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A410 Qu'est-ce que la vraie repentance, et comment l'obtenir ?

Article de Charles Spurgeon.

Source http://www.ccel.org/s/spurgeon/grace/grace.htm 

Qu'est-ce que la vraie repentance, et comment est-elle donnée ?

Il est clair que la repentance est associée au pardon des péchés. Dans Actes 5 : 31, nous lisons, à propos du Seigneur Jésus :

"Dieu l'a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés."

Ces deux bénédictions nous sont accordées par Celui dont les mains sacrées furent clouées sur le bois de la croix, mais qui est maintenant ressuscité dans la gloire. La repentance et le pardon des péchés ont été décrétés inséparables par la volonté éternelle de Dieu. Ce que Dieu a joint, qu'aucun homme ne le sépare !

La repentance accompagne nécessairement la rémission des péchés. Et vous comprendrez qu'il doit en être ainsi, si vous réfléchissez un peu à cette question. Il est impossible que le pardon des péchés soit accordé à un pécheur impénitent ! Cela ne ferait que le confirmer dans ses mauvaises dispositions, et cela ne l'enseignerait nullement à haïr le péché. Imaginez-vous que le Seigneur puisse dire à un pécheur : "Tu aimes le péché, et tu vis dans le péché. Tu t'y enfonces de plus en plus. Mais je te pardonne quand même !" Ne serait-ce pas accorder une pleine et horrible liberté à l'iniquité ?

Toutes les fondations de l'ordre social seraient détruites, et il s'ensuivrait la pire anarchie morale ! Il m'est impossible de vous décrire les innombrables méfaits qui se produiraient certainement, si l'on dissociait la repentance du pardon des péchés, et si l'on pardonnait le péché, alors que le pécheur continuerait à s'en délecter toujours davantage ! Il est de la véritable nature des choses, si nous croyons en la sainteté de Dieu, que nous ne puissions pas être pardonnés, mais que nous récoltions toutes les conséquences de notre obstination, si nous persévérons dans le péché, et si nous ne voulons pas nous en repentir.

Selon la bonté infinie de Dieu, nous avons la promesse que si nous abandonnons nos péchés, si nous les confessons, et si nous décidons, par la foi, d'accepter la grâce qui nous est donnée en Jésus-Christ, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et pour nous purifier de toute iniquité. Mais, aussi certainement que Dieu existe, il n'y a aucune promesse de miséricorde pour ceux qui persévèrent dans leurs mauvaises voies, et qui refusent de reconnaître leurs péchés. Certainement, aucun rebelle ne peut s'attendre à ce que le Roi lui pardonne sa trahison, tant qu'il demeure dans une révolte ouverte. Personne ne peut être assez fou pour imaginer que le Juge de toute la terre puisse ôter nos péchés, si nous refusons de nous en séparer nous-mêmes.

En outre, il doit en être ainsi si l'on veut reconnaître la perfection de la miséricorde divine. Une miséricorde qui pardonnerait le péché tout en laissant le pécheur vivre dans ce péché ne serait qu'une miséricorde bien faible et bien superficielle. Ce serait une miséricorde injuste et défigurée, boiteuse et privée de toute vigueur.

D'après vous, quel est le plus grand privilège : être libéré de la culpabilité du péché, ou être délivré de la puissance du péché ? Je ne vais pas tenter d'évaluer la grandeur respective de deux bienfaits aussi immenses. Nous n'aurions pu recevoir aucun d'eux si le précieux sang de Jésus n'avait été versé. Mais il me semble toutefois, si je devais les comparer, que le plus grand de ces deux bienfaits est sans doute celui qui me permet d'être délivré de la domination du péché, d'être sanctifié, et d'être transformé à l'image de Dieu.

Etre pardonné est une faveur immense, incomparable. Nous en avons fait l'une des premières notes de notre psaume de louange : "Lui qui pardonne toutes tes iniquités." Mais si Dieu nous pardonnait et si, par la suite, Il nous permettait de continuer à aimer le péché, à nous vautrer dans l'iniquité et à nous plonger dans la convoitise, à quoi aurait servi Son pardon ? N'aurait-il pas été plutôt un cadeau empoisonné, qui n'aurait pas manqué de nous détruire ? Etre lavé, et demeurer ensuite étendu dans la boue ! Etre déclaré pur, et avoir encore la blancheur de la lèpre sur le front ! Ne serait-ce pas la pire caricature de la miséricorde ? A quoi vous servirait-il de sortir un homme de son sépulcre, si vous le laissez dans la mort ? Pourquoi le conduire à la lumière, s'il est toujours aveugle ?

