Saint-Esprit, qui lui avait donné le vouloir et le faire, selon le bon plaisir de Sa volonté.

A présent, cher Chrétien, permettez-moi de vous montrer comment appliquer ce principe à la solution de vos difficultés. Cessez d'accorder de l'importance à vos émotions, car ce ne sont que des servantes. Ne considérez que votre volonté, qui est la vraie puissance qui dirige votre vie. Avez-vous consacré votre volonté au Seigneur ? L'avez-vous remise entièrement entre Ses mains ? Est-ce que votre volonté a bien décidé de croire ? A-t-elle décidé d'obéir ? Si c'est le cas, vous êtes bien entre les mains du Seigneur. C'est vous qui décidez de croire, et qui choisissez d'obéir. Car votre volonté, c'est vous-même ! Considérez l'affaire comme réglée. Vous avez conclu avec Dieu une transaction réelle, selon laquelle c'est votre volonté qui dirigera vos actes, quelles que soient vos émotions. Peut-être que cette transaction ne vous paraîtra pas réelle, mais, pour Dieu, elle est réelle !

Une fois que vous avez bien compris ce secret, vous avez découvert que vous ne devez plus tenir compte de vos émotions. Les seules choses qui comptent, c'est l'état de votre volonté et ce que les Ecritures commandent. Vous devez décider de vous consacrer à Dieu, de vous présenter à Dieu comme un sacrifice vivant, de demeurer en Christ, de marcher dans la lumière, et de mourir à vous-même. Tout cela devient alors possible pour vous. Car vous êtes conscient que, dans toutes ces choses, c'est votre volonté qui vous poussera à agir conformément à la volonté de Dieu. Vous décidez simplement de vous ranger du côté de Dieu. Mais si vous laissez vos émotions vous diriger, vous sombrerez dans le désespoir, car vous savez que vos émotions sont parfaitement incontrôlables.

Si vous éprouvez ce sentiment d'irréalité ou d'hypocrisie, ne vous laissez pas troubler. Cela ne concerne que vos émotions. Ne perdez pas une seconde à vous laisser distraire ! Considérez seulement le fait que vous avez confié votre volonté au Seigneur. Vous Lui avez abandonné votre être intérieur pour qu'Il le façonne selon Sa volonté. Tous vos choix, toutes vos décisions, sont délibérément du côté de Dieu, et vous avez décidé de ne pas changer d'avis. Vos émotions sont comme des vagues qui secouent une péniche tractée par un câble. Les vagues ne peuvent rien faire pour détourner cette péniche de son chemin, parce qu'elle est solidement fixée au câble qui la tracte. De même, par le choix de votre volonté, vous vous êtes attaché à la puissance de Dieu, et vous vous êtes soumis à Sa volonté. Vous ne pouvez que vérifier la véracité de cette parole du Seigneur : "Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef" (Jean 7 : 17).

Notre volonté est comme une mère sage au milieu de ses petits enfants. Nos sentiments sont comme ses enfants qui l'entourent en criant et en pleurant. Cette mère décide des actions à entreprendre. Comme elle est sage, elle choisit les actions qu'elle considère comme les meilleures et les plus justes. Ses enfants crient autour d'elle et affirment qu'il n'en sera pas ainsi. Mais la maman, sachant que c'est elle qui commande et non pas ses enfants, continue tranquillement à faire ce qu'elle a décidé de faire. Elle ne se laisse pas troubler par les clameurs de ses enfants. Elle n'en tient même aucun compte, si ce n'est pour tenter de les calmer. Finalement, tôt ou tard, les enfants sont obligés de céder, et suivent les décisions de leur mère. L'ordre et l'harmonie ont été préservés. Mais si cette maman, même un seul instant, avait accepté la pensée que ce sont ses enfants qui commandent, la confusion aurait régné sans partage ! Nous savons que cela peut arriver dans certaines familles ! Combien d'âmes, en ce moment même, sont plongées dans la confusion, simplement parce qu'elles ont laissé leurs émotions les gouverner, au lieu que ce soit leur volonté !

N'oubliez donc jamais que, dans votre vie pratique, c'est votre volonté qui doit décider, et non pas vos sentiments. Vous courez un risque bien plus grand de vivre dans l'hypocrisie et l'irréalité, si vous vous abandonnez aux impulsions de vos sentiments. Vous serez en sécurité si vous tenez ferme aux décisions de votre volonté. Si donc votre volonté est du côté de Dieu, vous n'êtes certainement pas un hypocrite en proclamant que vous appartenez au Seigneur, même si toutes vos émotions proclament le contraire ! C'est cela votre réalité bénie !