Nous remercions Dieu, parce que Celui qui pardonne nos iniquités guérit aussi nos maladies. Celui qui nous lave des souillures du passé nous fait aussi sortir des voies impures du présent, et nous préserve de toute chute future ! Nous devons joyeusement accepter à la fois la repentance et la rémission des péchés, car ils ne peuvent être séparés. Notre alliance nous a acquis un héritage qui forme un tout indivisible, et qui ne doit pas être morcelé. Morceler l'œuvre de la grâce reviendrait à couper en deux un enfant vivant. Ceux qui permettent cela n'ont aucun intérêt à le faire.

Vous qui cherchez le Seigneur, je vous le demande : "Vous contenteriez-vous de l'une de ces bénédictions seulement ?" Cher lecteur, seriez-vous satisfait, si Dieu vous pardonnait vos péchés, tout en vous permettant de continuer à vivre dans le péché et dans le monde comme auparavant ? Oh non ! L'esprit régénéré craint avant tout le péché, bien plus que la punition du péché ! Le vrai cri de notre cœur n'est pas : "Qui me délivrera de la punition et du jugement ?", mais : "Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? Qui me permettra de surmonter la tentation, et de devenir saint comme Dieu est saint ?"

Veillez donc à ce que la repentance reste toujours étroitement associée à la rémission des péchés, puisque cela s'accorde avec le désir de votre cœur, et que cela est nécessaire à la pleine manifestation de votre salut !

En outre, la repentance et le pardon sont étroitement unis dans l'expérience de tous les Chrétiens. Tous ceux qui ont sincèrement confessé leur péché, dans la repentance et la foi, ont toujours reçu le pardon. Par ailleurs, jamais aucun de ceux qui ne se sont pas repentis de leurs péchés n'a été pardonné. Je n'hésite pas à proclamer que dans le Royaume de Dieu, il n'y a jamais eu, il n'y a jamais, et il n'y aura jamais aucun pécheur dont le péché ait été effacé, sans qu'auparavant le cœur de ce pécheur n'ait été conduit à la repentance et à la foi en Christ. Dans notre âme, la haine du péché et la conscience du pardon viendront et demeureront ensemble aussi longtemps que nous vivrons.

Ces deux choses sont interdépendantes : celui qui est pardonné se repent, et celui qui se repent est certainement pardonné. Rappelez-vous avant tout que c'est le pardon qui conduit à la repentance. La loi et les menaces ne font qu'endurcir le cœur. Mais la conscience d'avoir reçu un pardon qui nous est acquis par le sang de Jésus peut ramollir le cœur le plus dur.

C'est quand nous sommes certains d'avoir été pardonnés que nous haïssons l'iniquité. Je suppose que lorsque notre foi devient une pleine assurance, lorsque nous sommes certains, sans l'ombre d'un doute, que le sang de Jésus nous a lavés et rendus plus blancs que la neige, c'est alors que la repentance est aussi la plus profonde. La repentance s'approfondit à mesure que la foi grandit. Ne vous y trompez pas ! Une vraie repentance n'est jamais temporaire et fugace. Elle n'est jamais l'effet de quelques jours ou de quelques semaines. Ce n'est jamais une "pénitence" temporaire qui s'évanouit rapidement ! Mais c'est la grâce de toute une vie, comme la foi elle-même. Les petits enfants du Seigneur se repentent, comme se repentent les jeunes gens et les pères dans le Seigneur. Car la repentance est la compagne inséparable de la foi. Tant que nous marchons par la foi et non par la vue, les larmes de la repentance brillent dans les yeux de la foi ! Aucune repentance véritable ne se produit sans une foi véritable en Jésus ! Et aucune véritable foi en Jésus n'existe sans une repentance véritable qui l'accompagne toujours ! La foi et la repentance sont deux sœurs siamoises, étroitement soudées entre elles.

Notre véritable repentance est à la mesure de notre foi dans l'amour et dans le pardon de Christ. De même, notre joie d'avoir reçu le plein pardon offert par Christ ressuscité et exalté est directement proportionnelle à notre repentance et à notre haine du péché. Vous ne saurez jamais apprécier le pardon à sa vraie valeur, tant que vous n'éprouverez pas la vraie repentance. Et vous ne goûterez jamais à cette vraie repentance tant que vous n'aurez pas été pardonné. Cela peut vous sembler étrange, mais il en est ainsi : l'amertume de la repentance et la douceur du pardon se mêlent en un doux parfum, dans la vie de tous ceux qui ont reçu la grâce de Dieu, et sont la source d'un bonheur incomparable.

Ces deux dons, qui nous sont conférés par l'alliance proposée en Christ, se garantissent l'un l'autre mutuellement. Si je sais que je me suis repenti, je sais aussi que je suis pardonné. De même, comment puis-je savoir que je suis pardonné, sinon en sachant aussi que je me suis détourné de ma vie de péché passée ? On ne peut être Chrétien que si l'on est passé par la repentance !

La foi et la repentance sont comme deux rayons de la même roue, deux poignées de la même charrue. On a justement défini la repentance comme étant le fruit d'un cœur brisé à cause du péché, et brisé au point de se détourner du péché. Se repentir, c'est à la fois se détourner du péché et se tourner vers Dieu. C'est un changement d'état d'esprit, le changement le plus radical qui soit, qui s'accompagne de chagrin à cause du passé, mais aussi d'une claire résolution de changement pour l'avenir.

Se repentir, c'est décider d'abandonner les péchés que nous aimions auparavant, et démontrer que nous les regrettons amèrement, par le fait que nous ne les pratiquons plus. Quand c'est réellement le cas pour nous, nous pouvons être assurés que nous sommes pardonnés. Car le Seigneur n'a jamais manqué de pardonner un cœur brisé à cause du péché, et brisé au point de se détourner du péché. D'un autre côté, si nous jouissons du pardon de nos péchés, grâce au sang de Jésus, si nous sommes justifiés par la foi, et si nous avons la paix avec Dieu, par Jésus-Christ notre Seigneur, nous savons alors que notre repentance et notre foi sont authentiques.

Ne considérez pas votre repentance comme la cause du pardon que vous avez reçu. Mais considérez-la comme accompagnant ce pardon. N'espérez pas pouvoir vous repentir, tant que vous n'aurez pas réalisé la grâce de notre Seigneur Jésus, et Son désir ardent d'effacer votre péché. Maintenez ces choses sacrées à leur vraie place, et comprenez quelles sont les relations qui les unissent. Elles sont comme les deux colonnes dressées devant le Temple de Salomon, Jakin et Boaz, qui encadraient majestueusement sa porte d'entrée. Elles constituent les deux piliers d'une véritable expérience de salut.

Personne ne peut entrer dans la présence de Dieu, sans d'abord passer entre ces deux colonnes de la repentance et de la rémission des péchés. L'arc de l'alliance divine brille dans toute sa splendeur sur votre cœur, lorsque les gouttes de la repentance sont illuminées par la lumière du plein pardon. La repentance du péché et la foi dans le pardon divin sont la chaîne et la trame constituant le tissu d'une réelle conversion. C'est par là que vous savez que vous êtes un véritable Israélite !

Pour revenir à ce verset du Livre des Actes sur lequel nous méditons, nous dirons que le pardon et la repentance jaillissent de la même source, et sont donnés par le même Sauveur. Dans Sa gloire, le Seigneur Jésus accorde toujours ces deux bienfaits ensemble à la même personne. Vous ne trouverez nulle part ailleurs la repentance séparée du pardon. Jésus les tient toujours ensemble, prêt à les accorder aujourd'hui encore avec la plus grande libéralité à tous ceux qui les accepteront de Ses mains. N'oublions jamais que Jésus nous donnera toujours tout ce qui nous est nécessaire pour notre salut. Il est donc très important que tous ceux qui recherchent la miséricorde divine ne l'oublient jamais. La foi est un don de Dieu, tout autant que le Sauveur en qui nous mettons notre foi. La repentance des péchés est une œuvre de grâce, tout autant que l'expiation par laquelle notre péché a été effacé. Le salut, dans tous ses aspects, n'est qu'une œuvre parfaite de grâce.