Je suis convaincue que, quand la Bible parle du "cœur," elle ne parle pas en général de nos émotions, contrairement à l'usage courant de ce mot. Mais elle parle de la volonté, du centre de la personnalité de l'homme. Le souci principal de Dieu, c'est que ce centre de notre personnalité Lui soit entièrement consacré, et soit entièrement abandonné à Son contrôle complet. Ce ne sont pas les sentiments de l'homme que Dieu désire conquérir, mais sa volonté, c'est-à-dire l'homme lui-même.

Vous êtes-vous donné au Seigneur, cher lecteur ? Vous Lui avez--vous abandonné votre volonté, pour qu'Il y accomplisse la Sienne ? Avez-vous consenti à Lui donner le centre même de votre être ? Si c'est le cas, laissez les autres parties de votre être crier ou se plaindre ! C'est votre droit de vous exclamer dès à présent, avec l'apôtre : "J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi" (Galates 2 : 20).

Je voudrais à présent joindre à ce chapitre le remarquable témoignage suivant, qui fut publié par le Pasteur T. Monod, de Paris. Il s'agit de l'expérience d'un pasteur Presbytérien, que le Pasteur Monod avait soigneusement gardé pendant de nombreuses années.

Newburgh, le 26 septembre 1842.

Cher Frère,

Je prends quelques moments du temps que j'ai consacré au Seigneur pour vous écrire cette courte missive, à vous qui êtes Son serviteur. Il est doux de sentir que nous appartenons entièrement au Seigneur, qu'Il nous a acceptés, et qu'Il nous considère comme Sa possession. C'est cela la vraie religion, un abandon du principe de propriété personnelle, et la pleine acceptation de ce sentiment profond : "Je ne m'appartiens plus, j'ai été racheté à grand prix." Depuis notre dernière rencontre, j'ai continué à aller de l'avant. Pourtant, je ne pourrais vous parler d'aucune expérience remarquable. En vérité, je ne sais pas s'il est bon de rechercher des choses remarquables. Il vaut mieux s'efforcer d'être saint comme Dieu est saint, et de courir pour tenter de remporter le prix.

Je ne me sens pas qualifié pour vous instruire. Je ne peux que vous parler de la voie dans laquelle le Seigneur m'a engagé. Dieu travaille différemment selon les âmes, et nous ne devons pas tenter de copier les expériences des autres. Pourtant, il y a certaines choses dont doivent s'occuper tous ceux qui recherchent la pureté du cœur.

Il doit y avoir une consécration personnelle totale à Dieu, une alliance conclue avec Dieu, par laquelle nous Lui appartenons complètement et pour toujours. J'ai conclu cette alliance en pleine connaissance de cause, sans aucun changement dans mes sentiments. Mon cœur était encore rempli de dureté et de ténèbres, d'incrédulité, de péché et d'insensibilité.

J'ai conclu cette alliance avec le Seigneur, pour Lui appartenir, et j'ai tout placé sur l'autel. Je me suis donné comme un sacrifice vivant, le mieux que j'ai pu le faire. Après avoir fini ma prière, je n'avais conscience d'aucun changement dans mes sentiments. En fait, j'étais douloureusement conscient qu'il n'y avait aucun changement à ce niveau. Pourtant, j'étais certain que j'avais effectué, avec toute la sincérité, toute l'honnêteté et toute la détermination dont j'étais capable, une consécration complète et éternelle de toute ma vie au Seigneur. Je n'ai pas considéré le passé, mais je me suis engagé à demeurer dans cet état d'entière consécration au Seigneur, en tant que sacrifice vivant perpétuel. Mes efforts pour accomplir cet engagement sont venus plus tard.

Je savais que je devais croire que Dieu m'avait accepté, et qu'Il était venu demeurer dans mon cœur. J'étais conscient du fait que mes sentiments ne le croyaient pas, mais que je voulais le croire. J'ai lu la première épître de Jean en priant beaucoup, et je me suis efforcé d'assurer mon cœur dans l'amour que Dieu me portait personnellement. Je savais que mon cœur était rempli de méchanceté. Il me semblait que je n'avais aucune puissance pour vaincre l'orgueil, ou pour repousser des pensées mauvaises dont j'avais horreur. Mais Christ a été manifesté pour détruire les œuvres du diable, et il était clair que le péché dans mon cœur était l'œuvre du diable. Je fus rendu capable, par conséquent, de croire que Dieu travaillait en moi, en même temps que je travaillais à mon salut avec crainte et tremblement.