Comprenez-moi donc bien. Ce n'est jamais le Saint-Esprit qui Se repent ! Il n'a jamais rien fait dont Il doive Se repentir. S'il pouvait Se repentir, Il ne pourrait pas nous aider. C'est nous qui devons nous repentir de notre propre péché. Sinon, nous ne pourrons pas être libérés de sa puissance. Ce n'est pas non plus le Seigneur Jésus qui doit Se repentir. De quoi devrait-Il Se repentir ? C'est nous qui devons nous repentir, dans le plein consentement de toutes nos facultés et de toute notre âme. Notre volonté, nos affections, nos émotions, œuvrent ensemble de la manière la plus complète pour produire cet acte béni qui s'appelle la repentance du péché.

Pourtant, derrière cet acte personnel, il y a une influence secrète et sainte, qui fait fondre notre cœur, qui nous donne une vraie contrition, et qui produit en nous un changement complet. C'est l'Esprit de Dieu qui nous illumine, pour que nous comprenions ce qu'est le péché, et qui nous le fait haïr. C'est encore l'Esprit de Dieu qui nous fait rechercher la sainteté, qui nous fait apprécier l'amour et le désirer, et qui nous stimule à aller de l'avant, à chaque étape de notre sanctification. C'est enfin l'Esprit de Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire, selon le bon plaisir du Seigneur. Soumettons-nous sans délai à l'Esprit du Seigneur, à cet Esprit de bonté et d'amour, qui nous donnera avec abondance cette double bénédiction de la repentance et de la rémission de nos péchés, selon les richesses de Sa grâce. "C'est par grâce que vous êtes sauvés !"

Comment nous est donnée la repentance.

Revenons encore à ce texte magnifique :

"Dieu l'a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés" (Actes 5 : 31).

Notre Seigneur Jésus est monté au Ciel, pour que la grâce puisse en descendre. Il emploie Sa gloire pour laisser libre cours à Sa grâce. Si le Seigneur est monté plus haut, c'est dans le dessein d'entraîner avec Lui des pécheurs repentants. Il a été élevé pour accorder la repentance. Nous allons réaliser cela, si nous nous rappelons quelques grandes vérités.

L'œuvre accomplie par le Seigneur Jésus a rendu la repentance possible, disponible et acceptable. La Loi ne fait aucune mention de la repentance, mais elle dit clairement : "L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra" (Ezéchiel 18 : 20). Si le Seigneur Jésus n'était pas mort, ressuscité et monté auprès du Père, que vaudraient ma repentance et la vôtre ? Nous pourrions ressentir le remords et toutes ses horreurs, mais jamais la repentance et toutes ses espérances ! En tant que sentiment naturel, la repentance n'est qu'un devoir commun, qui ne mérite aucune louange particulière. Chez l'homme, la repentance est si souvent mêlée à la crainte égoïste de la punition, que l'on n'en fait pas grand cas en général. Si le Seigneur Jésus ne S'était pas interposé, et si nous n'avions pas été au bénéfice de Ses mérites, nos larmes de repentance n'auraient été que des torrents d'eau inutilement répandus sur le sol ! Mais Jésus a été élevé dans les cieux, pour que, par la vertu de Son intercession, notre repentance puisse être jugée acceptable devant Dieu. C'est en ce sens qu'Il nous donne la repentance, parce qu'Il permet à notre repentance d'être acceptée par Dieu, dans une position qu'elle n'aurait, autrement, jamais occupé.

Quand Jésus fut élevé dans les cieux, l'Esprit de Dieu fut répandu, pour produire en nous toutes les grâces dont nous avions besoin. C'est le Saint-Esprit qui crée la repentance en nous, en renouvelant surnaturellement notre nature, et en ôtant de notre nature charnelle notre cœur de pierre. Oh, ne perdez pas de temps à essayer de produire en vous des larmes impossibles ! La vraie repentance ne peut pas être un fruit de notre nature rebelle. Elle découle librement de la grâce souveraine de Dieu. Ne vous enfermez pas dans votre chambre pour vous frapper la poitrine, en essayant de faire sortir de votre cœur de pierre des sentiments qu'il est incapable de produire ! Mais allez au Calvaire, et contemplez la mort de Jésus. Levez les yeux vers les montagnes, d'où vous vient le secours ! Le Saint-Esprit est venu pour donner la vie à nos esprits, et pour produire en nous la repentance. C'est ainsi qu'au commencement Il planait à la surface du chaos pour en faire sortir l'ordre. Exprimez votre prière au Seigneur ! Demandez-Lui de venir faire demeurer Son Esprit en vous, pour qu'Il fasse de vous un être doux et humble de cœur, afin que vous puissiez haïr le péché, et sincèrement vous en repentir ! Il entendra votre cri et vous exaucera !

Rappelez-vous aussi que, quand notre Seigneur Jésus a été enlevé au Ciel, non seulement Il nous a donné la repentance en nous envoyant le Saint-Esprit, mais Il a fait dorénavant concourir à notre salut toutes les œuvres de la nature et de la providence. Il veut que toutes ces œuvres puissent nous appeler à la repentance, comme le cri du coq a parlé à Pierre, ou comme le tremblement de terre a parlé au geôlier. Assis à la droite de Dieu, notre Seigneur Jésus règne sur toutes choses, et les fait concourir au salut de Ses rachetés. Il utilise à la fois les bonnes choses et les choses amères, les épreuves et les joies, pour qu'elles incitent les pécheurs à être mieux disposés envers leur Dieu. Soyez donc reconnaissants pour la providence divine, qui a permis dans votre vie la pauvreté, la maladie ou la tristesse. Car, dans toutes ces choses, Jésus donne la vie à votre esprit et vous tourne vers Lui.

Bien souvent, la miséricorde du Seigneur parvient jusqu'à la porte de notre cœur, montée sur le cheval noir de l'affliction. Jésus utilise tous les aspects de nos expériences quotidiennes pour nous détacher de la Terre et nous attirer vers le Ciel. Christ est monté sur le trône, en tant que Souverain du Ciel et de la Terre, afin de soumettre, par tous les processus de Sa providence, les cœurs endurcis à l'œuvre de Sa grâce, afin qu'ils connaissent la repentance.

En outre, Il est à l'œuvre, en ce moment même, par Sa douce voix dans notre conscience, par Son Livre inspiré, par tous ceux qui prêchent à partir de ce Livre, par tous nos amis qui prient, et par tous les cœurs honnêtes. Il peut vous envoyer une Parole qui frappera votre cœur de pierre, comme l'a fait la verge de Moïse, et qui en fera couler des flots de repentance. Il peut vous remettre en mémoire certains passages poignants de l'Ecriture Sainte, qui gagneront votre cœur sans tarder. Il peut mystérieusement vous convaincre, et faire en sorte que vos pensées se tournent vers la sainteté, au moment où vous vous y attendez le moins. Soyez certains que Celui qui est monté dans la gloire, et qui est ressuscité dans toute la splendeur et la majesté de Dieu, possède de nombreux moyens pour produire la repentance dans le cœur de ceux à qui Il accorde le pardon. En ce moment même, Il attend de vous donner la repentance. Demandez-la Lui sans tarder !

Le Seigneur Jésus-Christ donne cette repentance à ceux qui, aux yeux du monde, la méritent le moins ! Que cela soit pour vous un sujet de grand réconfort ! Il a été exalté pour donner la repentance à Israël. A Israël ! A l'époque où parlaient ainsi les apôtres, Israël avait été la nation qui avait sans doute le plus péché contre la lumière et l'amour de Dieu, au point d'avoir osé s'écrier : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !" Pourtant, Jésus a été élevé dans la gloire pour accorder la repentance à ceux qui avaient crié cela ! Quelle merveille de grâce !

Si vous avez été introduit dans la plus brillante lumière de Christ, et que vous l'avez ensuite rejetée, il y a toujours de l'espoir pour vous ! Si vous avez péché contre votre conscience, si vous avez profondément attristé le Saint-Esprit, si vous avez péché contre l'amour de Jésus, il vous est encore possible de vous repentir ! Vous êtes peut-être aussi endurci que l'incrédule Israël du temps de Jésus, mais votre cœur peut toujours être attendri, car Jésus a été élevé, et tout pouvoir Lui a été donné. Le Seigneur Jésus a été élevé pour donner la repentance et le pardon de leurs péchés à tous ceux qui sont allés au bout de l'iniquité, et qui ont commis les péchés les plus graves. Quel bonheur pour moi de pouvoir proclamer un tel Evangile ! Quel bonheur pour vous de pouvoir l'entendre !