J'avais la conviction que j'étais incrédule, et que cette incrédulité était consciente et criminelle. J'ai clairement réalisé que cette incrédulité était un péché horrible, qui faisait de notre Dieu fidèle un menteur. Le Seigneur me révéla les péchés tenaces qui me contrôlaient. En particulier, Il me montra que je me prêchais moi-même au lieu de prêcher Christ, et que me laissais aller à des pensées complaisantes après avoir prêché. Je fus rendu capable de m'humilier moi-même, et de ne rechercher que l'honneur qui vient de Dieu Lui-même. Satan fit tous ses efforts pour me détacher du Rocher des Siècles. Mais, loué soit Dieu, je compris finalement qu'il me fallait vivre au jour le jour avec Dieu, et je pus trouver le repos.

Je crus que le sang que Jésus avait répandu était pleinement suffisant pour expier tous mes péchés passés. Et je remis pleinement mon avenir entre les mains du Seigneur, acceptant de faire Sa volonté en toutes circonstances, comme Il me la révélerait. Je compris que tout ce que je devais faire, était de garder mes yeux fixés sur Jésus, pour recevoir la grâce dont j'avais besoin à chaque moment, et pour croire qu'Il pouvait purifier mon cœur et me garder du péché à chaque instant.

J'ai appris à dépendre de la grâce de Christ, instant après instant. Je n'ai pas permis à l'adversaire de me troubler en ce qui concerne le passé ou l'avenir, car je m'attends à recevoir ce dont j'ai besoin à chaque moment. J'ai accepté d'être un enfant d'Abraham, et de marcher seulement par la foi en la Parole de Dieu, non pas par mes émotions ou mes sentiments. Je veux être un Chrétien de la Bible. Depuis lors, le Seigneur m'a accordé une victoire permanente sur ces péchés dont j'étais autrefois l'esclave. Je fais mes délices du Seigneur et de Sa Parole, et de mon ministère de serviteur de Dieu. Ma communion est avec le Père, et avec Son Fils Jésus-Christ. Mais je suis un bébé en Christ. Je sais que mes progrès ont été faibles, en comparaison des progrès de beaucoup d'autres. Mes sentiments peuvent varier. Mais quand j'éprouve des sentiments, je loue Dieu, et je fais confiance à Sa Parole. Quand je me sens vide et que mes sentiments se sont évanouis, je fais de même. J'ai conclu une alliance avec Dieu pour marcher par la foi, et non par les sentiments.

Je crois que le Seigneur est en train de faire revivre Son œuvre au milieu de mon peuple. Gloire à Dieu ! Que le Seigneur vous remplisse de Sa plénitude, et vous accorde la pensée de Christ. Oh, soyez fidèle ! Marchez devant Dieu et soyez parfait ! Prêchez la Parole, en toute occasion, favorable ou non. Le Seigneur vous aime. Il travaille avec vous. Que votre âme se repose pleinement en cette promesse : "Voici, je suis avec vous toujours, jusqu'à la fin du monde !"

Votre compagnon de combat,

William Hill

Certains ne seront peut-être pas d'accord avec cet enseignement, prétextant qu'il ne tient pas compte de l'œuvre du Saint-Esprit béni. Mais je dois renvoyer ces personnes au chapitre introductif de mon livre, où je me suis clairement expliquée à ce sujet. Je n'ai pas voulu écrire un livre sur le rôle du Saint-Esprit. Je me suis contentée d'expliquer quel devait être notre rôle, en tant qu'êtres humains. Je sais pertinemment que tout ce qu'un homme peut faire ou s'efforcer de faire serait complètement inutile, si le Saint-Esprit n'était pas continuellement à l'œuvre en lui. Je crois au Saint-Esprit et en Sa puissance merveilleuse. Il est toujours présent et toujours prêt à accomplir Son œuvre. C'est pour cette raison que j'ai pu écrire ce que j'ai écrit. Mais, de même que le vent souffle où il veut, et que l'on ne peut dire d'où il vient, même si l'on en entend le bruit, ainsi, nous ne pouvons ni contrôler ni même comprendre les opérations du Saint-Esprit.

Nous en connaissons les résultats, et nous connaissons aussi les étapes qui nous conduisent à ces résultats. Mais c'est tout. Un simple ouvrier, dans une grande usine, ne discute pas les ordres de son directeur. Il n'hésite pas à entreprendre des actions apparemment impossibles, parce qu'il sait qu'il existe une puissance invisible, qui s'appelle la vapeur, et qui actionne ses machines. C'est elle qui lui permet de faire son travail. C'est pour cela que nous n'hésitons pas à exhorter les Chrétiens à faire simplement et courageusement ce que Dieu leur ordonne de faire, parce que nous savons que le Saint-Esprit ne manquera jamais de nous fournir à chaque instant la puissance nécessaire pour agir selon la volonté de Dieu. C'est pour cela aussi que je peux proclamer, dans toute l'assurance de mon cœur, et aussi fermement et solennellement que peut le faire n'importe quel autre Chrétien, que je crois au Saint-Esprit.