Le cœur des enfants d'Israël est devenu plus dur que la pierre la plus dure. Luther pensait qu'il était impossible à un Juif de se convertir. Nous sommes loin de partager son opinion, mais nous devons admettre que le peuple d'Israël a fait preuve d'une singulière obstination à vouloir rejeter le Sauveur, au cours de tous les siècles passés. Le Seigneur a bien dit dans Sa Parole : "Israël a rejeté le bien" (Osée 8 : 3). "Elle (la lumière) est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue" (Jean 1 : 11).

Pourtant, si notre Seigneur Jésus a été élevé, c'est pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. Il est probable que mes lecteurs sont des Gentils. Eux aussi peuvent avoir un cœur très entêté, qui s'est rebellé depuis de nombreuses années contre le Seigneur Jésus. Mais c'est en eux aussi que notre Seigneur peut produire la repentance. Il se peut que vous n'ayez pas le talent d'un habile écrivain pour traduire ce que vous éprouverez quand vous cèderez à l'amour divin. William Hone était l'un d'eux. Il a écrit des ouvrages qui sont restés célèbres. Pourtant, il fut longtemps un infidèle endurci. Quand il fut vaincu par la grâce souveraine, voici ce qu'il écrivit :

Le cœur le plus fier qui ait jamais existé,
Tu l'as vaincu, Seigneur, tu l'as vaincu en moi.
La volonté la plus tenace et la plus dure,
Qui Te rejetait et servait Tes ennemis,
Toi mon Seigneur, Tu l'as entièrement domptée !
Que Ta volonté soit faite et non plus la mienne !
Tout mon cœur t'appartient désormais à jamais.
Il confesse à présent que Tu es la Parole,
Christ, mon puissant Sauveur, mon Seigneur et mon Dieu,

C'est maintenant Ta croix qui sera mon signal !

Le Seigneur peut accorder la repentance aux pires êtres humains. Il peut transformer des lions en agneaux, et des vautours en colombes. Portons nos regards sur Lui, afin qu'Il puisse produire en nous un tel changement ! Assurément, la contemplation de la mort de Christ est l'une des méthodes les plus efficaces et les plus rapides pour obtenir la repentance. N'essayez pas de pomper la repentance dans le puits desséché de votre nature corrompue ! Il est contraire aux lois de l'intelligence de prétendre introduire de force votre âme dans cet état que seule la grâce peut produire !

Mettez votre cœur en prière devant Celui qui peut le comprendre, et dites-Lui : "Seigneur, purifie mon cœur ! Renouvelle-le, Seigneur, produit en lui la repentance !" Plus vous vous efforcerez de produire en vous des émotions de repentance, et plus vous serez déçu ! Mais si, dans la foi, vous contemplez la mort de Jésus pour vous, la repentance jaillira dans votre cœur. Méditez sur l'amour du Seigneur, qui a versé tout le sang de Son cœur pour vous ! Considérez Son agonie, Sa sueur sanglante, Sa croix et Sa Passion ! Quand vous ferez cela, Celui qui a tant souffert jettera un regard d'amour sur vous. Par ce regard, Il fera pour vous ce qu'Il a fait pour Pierre, et vous aussi pleurerez amèrement. Celui qui est mort pour vous peut, par Son Esprit de grâce, vous faire mourir au péché. Et Celui qui est monté dans la gloire pour vous peut attirer votre âme à Lui, vous détourner du péché, et vous attirer à Sa sainteté.

Je serais heureux si je peux vous confier cette pensée. Ne creusez pas la glace en espérant y trouver du feu ! Ne fouillez pas dans votre cœur naturel pour y trouver la repentance ! Regardez à Celui qui est Vivant pour avoir la vie ! Regardez à Jésus pour avoir tout ce dont vous avez besoin, sur le chemin qui va de la porte de l'Enfer à la porte du Ciel ! Ne cherchez nulle part ailleurs ce que Jésus désire ardemment vous donner ! Mais rappelez-vous que Christ est tout !